La foi de millions de chrétiens en Inde

Le christianisme en Inde
La croyance est fortement ancrée, dans la tradition de l’Église indienne, que saint Thomas, l’un des douze apôtres, est arrivé en Inde pour proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus, fils de Dieu. Sa mission, au Kerala et au Tamil Nadu, et particulièrement son apostolat et son martyr à Chennai [1], ont jeté la base de la foi de la communauté chrétienne. Une basilique a été construite sur son tombeau ; le Pape Jean-Paul II s’y est recueilli quand il a visité la ville.

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La basilique St-Thomas de Chennai
Photo wikimedia

Depuis des siècles, de nombreuses congrégations et sociétés religieuses, comme les Franciscains, les Jésuites, les Missions Étrangères de Paris, les Salésiens et d’autres, ont envoyé leurs missionnaires en Inde. Ils y ont rencontré une civilisation ancienne, avec ses coutumes et ses traditions, mais aussi un système de castes très hiérarchisé. La Bonne Nouvelle a toujours connu une certaine résistance car les missionnaires valorisaient la paternité de Dieu et la fraternité. Ils n’ont pas été bien acceptés, ils ont dû s’adapter et parfois même faire le sacrifice de leur vie. Toutefois, l’Évangile a été bien reçu par les pauvres et les hors-castes. Dès le début, en effet, l’Église a prêché la Bonne Nouvelle par l’éducation, les soins et l’action caritative auprès des faibles de la société. Saint Thomas, saint Francois Xavier, saint Jean de Britto, Mgr De Marion Brésillac, la Sœur Alphonsa et tous les missionnaires ont participé à la croissance de l’Église et à l’amélioration de la société en Inde. Ce sont des modèles de foi et de courage qui peuvent faire des miracles dans une famille humaine.

Malgré la présence déjà longue de l’Église en Inde, nous avons tendance à oublier Jésus dans notre vie quotidienne. Quoique les Hindous hésitent à placer son image dans leurs temples, ils y gardent la statue de Mère Teresa parce qu’elle est la sainte qui a apporté la Bonne Nouvelle dans le pays et a répandu la compassion de Jésus dans le cœur de millions de sans-abri.

En Inde, la foi en Jésus est vécue avec enthousiasme. Les Indiens sont des gens qui vivent leur foi, quelle qu’elle soit, à chaque moment et à chaque étape de leur vie. Le christianisme a largement contribué à l’éducation, à la presse et à la littérature. Il a concouru ainsi à développer la personne humaine et la fraternité, il a favorisé la dignité de l’homme et la valeur du pardon. La société indienne a su reconnaître la puissance du message de Jésus et l’accepter. Ainsi Gandhi, le père de la nation, avait-il une profonde admiration pour les Béatitudes. Il disait que les villages constituent la base-même de l’Inde. Or si ce pays veut devenir une terre de paix, et non de violence, le chemin doit en être ouvert dans le monde rural par la Bonne Nouvelle, dont les messagers doivent avoir l’expérience de Jésus et vivre les valeurs de l’Évangile d’une façon radicale.

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Procession des enfants lors de l’inauguration de la chapelle de Byannapuram
Photo Francis Kalan Madhan

La chapelle de Byannapuram
Je suis fier d’être chrétien, fier d’être un missionnaire de la Société de Missions Africaines. Le sud de l’Inde a été évangélisé dans les années 1960 par le Père James Melvettam, originaire du Kerala. Il fut le premier missionnaire que notre région ait connu et, quand il est arrivé à Panakahallee, il était le seul chrétien : à l’époque, et maintenant encore, le vicariat de Thalavady était considéré comme une « zone de pénitence » par les fonctionnaires et par les ministres de l’Église parce que c’est un des endroits les plus reculés du diocèse d’Ootacamund. La foi en Jésus du Père Melvettam, grâce aux lectures quotidiennes des évangiles, et son amour pour les pauvres sont à l’origine de l’entrée de beaucoup dans la communauté chrétienne.

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Inauguration de la chapelle de Byannapuram
Photo Francis Kalan Madhan

Byannapuram est à la frontière du Tamil Nadu et du Karnataka, et n’est pas très éloigné du Kerala [2]. Le village est situé sur une montagne entourée de forêts réputées pour le bois de santal. Depuis plusieurs années, de nombreux villageois ont quitté leurs maisons et sont partis à cause de la destruction des récoltes par des animaux sauvages, surtout des éléphants et des sangliers.

Les gens de Byannapuram seront toujours reconnaissants à la Société des Missions Africaines de Strasbourg et à ses amis de les avoir aidés à construire leur chapelle. Le terrain a été donné par le village, et de généreux donateurs ont rassemblé la somme de 2695 €. Le projet a vu le jour en 2011, les fondations ont été jetées en 2013.

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Remise d’un châle aux représentants des castes devant la chapelle
Photo Francis Kalan Madhan

Les temples, églises, mosquées et chapelles sont des endroits qui nous rappellent la présence de Dieu dans notre monde. Le respect de la croyance de l’autre est donc indispensable. La maison de prière de Byannapuram se trouve ainsi à côté d’un temple hindou et, lors de l’inauguration, le 18 octobre 2015, des représentants de toutes les castes s’étaient joints aux prêtres et aux religieuses. La chapelle porte le beau nom de « Sathiya Jyothi », ce qui signifie Vérité et Lumière. Son but est de rassembler des gens de foi, de caste et d’idéologie différentes et qui, de plus, sont dispersés dans les environs. Mais elle doit aussi servir de salle d’étude pour les enfants pauvres, ainsi que de salle de réunion pour divers groupes du village comme les jeunes, les dames etc.

[1] Chennai est le nouveau nom de Madras.

[2] Bien que le village soit dans l’État du Tamil Nadu, les personnes âgées y parlent le kannada, la langue de l’État voisin du Karnataka. Les enfants et les jeunes font leurs études en kannada, en tamoul ou en anglais.

Publié le 27 janvier 2016 par Francis Kalan Madhan