La joie dans les épreuves

Je suis le sixième d’une famille catholique de huit enfants : six filles et deux garçons. Mes parents étaient heureux que j’entre au séminaire Saint-Paul de Bangui, mais mes sœurs n’ont jamais « digéré » mon choix : une seule d’entre elles était présente à mon ordination ! J’essaie de les comprendre.

J’ai connu les Missions Africaines en rencontrant un Père sma qui assurait des cours de spiritualité et l’accompagnement spirituel au séminaire. Un jour, je lui ai exprimé mon désir d’entrer aux Missions Africaines. Il m’a expliqué que c’était difficile d’accepter : mon évêque de Bangassou, et aussi la conférence épiscopale, verraient d’un mauvais œil qu’un missionnaire recrute des séminaristes diocésains pour sa propre congrégation.

J’ai donc rangé mon désir dans un tiroir, mais l’année suivante, alors que je préparais le baccalauréat, ce désir s’est fait plus pressant. J’ai alors écrit à mon évêque pour demander une année de réflexion avant d’entrer au grand séminaire. Il m’ a convoqué pour entendre mes explications, mais devant ma détermination, il m’a accordé cette année que j’ai mise à profit pour mieux connaître la SMA tout en étudiant à la faculté des sciences humaines de l’université de Bangui. En octobre 1996, j’ai été admis aux Missions Africaines pour ma formation philosophique au grand séminaire de Bangui. Après une année spirituelle à Calavi, au Bénin, et une année de stage au Nord-Bénin, j’ai fait la théologie à Anyama, en Côte d’Ivoire.

Ordonné prêtre le 1er août 2004, j’ai été nommé au Libéria. Le pays sortait d’une longue guerre civile, et certains le qualifiaient de « mission à risques » comme s’il y avait des « missions paradisiaques, sans risques ». Un parent me demanda même : « Qu’as-tu fait pour qu’on t’envoie là-bas ? », comme s’il s’agissait d’une punition. Il n’était pas le seul à penser ainsi, même parmi des confrères SMA... Mais Dieu sait combien j’ai été joyeux au Libéria !

S’il y avait lieu d’exprimer un regret, je dirais que je n’ai pas eu la chance d’y rester longtemps car, en 2006, j’ai été réquisitionné pour être secrétaire du District-en-formation Afrique à Lomé, au Togo. J’y ai trouvé ma joie dans les papiers, les réunions, les archives : c’est la pastorale de bureau avec « dame ordinateur ». Tout est grâce…

Si la joie du missionnaire résidait uniquement dans la longévité à un seul poste, je crois que je ne l’aurais pas connue. Car j’ai l’impression qu’à mon insu, un « vœu d’instabilité » a été accolé à mon serment sma. Après un bref séjour au nord Nigeria, on m’a demandé en août 2009 de partir en France pour des études de droit canonique à Strasbourg. Je ne parle pas encore l’alsacien, mais je déguste avec plaisir la choucroute alsacienne, sans le vin pour ne pas courir le risque de mélanger les canons in vivo. J’ai la joie d’être SMA et je crois que, par la grâce de Dieu, rien ne pourra me l’arracher.

La nouvelle Mission du Père Justin-Sylvestre Kette

L’évêque de Metz a nommé le Père Justin prêtre coopérateur au service de la communauté de paroisses Saint Vincent du Plan Incliné, à compter du 1er septembre 2010. Il réside désormais au Zinswald (Moselle), tout en poursuivant sa formation à l’université de Strasbourg. Il remplace le Père René Soussia, officiellement en retraite à partir de ce même 1er septembre. Le dimanche 3 octobre, au cours d’une Eucharistie festive dans l’Eglise d’Arzviller, la communauté de paroisses a accueilli le Père Justin et exprimé sa reconnaissance au Père René Soussia, qui a servi, sans ménager sa peine, pendant près de dix ans les paroisses d’Arzviller et de Guntzviller [1]. La célébration s’est poursuivie par un sympathique verre de l’amitié.

[1] René continuera à avoir sa double résidence : au Zinswald et dans son campement de Cap Ouest, à Sarrebourg, parmi les gens du voyage.

Publié le 18 février 2011 par Justin-Sylvestre Kette