La joie de la mission

Homélie de René Soussia à l’occasion de la fête des jubilaires sma

Je vais m’excuser auprès de mes anciens élèves parce qu’ils doivent me subir de nouveau, après m’avoir subi de nombreuses années en philosophie et en théologie. Quoi qu’il en soit, nous avons, puisque c’est un jubilé, à remercier Dieu pour la joie qu’il nous donne. Je voudrais seulement rappeler la grande aventure de la mission. Brosser en quelque sorte ce qu’a été le passé de cette mission dans notre vie, ce qu’elle est aussi dans notre avenir.

Alors pour le passé, eh bien ! nous avons été embarqués là-dedans, à des âges différents. Pour ma part, j’y ai pensé même avant la deuxième guerre mondiale. On parlait de l’Afrique, avec laquelle notre pays avait beaucoup de relations. Je me disais, il faudrait apporter là-bas ce que nous avons de meilleur : l’Évangile. Alors, nous nous sommes formés, à des âges divers, dans les Séminaires de la petite Société des Missions Africaines. Et puis, avant de partir, il a fallu, pour plusieurs d’entre nous, subir encore une longue attente dans les maisons de formation. On a fini par y aller. Alors cela a été, pour nous tous, en Afrique, la joie de découvrir la foi de ces nouveaux chrétiens. La joie de les délivrer de la peur des sorciers, des mauvais esprits. La joie de découvrir qu’auprès de ces Africains, nous recevions au moins autant que ce que nous leur apportions. C’est ce que beaucoup de missionnaires ont dit. « Ces Africains nous ont fait redécouvrir l’Évangile ». Ceci nous entraîne à la deuxième phase de la mission.

Pour notre Société des Missions Africaines, elle se situe vers les années 1984, date à laquelle on a accueilli des jeunes Africains qui pensaient au sacerdoce. On les a accueillis dans notre SMA. Alors ce moment de retour de la mission fait vraiment partie de la mission parce que n’ont été vraiment évangélisés que ceux qui sont capables d’évangéliser à leur tour. Et c’est ainsi que nous avons pu bénéficier, dans notre pays, de l’arrivée de plusieurs confrères SMA africains, mais aussi de prêtres diocésains d’Afrique.

Ce double mouvement de la mission continue pour nous dans la vie éternelle. Vous êtes peut-être étonnés de ce que j’en parle. J’éprouve le besoin d’en parler. Peut-être parce que je suis proche du grand rendez-vous. Certains disent qu’on ne peut rien en dire. Mais je suis convaincu qu’il y a beaucoup de choses à en dire. Je vois cela surtout avec trois mots : l’union, la beauté et la transmission de la vie.
L’union d’abord. On va se réunir non pas seulement avec ceux que l’on aura connus, mais avec une multitude d’autres personnes très intéressantes. Ensuite, j’évoque la beauté du Christ dont nous admirons la splendeur. La beauté de Dieu sur le visage du Christ. Je crois que c’est Saint Paul qui le dit. Nous aurons à la découvrir dans tous les membres du Christ. Il y aura aussi la transmission de la vie car chacun des membres de ce Corps du Christ sera responsable de la joie qu’il communiquera à tous les autres membres sans exception.

Et tout ceci sera affecté du coefficient de la croissance perpétuelle. Parce que Dieu n’a qu’un seul moyen de nous faire partager Son Amour, Sa Vie, Son Bonheur, c’est la croissance. Mais une croissance indéfinie, comme disent les mathématiciens. Et en termes de la théologie scholastique, on dira que c’est un infini en puissance. Mais c’est l’infini quand même qui nous attend. Et c’est pourquoi nous louons Dieu, avec la Vierge Marie. Amen.

Publié le 26 février 2016 par René Soussia