La lettre du Supérieur de District

Réflexion sur la mission SMA suite aux Assemblées

Tous les six ans, la SMA se met en état de réflexion approfondie et célèbre ses assemblées. C’est ce qui se passe en cette année 2013. Ces assemblées cependant viennent aussi au terme d’une préparation systématique qui dure plus d’une année. Suite à l’assemblée générale, toutes les provinces et districts ont célébré leur assemblée et les districts-en-formation s’apprêtent à les tenir à partir de septembre prochain.

Une occasion pour une action de grâce
Toute assemblée, autant l’assemblée générale que notre assemblée de district, est une occasion d’action de grâce, action de grâce déjà pour ce qui est à la base de notre mission, le don de la foi et de l’espérance. Promulguant « l’année de la foi », l’un de ses derniers cadeaux, Benoît XVI rappelle que croire est une joie à rayonner car « la foi, parce qu’elle est vraiment un acte de la liberté, exige aussi la responsabilité sociale de ce qui est cru [1]. »

La foi est « cette compagne de vie qui permet de percevoir avec un regard toujours nouveau les merveilles que Dieu réalise pour nous. Engagée à saisir les signes des temps dans l’aujourd’hui de l’histoire, la foi incite chacun de nous à devenir signe vivant du ressuscité dans le monde [2] ». « Oui, nous sommes heureux du don de la foi », disait Benoît XIV dans sa dernière catéchèse publique le 27 février dernier, « c’est le bien le plus précieux, que personne ne peut nous enlever. Remercions-en le Seigneur chaque jour, par la prière et par une vie chrétienne cohérente. Dieu nous aime mais attend que nous aussi nous l’aimions. »

Notre action de grâce, basée sur le don de la foi, s’étend à l’appel que nous avons reçu de participer à la « mission de Dieu » mise en œuvre par Jésus-Christ, en tant que personnes mais aussi en tant que communauté de disciples formant la SMA. Notre action de grâce couvre toute l’œuvre réalisée par la SMA, qui a assimilé et actualisé le charisme de notre Fondateur envoyé « vers les plus abandonnés en Afrique », vers ceux qui ne connaissaient pas encore l’Évangile. Cette année 2013, le 2 décembre, marque le 200e anniversaire de sa naissance et l’Assemblée Générale propose qu’en chaque entité diverses activités soient organisées pour célébrer ce bicentenaire.

Action de grâces pour l’engagement missionnaire de notre Société qui a été bénie pendant plus de 156 ans, comme le rappelait la prière pour l’Assemblée Générale 2013. Action de grâces pour le fait d’être arrivé au terme du mandat de six ans qui vient de s’achever (en fait deux mandats de trois ans dans les districts), malgré les imprévus, malgré nos incertitudes, nos hésitations, nos faiblesses. Chacun des membres présents à l’assemblée du district a pu dire comment il vivait la mission aujourd’hui, soit en Afrique (Pierre Kunegel venait d’arriver de Côte d’Ivoire, Robert Wolff de Tanzanie), soit en Europe, dans nos divers établissements SMA du Zinswald, de Haguenau, Strasbourg et Saint-Pierre, ou en diverses activités pastorales autour de ces maisons. L’écoute des différents témoignages a permis de nous rendre compte que, dans le quotidien des semaines et des jours, beaucoup d’engagements sont fidèlement tenus et sont source de bénédictions.

Les laïcs présents, « membres honoraires actifs » et personnes employées dans le cadre de la SMA, les œuvres socio-éducatives tels le collège de Haguenau ou la maison de retraite de Saint-Pierre, les services à l’administration du district, ont décrit leurs engagements et leurs motivations, exprimant aussi leur bonheur de participer à leur manière à la Mission SMA.

La présence de Mgr Raffin, au deuxième jour de notre assemblée, pour la célébration eucharistique et un moment d’amitié, doit être lue comme un signe de notre enracinement dans l’Église locale, celle du diocèse de Metz qui a été longtemps une Église d’envoi vers la mission en Afrique et qui devient petit à petit une Église d’accueil de prêtres venant d’Églises nouvelles. L’évêque, d’ailleurs, reste très attaché à cette maison du Zinswald qui, dès son origine, a joué un rôle important pour tout le diocèse dans les domaines de la sensibilisation à la mission, la pastorale assidue dans les villages environnants et l’accueil dont ont bénéficié tant de personnes, sans oublier les membres eux-mêmes de l’assemblée.

Faire le point pour nous resituer
Les assemblées permettent ainsi à tous les membres SMA, comme à ceux et celles qui s’associent de près à sa mission, d’être insérés dans l’histoire de la SMA, faite d’engagements, de recherches, d’hésitations, de deuils, de peines, de joies, de découvertes. Elles permettent aussi de faire le point et de nous resituer, dans la mesure où cela est possible, dans un monde qui change rapidement, inondé par la technique et la recherche de la sécurité et du bien-être. La première question formulée dans le questionnaire préparatoire à l’Assemblée Générale a été celle-ci : « Est-ce que nous vivons une crise de la mission dans la SMA ? »

La réponse à cette question a été diverse. J’en reprends quelques éléments : « La SMA se situe dans un monde en pleine ébullition... Il est normal que la SMA se sente bousculée et provoquée. Cela l’invite à renouveler son regard sur le monde, sa théologie de la mission, ses méthodes, ses activités et ses projets, l’utilisation de ses moyens en personnel et en finances. Tout cela est ressenti comme un danger par certains, par d’autres comme une crise, par beaucoup comme une évolution qui fait suite à d’autres évolutions. L’espérance reste forte... [3] »

Je vois aussi dans l’accueil de ceux qui nous sont proches, comme les membres honoraires, les membres honoraires actifs et des personnes qui généralement ne font pas partie de mouvements spécifiques de laïcs missionnaires, un signe de l’intérêt de milliers de bienfaiteurs et d’amis qui ont toujours porté avec nous, dans la discrétion, l’affection et la foi, le souci de la mission.

Dans ce monde, nous nous sentons bien petits, parfois même fragilisés et apeurés : « Ne craignez pas, petit troupeau, nous répète Jésus, car à vous est donné le Royaume ». Au cours de l’Assemblée Générale, et probablement davantage lors de notre assemblée de district, nous avons ressenti combien nous manquons de personnel pour pouvoir continuer ce que nous avons entrepris et être porteurs de ce que signifie « Missions Africaines » et de son exigence d’ouverture. Certains ont même affirmé que nous nous laissons prendre par la peur et que nous n’osons pas aller de l’avant, ou même que nous reculons.

[1] Moto proprio, Porta Fidei, n° 9, 11 octobre 2011.

[2] Op. cit. n°14.

[3] Fiches pour AG 2013, Synthèse des réponses, Bulletin n°140, mars 2013, pp. 55-56.

[4] Très peu d’assemblées résistent à ces soupçons.

Publié le 9 octobre 2013 par Jean-Marie Guillaume