La Mission et François. Va-t-on changer de cap ?

La Mission selon l’évangile
Dans l‘évangile, la mission est d’abord une réponse aux attentes de tous les gens en détresse (lépreux, sourds, aveugles, paralysés) qui accourent en criant : Jésus Fils de David aie pitié de moi ! Misereor super turbam [1]. Cette pitié-là est positive. Elle ne verse pas des larmes de compassion mais elle pousse à l’action : donnez-leur vous-mêmes à manger !

La mission est ainsi un geste de libération [2], à tous les niveaux, de toutes les nombreuses possessions humaines. Il est initialisé par Jésus à travers sa parabole de ce geste de solidarité du Samaritain : c’est la miséricorde que je veux et non pas vos sacrifices, ni vos prières ânonnées, ni vos réunions bavardées… C’est dur.

Et pourtant, si l’on écoute Mt 25, un simple verre d’eau donné fait de moi un missionnaire. Mais c’est vite dit, ça : par un verre d’eau, tu veux répondre à un homme en détresse et en attente, simplement parce qu’il a soif ? Eh oui, parce que tu as su voir où était sa détresse et où était sa soif, et que tu as trouvé le moyen de l’en sortir.
C’est ce que le Seigneur a fait avec la Samaritaine. Il a su éveiller en elle la vraie soif de l’attente qui l’habitait [3]. Alors, comme libérée d’un cauchemar par un brusque réveil, elle court en criant : Il m’a tout dit ! C’est une parole qui l’a guérie, malgré le verre d’eau qu’elle n’a pas su donner…

Dans la même lignée, les gestes simples du pape François nous donnent une leçon missionnaire. Ce faisant, nous sommes sans doute des « missionnaires » selon le Royaume, mais peut-être pas selon l’Eglise, avec sa panoplie de sacrements du salut et son catéchisme. Nous sommes alors confrontés à une dichotomie : que choisir, du Royaume ou de l’Eglise, car les deux ne se superposent pas et ne se recoupent pas ?

[1] J’ai pitié de cette foule.

[2] Voir en annexe Les conteneurs de la fausse mission.

[3] Ibid.

[4] La Croix du 31 juillet 2013, p. 11-12.

[5] Dogmatique avec des prêtres douaniers !

[6] Le terme grec pour dépouillement.

[7] Ac. 2, 42-47.

Publié le 25 novembre 2013 par Jean-Pierre Frey