La RD Congo, victime de ses propres ressources ?

La République démocratique du Congo est le troisième plus vaste pays d’Afrique, derrière le Soudan et l’Algérie. Il est grand comme 4 fois la France, 80 fois la Belgique, 33 fois plus grand que le Benelux. C’est le 12e État du monde par sa taille avec ses 2 345 409 km².
De 1908 à 1960, cette ancienne colonie était appelée Congo-belge. Il devient République du Congo de 1960 à 1965, puis République Démocratique du Congo jusqu’en 1971. Avec la zaïrianisation, le pays s’est appelé Zaïre de 1971 à 1997. La RD Congo est le pays le plus peuplé d’Afrique centrale et de toute la francophonie, avec une population estimée à plus de 70 millions d’habitants.

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Écoliers en R. D. du Congo.
Photo André N’Koy Odimba

Un calme apparent
Le pays regorge d’énormes richesses minières qui attisent la convoitise des voisins. Vu sa taille, il reste peu peuplé, avec 20 habitants au km². L’exode rural et les déplacements massifs des populations dus aux guerres à répétition ont gonflé les villes, surtout Kinshasa, la capitale, qui compte aujourd’hui 15 millions d’habitants selon les estimations. La grande majorité de la population est jeune, 60% ayant moins de 20 ans.
Le christianisme est la religion dominante : 40% de la population sont catholiques, 25% protestants, 10% kimbanguistes [1] et 12% musulmans. On note, depuis les années 1990, un développement croissant des groupes de réveil et des mouvements protestants issus du pentecôtisme américain.

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Lycéens en R. D. du Congo.
Photo André N’Koy Odimba

De nos jours, la situation politique est relativement calme. Cependant les tentatives du gouvernement à vouloir modifier la Constitution pour permettre à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat présagent des tensions. La nouvelle loi électorale votée par le Parlement en janvier conditionnait la tenue des élections à un recensement général de la population. Cette disposition a été rejetée par le sénat sous la pression populaire. Adoptée moyennant modifications, promulguée par Joseph Kabila en février, la loi électorale ne nous dit pas s’il se représentera ou non. Le peuple se pose la question. Mais la Constitution ne l’y autorise pas.

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Scène de la vie quotidienne en R. D. du Congo.
Photo André N’Koy Odimba

Une poudrière
A vrai dire, ce n’est pas tant sur ce terrain politique que se joue aujourd’hui la question du bien-être du citoyen congolais que sur la sécurisation du pays et la lutte contre la pauvreté. La situation sécuritaire demeure préoccupante en RD Congo. Depuis 1996, les populations sont victimes de guerres répétitives et incessantes. Ce refrain n’est pourtant pas dévalué. Aujourd’hui encore, l’est du pays est une véritable poudrière. Il comprend les provinces du nord et du sud Kivu limitrophes du Rwanda et de l’Ouganda, deux nations impliquées dans le conflit congolais. De nombreuses « forces négatives » connues et inconnues, officielles et officieuses, sévissent et commettent des atrocités diverses : viol des femmes, pillages des ressources, saccage des villages et des champs, racket des populations...

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Scène de la vie quotidienne en R. D. du Congo
Photo André N’Koy Odimba

Lorsque je parle des « forces négatives », je ne pense pas qu’aux forces armées rebelles. Il y a aussi l’armée régulière, dont les officiers profitent de la passivité des populations pour s’enrichir, alors qu’ils sont censés les protéger. Ils participent au pillage des ressources agricoles et minières, instaurent des taxes et des droits de passage à l’entrée des villes et des villages. Parmi ces criminels de guerre se trouvent aussi des hommes politiques. Certains mouvements rebelles disposent des branches politiques. Des politiciens de divers bords signent des alliances et touchent des cachets. Et que dire des ONG qui sont devenues de véritables fonds de commerce, certaines profitant de la pauvreté des populations pour s’enrichir ? Cette situation des régions orientales du pays est d’une certaine manière générale à la RD Congo. Des pilleurs et des pillards, on en trouve partout, même au plus haut sommet de l’État.

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Scène de la vie quotidienne en R. D. du Congo
Photo André N’Koy Odimba

[1] L’Église kimbanguiste est une Église chrétienne africaine indépendante de type prophétique. Fondée en 1921 par le prédicateur congolais Simon Kimbangu, elle prêche l’amour du prochain, l’obéissance aux lois divines et la pratique des bonnes œuvres, mais aussi le créationnisme.

Publié le 21 août 2015 par André N’koy Odimba