La « Saga Missionnaire » nous parle de l’œuvre de Jean.

Le P. Jean Perrin s’embarque le 28 septembre 1952 et sert d’abord à Sokodé. Transféré à Lama-Kara, il travaille avec le P. Kennis, venu de Mango en janvier 1951, jusqu’en 1956. Ensemble ils construisent l’église et lancent de nombreux autres chantiers de construction, plusieurs écoles, plusieurs chapelles de villages et il fonde le collège de garçons. Il monte quelques bâtiments du futur collège « Adèle » pour filles, qui sera dirigé par les Sœurs marianistes et deviendra l’un des collèges les plus réputés du nord Togo.

En 1967, suite à un différent avec son évêque, le P. Perrin quitte le diocèse de Sokodé et prend pied à Blitta, dans le nord du diocèse d’Atakpamé. Homme universel, il y donne sa pleine mesure. Il reste à Blitta jusqu’en 1992, construisant sans cesse : le presbytère, l’église, le centre culturel, la maternité, exerçant le métier de sourcier, creusant des puits, montant des ponts, car le prêtre, dit-il, est un « pontifex »… Il faut relier les gens du village de Blitta aux gens qui sont de l’autre côté de l’Anié. Il sillonne les villages où il rassemble les gens autour de manifestations cinématographiques ayant pour but la formation et la détente. Il passe aussi son temps à former les catéchistes et ne néglige pas l’aspect culturel. Il forme un groupe musical et lance une troupe de majorettes qui s’en vont à travers tout le diocèse pour des manifestations.

En 1992, le P. Perrin décide de prendre sa retraite et se construit une petite maison à Yomaboua, à 8 km au nord de Blitta, dans le diocèse de Sokodé. Mais la fièvre de la construction et de l’apostolat le reprend, car il n’y a pas de prêtre dans ce secteur sud du diocèse. Il construit une très belle église à Tchébébé, dans le diocèse de Sokodé, qu’il dote d’un grand presbytère. Il en construit plusieurs autres dans les villages, continue à faire creuser des puits, organise l’accueil des réfugiés qui ont fui Lomé lors des événements politiques de 1992 et les installe dans la réserve de faune à l’ouest du fleuve Anié. Pour eux, il fait les démarches nécessaires auprès du gouvernement et du Préfet afin d’obtenir définitivement des terrains. Il trace des routes, fait construire un pont, monte une maternité, lance des écoles…

Tchébébé, devenue paroisse, est reprise par une équipe de confrères SMA en 1998. Le P. Perrin se met alors au service du curé de Sotouboua. En l’an 2001, il a construit trois églises sur la paroisse de Sotouboua et a repris la construction abandonnée de la nouvelle et grande église du centre. Un de ses confrères fera de lui le portrait d’un grand missionnaire, ouvert à tout, payant de sa personne sans compter, s’investissant dans toutes sortes d’œuvres de développement sans pour autant négliger la pastorale…

Publié le 14 février 2017 par Valérie Bisson