La situation socio-politique et économique au Bénin

Considéré partout, et encore jusqu’à nos jours, comme le pionnier du mouvement démocratique en Afrique, le Bénin fait figure de modèle de transition pacifique réussie. Grâce à la sagesse du Président Kérékou, de l’Église et des autres confessions religieuses, des fils de la diaspora et de la société civile, le Bénin est parvenu à opérer en douceur, grâce à la « conférence des forces vives de la nation », le « passage d’un régime militaro-marxiste à un régime présidentiel démocratique ». Après 25 ans de pratique démocratique, il est temps d’évaluer la situation socio-politique et économique de ce pays et de voir ce qu’il faut améliorer pour son développement.

JPEG - 152.1 ko
Le marché de Parakou
Photo François Nansounon

Depuis 1990, plusieurs régimes se sont succédés à la suite des élections démocratiques, et ces différents gouvernements se sont battus pour sortir le Bénin de la crise socio-politique et économique qu’il avait endurée durant le régime militaro-marxiste. Les nouveaux dirigeants ont essayé de faire décoller le pays à travers des projets d’évolution. La population reprend confiance, elle a pris conscience qu’elle doit concourir et œuvrer à la réussite et au progrès de ce pays. Le développement de l’agriculture s’accroît et le secteur informel est en plein essor. Les partis politiques n’hésitent pas à apporter leur contribution au gouvernement en place dans ses reformes économiques et socio-politiques nécessaires au pays et à un meilleur rayonnement de la démocratie. Ils n’hésitent pas non plus à exprimer leurs craintes devant certains abus des dirigeants. L’Église et la société civile font entendre leurs voix. Il faut dire que personne ne reste indifférent vis-vis des problèmes de ce pays.

JPEG - 143 ko
Les zémidjan, ces motos qui servent de taxis, sont partout au Bénin.
Photo François Nansounon
JPEG - 137.1 ko
L’immeuble de la Bank of Africa à Parakou
Photo François Nansounon

Mais, à nos yeux, ce qui gangrène et freine encore le Bénin, c’est la corruption et les grèves anarchiques. La corruption est un fléau qui prend de l’ampleur même au niveau de la sphère étatique ; il est évident qu’elle porte atteinte au développement durable du pays, et qu’elle touche les principales couches de la société. Sur le plan économique, ses effets sont dévastateurs car destructeurs en termes de croissance et de bien-être de la population. Cette situation engendre parfois une tension sociale, avec un climat défavorable aux performances remarquables de l’économie nationale et au développement du Bénin.

JPEG - 72.2 ko
La Sécurité Sociale de Parakou
Photo François Nansounon
JPEG - 148.5 ko
Supermarché à Parakou
Photo François Nansounon

Le second mal de ce pays, ce sont les grèves anarchiques. Le Bénin vit souvent au rythme de manifestations qui fragilisent dangereusement les bases essentielles au fonctionnement normal de toute république. Pour un rien, les fonctionnaires débraient les bureaux. Il est normal de revendiquer ses droits mais il faut parfois un minimum de discernement à ce sujet. Si nul sursaut n’intervient, si les Béninois ne changent pas de mentalité, il faut redouter que ce pays, qui avait commencé à connaître la croissance, ne sombre dans le chaos, quels que soient ses dirigeants, d’aujourd’hui ou de demain. La corruption et les grèves doivent cesser. Il s’agit d’un péril dont les conséquences économiques et sociales sont sans mesure. Le monde entier qui nous avait appréciés pour l’exemple donné à toute l’Afrique, nous plaint aujourd’hui.

JPEG - 87.7 ko
Société de transport à Parakou
Photo François Nansounon
JPEG - 81.4 ko
Marchands de poteries à Parakou
Photo François Nansounon

Face à ce tableau peu reluisant, nous ne devons pas nous décourager, mais accepter de regarder la réalité en face et prendre la juste mesure de la situation. Le Bénin actuel n’est certainement pas « l’enfer » que nous décrivons ici. Et, bien sûr, il n’est pas non plus le « paradis », comme d’autres le voient. Les Béninois doivent renouer avec les capacités d’initiatives qui les ont toujours caractérisés en appelant, une fois encore, à l’engagement de tous pour une paix sociale durable, indispensable pour le dynamisme économique et la justice sociale. Car, il faut le souligner, les hommes et les gouvernements passent, les peuples et les sociétés demeurent en se renouvelant. Il y a donc urgence à se serrer les coudes pour œuvrer ensemble à l’essor de ce pays.

JPEG - 106.1 ko
L’hôpital chinois à Parakou
Photo François Nansounon
Publié le 25 janvier 2016 par François Nansounon