La SMA, une formation humaine

Se former à la Mission

Je suis le sixième enfant d’une fratrie de huit, deux garçons et six filles. Ayant fait toutes mes études secondaires dans un petit séminaire diocésain, je suis entré aux Missions Africaines en 1996, après le baccalauréat et une année d’études à la Fac de Lettres de l’Université de Bangui, en Centrafrique. Ma formation missionnaire initiale a duré huit ans, dont plus de la moitié à l’extérieur (au Bénin et en Côte d’Ivoire). J’estime qu’elle a été bien équilibrée.

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Justin Ketté
Photo sma strasbourg

Au Grand Séminaire interdiocésain de Bangui, le contact avec les séminaristes diocésains a été l’occasion de tisser des liens et de m’imprégner des réalités socio-pastorales de l’Église locale. Le missionnaire n’étant pas un extra-terrestre, il est important qu’il ait une base arrière capable de le soutenir. La formation initiale en recouvre plusieurs, dont les trois mises en avant sont les formations intellectuelle, spirituelle et humaine. Il est important de les prendre toutes en compte afin d’assurer un équilibre au futur missionnaire.

Sans pour autant reléguer les autres au second plan, je me permets de revenir sur la dimension humaine. S’il y a un exercice que j’ai beaucoup apprécié pendant tout mon cursus estudiantin, c’est la soirée au cours de laquelle l’économe de la maison de formation faisait le bilan financier à toute la communauté. Que ce soit au Foyer de Bangui ou bien à celui d’Anyama, cet exercice faisait partie de la formation humaine. Les étudiants qui avaient une activité pastorale en paroisse se voyaient remettre un carnet de comptes dans lequel ils notaient toutes les dépenses faites aux frais du Foyer. C’est un exercice très simple, mais combien significatif ! Les formateurs exprimaient ainsi leur volonté de former les futurs prêtres non seulement à la bonne gestion des ressources financières de l’Église et mais aussi à la transparence. Dans le monde d’aujourd’hui, en matière d’argent, un déficit de transparence est source de soupçon et de méfiance. Même si on ne peut pas former les prêtres à compter les quêtes du dimanche, on doit au moins les former à savoir rendre compte de l’argent du peuple de Dieu. Cela participe aussi de leur probité morale. Négliger cet aspect dans la formation initiale, c’est courir le risque d’avoir des missionnaires qui croient qu’ils n’ont de compte à rendre qu’à Dieu.

Publié le 26 août 2013 par Justin-Sylvestre Kette