La Toussaint, la fête de tous les saints

Être saint ? Mais c’est quoi, « être saint » ?

La recette est simple :
tu vis en homme juste devant Dieu et devant les autres hommes ;
tu vis en homme transparent devant Dieu et devant les hommes ;
tu vis en homme avec la main toujours ouverte pour le partage ;
tu vis en homme avec la porte ouverte à l’hospitalité pour tout homme et surtout pour tout étranger selon l’évangile de Matthieu [1]

Alors tu seras reconnu comme un « saint » par Dieu et par les hommes et tu feras partie de cette immense troupe appelée les « bienheureux ». Tu seras accueilli par le Seigneur lui-même et personnellement appelé par ton nom pour entrer dans la troupe innombrable, rassemblée autour du trône de l’agneau, comme dit l’Apocalypse [2].

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Le Jugement Dernier
Peinture murale de l’église de Sillégny (Moselle)
Photo Marc Heilig

La Toussaint est ainsi devenue la fête universelle de l’accueil et de l’homme ouvert et généreux. Il ne faut pas chercher plus loin. Certes ce sont des mots qu’on ne doit pas dire trop vite et d’une façon trop légère. Car « être ouvert » à chacun suppose pas mal de concessions et de dépouillements, et cela demande une grande générosité de tous les moments. Et il se trouve que c’est pour cela, et seulement pour cela, que nous a appelés le Seigneur. Oui, pour être un homme ou une femme de bien.

Dans les Écritures, nous voyons ces pêcheurs du lac de Génésareth, Pierre et les autres, appelés par Jésus et qui laissent tout pour le suivre. Et à la fin de son évangile, Matthieu nous dit encore : « J’étais nu et vous m’avez vêtu, j’étais sans toit et vous m’avez abrité, j’avais faim et vous m’avez donné à manger ».
Là encore, il ne faut pas dire ces mots trop vite car il y a beaucoup d’obstacles dans nos vies et notre personne qui font une violente obstruction à la réalisation et à la mise en pratique de cet appel à la sainteté que Dieu nous propose dans notre cheminement de tous les jours. Cela suppose que nous sortions de nos églises pour aller vers les hommes dans le monde. Un idéal difficile ! A l’homme, certes, cela semble impossible, mais pas à Dieu [3].

Mais le reste, alors ? Quel reste ? Il n’y a pas de reste ! C’est la seule route qui mène à la seule vraie sainteté selon l’évangile, et elle passe nécessairement par l’amour et l’accueil de notre frère, c’est-à-dire de tout homme sans distinction. Avec la grâce de ce Dieu, qui est toujours avec nous.

[1] Mt. 25. 34-41.

[2] Apocalypse 7.9-14.

[3] Mt. 19. 26.

Publié le 18 octobre 2016 par Jean-Pierre Frey