La vision d’un sma sur la situation en Égypte

Le Seigneur dit alors : « J’ai vu, j’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs : oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer… [1]

Quand j’ai entendu les nouvelles, ce mercredi 3 juillet, sur la manifestation de masse remarquablement pacifique contre le président Morsi, je ne pouvais pas imaginer qu’il serait déposé et que le lendemain matin nous aurions un nouveau président par interim. Le jeudi, la majorité des Égyptiens se répandit dans les rues et célébrèrent dans la nuit la chute de l’homme et de son parti, les Frères Musulmans (FB).

Pourquoi les Égyptiens ont-ils voté pour Morsi et manifesté ensuite pour son retrait ?
L’année dernière, les Égyptiens avaient à choisir pour président entre un général d’armée de l’ancien régime Mubarak et un leader des Frères Musulmans. Beaucoup se sont abstenus de voter et, parmi ceux qui ont voté pour Morsi, il y avait des musulmans libéraux et un petit pourcentage de chrétiens qui votaient en fait contre le candidat du clan Mubarak.
Durant l’année, Morsi, qui avait été élu de façon étroite, a violé chacune de ses promesses de campagne. Peu après son élection, il commença à agir plus comme un dictateur totalitaire que comme un représentant élu, et très tôt il se donna à lui-même les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Au lieu de choisir les personnes les meilleures et les plus capables pour diriger le pays, il remplaça presque tous les ministres du gouvernement et la plupart des 17 gouverneurs par des gens de son parti. La plupart d’entre eux étaient incompétents pour les positions auxquelles ils furent élevés. A leur tour ces leaders firent la même chose pour les gens en dessous d’eux.
Comme résultat, la performance de Morsi et de son gouvernement fut extrêmement faible en presque tous les domaines, économique, financier, politique et sécuritaire. De plus, il orientait rapidement l’Égypte vers le sombre tunnel de « l’islam politique », l’idéologie que lui-même et les Frères Musulmans ont épousée. En agissant ainsi, lui et son parti réussirent à s’aliéner rapidement la plupart des Égyptiens qui réalisèrent qu’il n’était pas intéressé à leur bien-être.

Le plus grand coup à l’« islam politique » dans l’histoire récente
Les Égyptiens sont profondément blessés par ce qu’ils perçoivent comme un manque d’appréciation total par beaucoup de gens en Occident et par d’autres alliés pour l’énorme libération qu’ils ont entreprise. La BBC prétend que la manifestation pacifique contre Morsi par plus de 30 millions d’Égyptiens était probablement la plus grande dans l’histoire de l’humanité.
Depuis qu’il a été fondé, en 1928, le mouvement des Frères Musulmans s’est efforcé d’établir un état islamique en Égypte qui inclurait éventuellement le monde arabe. Gagner le pouvoir en Égypte fut leur première percée politique. L’échec complet de leur première expérience politique est pour eux un terrible choc mais s’avère miraculeux - le mot est souvent utilisé dans les media - pour de nombreux Égyptiens qui étaient convaincus que les Frères Musulmans étaient là pour rester.
Les conséquences mondiales du rejet par la plupart des Égyptiens de la politique de l’islam comme option viable sont un revers sérieux au rêve politique théocratique des Frères Musulmans : tenté en Égypte, il a échoué à convaincre les masses musulmanes du XXIe siècle. Les implications sont dramatiques pour beaucoup de pays de la région sous influence des Frères Musulmans comme, entre autres, la Syrie, la Jordanie, Gaza, la Lybie, le Koweït, la Turquie et la Tunisie, mais aussi à travers le monde.

Que va-t-il arriver ?
La plupart des Égyptiens pensent que l’aide de l’armée était le seul moyen de se libérer de la griffe de fer des Frères Musulmans. Mais ils espèrent aussi un retour à l’État civil le plus tôt possible. Le mieux serait donc d’avoir au plus tôt de nouvelles élections parlementaires et présidentielles.

Pour ce faire, il est nécessaire d’opérer une réconciliation politique avec les Frères Musulmans qui ont protesté dans les rues depuis le retrait de leur leader et continuent à inciter leurs partisans à la violence. Leur colère d’être écartés est compréhensible mais la façon violente et destructrice avec laquelle ils protestent crée le chaos dans le pays. À la différence des millions de personnes qui étaient pacifiquement dans la rue pour le retrait de Morsi, des centaines de milliers de Frères Musulmans terrorisent les localités où ils se rassemblent. Leur protestation agressive et leur esprit de revanche sont responsables de plus de 130 morts et 4000 blessés jusqu’à présent. Priez s’il vous plaît pour que soit trouvée une issue à cette impasse complexe, dangereuse et profondément triste.

L’Égypte est et continue d’être une nation musulmane
Il est très important d’insister en termes clairs sur le fait que le vote de l’Égypte contre l’islam politique était en fait un vote pour un islam modéré. Les dizaines de millions de Musulmans qui ont protesté dans les rues dernièrement vont célébrer le Ramadan avec une grande ferveur et un engagement religieux profond.
Ce contre quoi ils protestaient était la compréhension limitée de l’Islam que les Frères Musulmans imposaient à tous les Égyptiens.
Au cours de la révolution de janvier 2011, les chrétiens d’Égypte ont renoué des relations étroites avec leurs frères et voisins musulmans ; ils se sentaient vivre en paix au milieu de la majorité musulmane. Durant la présidence de Morsi, ils ont craint que les musulmans égyptiens n’épousent en bloc un islam intolérant envers les chrétiens. Nous avons poussé un profond soupir de soulagement en réalisant que la vaste majorité des Égyptiens musulmans sont modérés et veulent partager l’Égypte avec nous aussi.

Retour à l’édification de la nation
Après avoir été dirigés de travers par la prise de pouvoir des Frères Musulmans, nous voulons maintenant tous rebâtir notre nation sur la base de la justice véritable, la liberté et l’égalité des chances pour tous. S’il vous plaît, priez avec nous pour que ce rêve s’achève sans discrimination ni récrimination.
Priez pour nous, les missionnaires, et pour toute l’Église d’Égypte, alors que nous cherchons encore à promouvoir les valeurs décisives venant de la Parole de Dieu. Paix et grâce !

[1] Exode 3, 7.

Publié le 9 octobre 2013 par Robbin Kamemba