Le dernier arbre

Quand l’homme
des derniers temps,
rapace et vorace
eut fini de dévaster
le jardin des origines,
au soir tombant
Dieu descendit dans ce qui fut le jardin
pour voir si la rumeur du désastre
était fondée
Il ne trouva plus d’arbre,
ni d’herbe des champs parsemée de fleurs,
mais un sol nu
dépouillé de toute parure,
plus de nids d’oiseaux, promesse de vie,
plus rien par où accrocher la terre au ciel,
aucun cri, aucun chant,
mais un silence de mort.

Au milieu de la plaine
montait comme une plainte.
Entre la terre nue
et le ciel vide
se dressait tel un gibet
le dernier arbre, mutilé.
Y était attaché comme un fils de l’homme,
arbre vivant
dressant vers le ciel
ses branches tourmentées.
Comme un appel,
comme un cri,
rassemblant en lui
toute la détresse
du jardin saccagé,
de la terre redevenue,
comme avant le temps,
un espace vague et vide.

Publié le 23 février 2016 par A. K. sma