Le District-en-formation des Grands Lacs en assemblée (11-21 novembre 2013)

Le District des Grands Lacs
Le District-en-formation SMA des Grands Lacs (DFGL) a été érigé le 8 décembre 2008 lors de la restructuration du District d’Afrique-en-formation (DFA) en trois entités [1]. Il s’étend sur les régions SMA du Kenya, de Tanzanie, de Zambie, d’Afrique du Sud et sur les communautés SMA du Congo et de l’Angola.
En novembre 2013, le DFGL comprenait 56 membres permanents originaires du District, et 62 autres, travaillant dans les diverses régions et communautés inclus dans sa zone géographique, y étaient rattachés. Soit un total de 118 membres. Plusieurs fois au cours de cette assemblée a été rappelée l’orientation prise par l’Assemblée Générale 2013, déclarant que « tous les membres SMA travaillant dans un entité SMA sont membres rattachés à cette entité, jouissant des mêmes droits et devoirs que tout membre originaire de cette entité ». Une des conséquences principales de cette option est que tout membre SMA travaillant dans le DFGL contribue au développement et à la mission de ce district.

Les participants à l’assemblée
Quinze membres composaient cette assemblée, dont le nouveau supérieur du DFGL Jean-Baptiste Musa, jusqu’alors supérieur régional au Togo, le vice-supérieur James Shimbala, ancien formateur au centre spirituel international de Calavi, et Thaddeus Mokoya Ogato, qui terminait son mandat comme premier supérieur. Les quatre supérieurs régionaux (Kenya, Tanzanie, Afrique du Sud, Zambie) et les deux supérieurs de communautés SMA (Congo, Angola), qui sont en même temps conseillers du DFGL, y participaient comme membres de droit. Y furent ajoutés aussi 6 membres délégués élus, du Kenya, de Tanzanie, de Zambie, du Congo, de l’Afrique de l’Ouest et de la Diaspora occidentale. Deux invités, sans possibilité de vote, Francis Rozario, conseiller général, et moi-même appelé comme animateur, formaient le reste de l’Assemblée.
La tâche à accomplir pour cette assemblée était simple mais exigeait une réflexion soutenue. Il s’agissait de reprendre la planification élaborée lors de l’assemblée à mi-mandat de 2010, d’en faire l’évaluation et de la relancer à la lumière des orientations et décisions de l’Assemblée générale 2013.

Une réflexion limitée par une réalité concrète
L’enthousiasme, la bonne volonté, le don de la vocation missionnaire, la fierté d’appartenir à la famille SMA et de participer à la solidarité qu’elle véhicule, la joie de se retrouver, la possibilité de prendre en main le développement et le fonctionnement de sa propre entité furent le terreau de base pour la progression des échanges et des orientations à suivre. Mais il a fallu canaliser les imaginations dans les limites imposées par la réalité présente : le manque de personnel, un certain repli des membres vers leur lieu d’origine, une attraction pour la ville, où les communautés chrétiennes sont nombreuses et bien constituées, au détriment des zones géographiques rurales plus étendues et plus pauvres, des tendances nationalistes, un déficit dans les ressources financières joint à la difficulté de générer des fonds pour la gestion ordinaire du District-en-formation et de la mission… Ce constat a donné lieu à une déclaration apparaissant comme préambule au document final intitulée « Appel pour une conversion du cœur ». Ce préambule rappelle d’abord que « la Mission ad Extra et l’internationalité demeurent les piliers de la SMA » et qu’il y a « nécessité d’une appréciation du travail en première évangélisation. Les affectations dans les zones de première évangélisation doivent être considérées comme un défi et un privilège, et non comme une punition, et les nominations en milieu urbain ne doivent pas être considérées comme une faveur » .

Quelques points saillants
Reformulant les orientations missionnaires pour le DFGL, les membres de l’assemblée déclarent : « Ensemble avec les autres entités SMA, nous nous assurons qu’il y ait un nombre suffisant de membres dans les différentes régions rattachées au DFGL. Nous soutenons le travail de l’évangélisation à travers le développement des communautés de base, la catéchèse, le ministère auprès des jeunes, le développement des communautés, les media ». En vue de mettre en œuvre ces orientations, un bon nombre de recommandations pratiques ont été transmises aux supérieurs régionaux comme matériau de réflexion et de programmation, telles l’identification de nouvelles zones de première évangélisation et de ministères auprès des plus abandonnés, la nomination d’un coordinateur SMA de JPIC ayant pour tâche la conscientisation sur les problèmes relatifs à Justice et Paix et la mise en œuvre d’activités concrètes, l’intensification du dialogue interreligieux, l’attention aux cultures locales africaines, l’inculturation...
Sur le plan de l’animation vocationnelle, l’assemblée a rappelé la nécessité de détacher en chaque région un membre à temps complet comme promoteur de vocations. Ces personnes devraient être nommées pour septembre 2014 et entourées d’une équipe de plusieurs membres en vue d’un discernement sérieux des candidats.
L’assemblée a remis en cause la tenue de l’année préparatoire ou propédeutique pour tous les candidats à Kabwe en Zambie ; après une interminable discussion, elle a opté pour la mise en place de ce programme en chaque région. Son organisation est confiée au supérieur régional, mais aura-t-il les moyens en personnel, en finances et en locaux pour affronter ce défi ?
Sur le plan financier, l’assemblée a pris note que la plus grande partie du budget du DFGL dépend de l’extérieur : en fait, « environ 11% viennent des ressources locales ». Beaucoup d’imagination a été recommandée aux supérieurs régionaux en vue d’intensifier les collectes de fonds classiques, comme les enveloppes ou les quêtes dans les paroisses tenues par des confrères sma, et pour faire preuve d’inventivité. La rigueur et la transparence dans la gestion des fonds ont été aussi fortement recommandées, en se basant sur les règles émises dans le directoire financier SMA.

Envoi
Cette assemblée a été comme toute assemblée, selon le message donné par Rosario, « un moment pour renouveler notre engagement, redynamiser notre espérance et notre zèle, revoir notre vision et planifier nos mouvements. Toutefois Dieu reste l’auteur de la Mission et il est toujours avec nous. Allons de l’avant dans la confiance ! »

[1] District-en-formation des Grands Lacs, District-en-formation de la Baie du Bénin et District-en-formation du Golfe de Guinée.

Publié le 3 avril 2014 par Jean-Marie Guillaume