Le Frère Albert Weber (1925-2011)

On se plaisait à répéter en ce 15 décembre 2010, jour de la célébration des funérailles du Frère Albert Weber à Saint-Pierre : « si la météo avait été favorable, aucune église du diocèse n’aurait été assez grande pour accueillir ses nombreux amis de toute l’Alsace-Lorraine. » L’hiver précoce a fait que seuls les plus courageux avaient pu se déplacer et trouver place sans trop de problème dans la chapelle des Missions Africaines de Saint-Pierre. Jean-Pierre Frey, vice-supérieur du District, longtemps rédacteur de Terre d’Afrique Messager, présida l’Eucharistie et assura l’homélie dont les passages les plus marquants ont été publiés par Terre d’Afrique LIEN. Voici le témoignage du Père Félix Lutz, lui aussi ancien rédacteur de Terre d’Afrique.

Permettez-moi de rendre un bref hommage à notre cher Frère Albert. En mon nom personnel, au nom de tous mes confrères et membres laïcs honoraires, je voudrais d’abord présenter mes sincères condoléances et toute ma douloureuse sympathie à la famille en deuil, à laquelle notre défunt était très attaché et de qui il parlait toujours avec beaucoup de loyauté.

Pour moi, le Frère Albert était un homme polyvalent, dont la seule ambition était de rendre service et d’aider les Missions Africaines. Pour illustrer ma pensée, je citerai deux exemples. C’était dans les années 1964/65, je venais juste de revenir d’Afrique. Il se rendit chez les viticulteurs des environs pour vendanger du vin dont les tonneaux remplis serviraient durant l’année aux confrères de notre maison, ici à Saint-Pierre.
Deuxième exemple : avec un attelage tiré par un tracteur, il partit jusqu’à à Haguenau et au-delà pour récolter des pommes de terre et des carottes. À l’époque, aucun confrère n’était salarié, ni inscrit à la sécurité sociale. Qui d’entre nous s’en souvient encore ? Pratiques et méthodes d’un autre temps qui demandaient beaucoup d’effacement, d’abnégation, d’humilité et de modestie, des caractéristiques essentielles chez Frère Albert.

À côté de ceci, le plus important de son travail consistait à diffuser notre revue Terre d’Afrique-Messager. Cela le conduisit, d’abord à bicyclette, puis à mobylette et finalement en voiture, à travers tout le Bas-Rhin et jusqu’aux confins de la Moselle, dans certaines villes et dans les villages. Il en possédait le nom de toutes les rues et celui de tous les habitants.

Tout le monde le connaissait et il connaissait tout le monde. Vu sa jovialité et son sens de la communication il était partout chaleureusement accueilli. À midi, il mangeait tantôt ici, tantôt là, faisant les abonnements pour notre revue et acceptant les honoraires de messe. Au cours de près de 20 ans de collaboration, je n’ai jamais eu le moindre problème ou incident avec lui. Je crois que ça mérite d’être évoqué. Son souci constant de comprendre les autres, son ouverture d’esprit, sa présence apaisante étaient des qualités qui lui ouvraient partout affection, estime et amitié.

Hier même une dame me téléphonait : « En juillet dernier, il était encore chez moi pour que je lui vende des calendriers. Je lui en ai vendu 50. Il était impossible, ajoutait-elle, de ne pas aimer le Frère Albert, lorsqu’on le connaissait. » Sa vie infatigable, il la nourrissait aux sources de la prière et de la messe quotidienne.

Si le départ du Frère Albert nous affecte douloureusement, le témoignage de sa vie, toute faite de travail et d’amour pour les Missions Africaines, nous réconforte. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus n’a jamais été en mission, elle est pourtant déclarée patronne des missions. Si le Frère Albert n’a jamais été en mission, il reste pour nous un modèle de missionnaire. Que le Seigneur daigne le prendre auprès de Lui dans sa paix et son royaume ! Cher confrère, merci pour tout ! Au revoir. À-Dieu !

Publié le 24 mars 2011 par Félix Lutz