Le matin de la nouvelle Pâques

Pas de bruit, ni d’éclair ni de tonnerre… Pas de Sinaï sur Jérusalem… Pas de show… Aussi silencieusement qu’il fut mis au tombeau, Jésus en est sorti. Même les soldats n’ont rien vu.
C’était au matin du 3e jour

C’était au lendemain de la grande fête de la Pessah – le mémorial du passage du peuple juif libéré de l’esclavage égyptien.
Jérusalem, ce matin-là, était encore assoupie dans le calme d’un lendemain de fête. Seules quelques figures de femmes montaient furtivement vers le tombeau du Maître, comme en cachette, en catimini… tenaillées peut-être par la peur.

Et stupéfaction ! La pierre est roulée et le tombeau, vide… Plus ébranlées que par un coup de foudre, elles se précipitent vers le cénacle où se cache la troupe des apôtres.
Seule la mystérieuse femme de Magdala verra son « Rabbouni », mais sans pouvoir le garder pour elle-même ! Car le Maître l’envoie de suite en mission auprès des disciples pour leur annoncer la nouvelle... Va !

Vraiment, il ne s’est rien passé à Jérusalem, ce matin-là.

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Lever de soleil.
Photo Jean-Pierre Frey

Une fois de plus, nous sommes devant le paradoxe de ce Fils d’Homme qui sort du tombeau dans le plus total silence et la plus absolue discrétion, comme il l’avait annoncé. Et pour aller on ne sait pas où… Même les gardiens n’ont rien vu, ni rien entendu… Seul Matthieu signale quelques grondements insolites avec des éclairs, ce matin-là

La question qui se pose est la suivante : Crois-tu cela ? Folie de femmes, diront certains disciples qui en ont vu d’autres du vivant de cet homme de Nazareth. Cette question qui se pose à nous devant le tombeau vide, elle est simple, elle se résume en trois mots : Crois-tu cela ?

Pour croire cela, il faut faire confiance à la Parole de celui qui n’a cessé de dire aux malades venus implorer leur guérison : « Si tu crois, je peux te guérir ». Et concrètement, pour le lépreux, le paralysé, le possédé, ce fut une RESURRECTION, un passage vers la libération. Crois-tu cela ?

Pâques n’est pas une affaire de vision glorieuse, comme cela fut maintes fois représenté par les artistes. Non ! Pâques est une affaire de foi personnelle devant un tombeau béant et vide. Pâques est un appel à « entrer », non pas dans le tombeau, mais dans l’intimité du Maître – « Rabbouni » - pour lui faire une place dans notre vie.

C’est le cas de toute apparition. Si tu cherches le surnaturel et le dévotionnel, tu passes à côté sans « rien voir ». Car le « sentir » n’est pas signe de foi, pas plus que l’émotion, fût-elle religieuse. Jésus s’est fait homme pour être simplement et humainement avec nous, comme nous, chaque jour.

C’est pour cela qu’au matin de Pâques il est ressuscité discrètement. Je dirais presque : anonymement. Crois-tu cela ? Crois-tu que ce n’est pas dans le tombeau vide qu’il faut le chercher, pas même peut-être dans le tabernacle, mais dans tout visage humain, rayonnant ou ravagé, comme Jésus l’a fait pendant les trois années de sa vie « publique » ? C’est pour assurer cette présence continuelle au milieu de nous qu’il est sorti du tombeau trois jours après… RESSUSCITÉ !

Crois-tu cela ? Alors VA… et annonce comme Marie-Madeleine !

Publié le 4 avril 2013 par Jean-Pierre Frey