Le merci de l’Association de la Chapelle sma de Haguenau

En Jacques, l’Association Saint-Arbogast des Missions Africaines de Haguenau perd, en premier lieu, un membre fondateur et de droit, avec, entre autres, le président-fondateur Jean-Paul Grasser. Très tôt il a reconnu la nécessité d’impliquer, d’engager des laïcs dans le fonctionnement et les activités de la SMA autant sur le plan local que provincial, pour pallier la diminution inéluctable des ressources humaines et matérielles de la Société.

En Jacques, nous perdons également un conseiller spirituel dont les interventions souvent pertinentes et les conseils avisés ont contribué à éclairer et guider les décisions de notre association.

Avec le départ de Jacques, nous pleurons par ailleurs l’artiste qui vient de poser son crayon, sa plume, son pinceau et sa guitare. Sa fibre et ses talents artistiques étaient en effet salués et reconnus par tous. En fin connaisseur, il a été il y a trois ans l’infatigable cheville-ouvrière des expositions d’œuvres de son talentueux confrère Eugène Woelffel, à l’occasion du centenaire de sa naissance, à la Chartreuse de Molsheim et dans les chapelles des Missions Africaines à Saint-Pierre, au Zinswald et à Haguenau.

Il a aussi illustré régulièrement, d’un trait précis et d’une main sûre et inventive, les cartons d’invitation à notre fête patronale, où il a en outre joué le bon saint Nicolas pendant de longues années. Il lui est également arrivé de gratter sa guitare pour animer et égayer certaines de nos soirées associatives.

Avec la disparition de Jacques, nous pleurons enfin le Docteur en théologie, qui savait être critique, en particulier envers un autre docteur, le « Docteur de la grâce » saint Augustin, pourfendeur impitoyable de courants spirituels tels que le pélagianisme et le donatisme considérés comme déviationnistes, voire hérétiques, par l’Église institutionnelle de l’époque, des courants pourtant largement répandus dans le nord-est de l’Afrique dans les premiers siècles de l’ère chrétienne.

Jacques était particulièrement attiré par cette partie du Continent noir, et notamment par l’Ethiopie, un des berceaux de la chrétienté. D’ailleurs, l’échec, il y a deux ans, faute d’un nombre suffisant de participants, de son dernier grand projet de voyage-pèlerinage en Ethiopie pour s’immerger dans les lieux historiques, pratiques et coutumes des chrétiens monophysites, l’avait profondément marqué psychologiquement et moralement.

Et maintenant, au revoir Jacques, et bon vent pour ta sainte Pâque vers les rivages libérateurs baignés dans la Lumière et la Joie éternelles.

Publié le 11 juin 2013 par Etienne Weibel