Le monastère de Baumgarten

A la suite de notre numéro sur la vie monastique [1], voici un petit aperçu de ce que vivent les Sœurs Cisterciennes du monastère de Baumgarten.

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Photo Baumgarten

Qui sommes-nous ?

Cisterciennes, nous appartenons à l’Ordre cistercien de la stricte observance, et sommes communément appelées trappistines. Le monastère de Cîteaux, berceau de notre famille religieuse, a été fondé en 1098 près de Dijon, par un groupe de bénédictins désireux d’un retour aux sources évangéliques et animés du désir de vivre de manière plus radicale leur engagement monastique : en particulier vivre pauvre avec le Christ pauvre, dans une réelle solitude, dans la recherche de l’authenticité et de la simplicité, et avec la volonté de vivre du travail de leurs mains. Ils retrouvaient ainsi la pureté primitive de la vie selon la Règle de Saint Benoît, et restauraient l’équilibre entre les diverses activités : « l’Opus Dei », qui est la prière liturgique, la « lectio divina » et le travail.

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Moines et moniales, expulsés par la Révolution française en 1793, rentrent en France après leur exil. En 1895, un groupe de cisterciennes vient s’établir en Alsace à Oelenberg (68), à côté des frères. Les deux communautés croissent en nombre, les sœurs se retrouvent à l’étroit et, en 1895, réalisent leur transfert au cœur du petit village d’Ergersheim (67). Elles donnent à leur monastère le nom de Notre-Dame d’Altbronn.

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Au fil des décennies, le village se développe, devient plus bruyant, les habitations enserrent le monastère, les locaux ne sont plus adaptés à la taille de la communauté qui a considérablement diminué en nombre, passant de 80 sœurs en 1895 à 15 en 2009. La nécessité de trouver un autre lieu s’impose et notre recherche aboutit – don de la Providence - à l’acquisition du domaine de Baumgarten, à Bernardvillé, en Alsace aussi. C’est le lieu d’une ancienne abbaye de moines cisterciens, fondée en 1125 et détruite en 1525 lors de la guerre des Paysans. En décembre 2009, nous avons quitté Ergersheim et la vie cistercienne put reprendre à l’abbaye de Notre-Dame de Baumgarten.

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Aujourd’hui, nous sommes une communauté de 15 sœurs de diverses nationalités, ayant à sa tête une abbesse. Communauté fraternelle où nous apprenons l’art d’aimer ; où, toutes ensemble, habitées par le désir de Dieu, nous nous entraînons à Le chercher à travers l’écoute de sa Parole, la prière, la communion fraternelle, une humble et joyeuse obéissance, dans une vie simple, silencieuse et laborieuse. La liturgie est célébrée en français, avec quelques pièces grégoriennes.

La vie au monastère

Séparées du monde mais présentes à ses joies et à ses peines, nous consacrons notre vie au service du Seigneur sept fois par jour. Dès 4h20 du matin, l’Office divin nous rassemble à l’église dans la louange et l’intercession, appelant la bénédiction de Dieu sur le monde. Entre les Vigiles et Laudes, nous nous retrouvons au scriptorium pour la lectio divina où chacune prolonge en son cœur l’écoute de la Parole en s’appliquant à la lecture lente, priée, de la Bible et de textes patristiques ou de tradition monastique. La rencontre personnelle avec Celui pour qui nous avons tout quitté, l’Eucharistie quotidienne, est la source de la communion entre nous et avec l’Église entière.

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Les repas sont pris en silence, en écoutant une lecture sur différents sujets, tant de spiritualité que d’informations du monde. Nous consacrons 5 heures par jour au travail. Les tâches sont diverses : cuisine, vaisselle, buanderie, vestiaire, ménage, accueil des hôtes. Notre maison d’accueil offre un climat de silence et de calme à toute personne désireuse de ressourcement spirituel. Pour gagner notre vie et partager avec les pauvres du monde dans la mesure du possible, nous avons un atelier de confection de vêtements liturgiques : aubes, chasubles, étoles, nappes d’autel. Chaque sœur dispose aussi de temps libre à utiliser selon son désir pour promenade, lecture, prière…

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La journée de prière et de travail est clôturée par les Complies qui nous ramènent une dernière fois à l’église pour chanter au seuil de la nuit la confiance et l’abandon entre les mains du Père céleste. Par le chant du Salve Regina, notre sommeil est confié à la Vierge Marie. Ensuite, chacune retrouve sa chambre pour le repos de la nuit. La journée des Trappistines, tournée vers Dieu et vers le service des hommes, se déroule dans ce cadre d’une vie très simple.

[1] Terre d’Afrique Messager mars 2011.

Publié le 10 octobre 2011 par Soeur Pauline