Le pape François et les clercs

« L’indispensable engagement des laïcs dans la vie publique. » Une sélection d’extraits du numéro 431 de Golias de mai 2016.

Le pape François souhaite « continuer la réflexion actuellement menée dans ce sens, afin que l’esprit de discernement et de réflexion ne tombe pas dans l’oreille des sourds ». Il démonte dans un premier temps le narcissisme ecclésiastique, qui considère les fidèles comme des faire-valoir.
« Le peuple saint des fidèles de Dieu est l’objet vers lequel nous, pasteurs, sommes continuellement invités à nous tourner, que nous sommes censés assister, protéger, soutenir et servir. (...) Nous sommes des pasteurs. Un pasteur est inconcevable sans un troupeau qu’il est appelé à servir. Le pasteur est pasteur d’un peuple, c’est le point de départ de son service (sacerdoce). Combien de fois vous allez de l’avant en laissant beaucoup de gens loin derrière, alors que c’est souvent parmi eux que se trouve et bat le cœur du peuple. »

Cette dernière phrase est une affirmation. François estime que les clercs se sont trop séparés des fidèles.
« Nous sommes tous entrés dans l’Église en tant que laïcs. Le premier sacrement, qui a scellé, à jamais, notre identité et dont nous devrions être fiers à jamais, c’est le baptême. (...) Nul n’a été baptisé prêtre ou évêque. Nous avons été baptisés laïcs ; c’est le signe indélébile que jamais personne ne peut éliminer. Nous devons toujours nous rappeler que l’Église n’est pas une élite de prêtres, de consacrés et d’évêques ; mais que nous formons tous ensemble le peuple saint des fidèles de Dieu. »

Il accuse les clercs d’avoir « fonctionnarisé » la vie de notre peuple, d’avoir inventé de « belles formules » en tombant dans les « clichés et slogans ».

« C’est l’heure des laïcs, mais il semble que l’horloge se soit arrêtée » parce qu’ils sont facteurs de « risques et de déformations tant au niveau de notre vie personnelle que communautaire, dans l’exercice de notre ministère que l’Église nous a confié. (…) Le saint peuple des fidèles de Dieu est oint de la grâce du Saint-Esprit ; il a donc la capacité de réfléchir, de penser, d’évaluer, de discerner. »

Publié le 23 août 2016 par Jean-Pierre Frey