Le parcours du Père Augustin

Je suis né le 28 août 1967 à la maternité de Ouidah, au Bénin. C’était la fête de Saint Augustin et je reçus naturellement ce prénom par la volonté de ma maman Élisabeth ; mon papa avait tenu à y ajouter un deuxième, Placide, en mémoire de mon oncle médecin qui venait de mourir.

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Photo sma Strasbourg

Une situation complexe

Du côté de ma mère, je puis dire que je suis de la 3e génération, car elle a eu sa première fille, Marie-Yvonne, à 18-20 ans d’une première union. C’est la 1ère génération. Mais voici que quelques années plus tard, sa propre mère lui rappela qu’elle avait été destinée à un autre homme vers lequel maman a dû partir pour convoler en secondes noces. De cette deuxième union naquirent 3 autres enfants. C’est la 2e génération. Plus tard, mon grand-père maternel, mécontent et même révolté des conditions de vie matrimoniales de sa fille, vint l’enlever de nuit pour rentrer avec elle à Ouidah, son village natal. Ce fut là que maman rencontra Émile, mon papa. De son union avec celui-ci, 3 nouveaux enfants naîtront : Amélie, ma sœur aînée, moi-même deux ans après et Alphonse, mon jeune frère, qui a 6 ans de moins que moi. C’est la 3e génération. Maman aura donc eu 7 enfants en tout ; elle s’est toujours battue pour s’en occuper jusqu’à sa mort, le 15 septembre 2013, à 96 ans.

Du côté de mon père, je suis, avec ma sœur et mon frère, de la 5e génération, et voici comment. En réalité, mon père s’est marié à différents âges. Très tôt en effet, il a eu ses 2 premiers enfants d’une première union. Ensuite, 2 ou 3 autres femmes lui ont donné chacune un enfant. Puis, d’autres femmes lui en ont encore donnés. Et, enfin, ma mère lui en a donné 3. Je ne peux dire exactement combien papa a eu de femmes et d’enfants. J’en connais un certain nombre, mais certainement pas tous. Enfin, avant de mourir, mon père s’est choisi une compagne avec laquelle il s’est marié pour régulariser sa situation religieuse. Ainsi a-t-il pu mourir, « muni des sacrements de l’Église », comme on dit.

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Les souvenirs que j’ai de ces années en famille polygame sont pourtant positifs. Je garde de maman, l’image d’une brave femme totalement dévouée à l’éducation et au bien-être de chacun de ses enfants. Mon père ayant eu de nombreuses compagnes, chacune de nos mamans devait s’occuper de ses enfants. Papa, quant à lui, a toujours eu le souci de l’unité et de la cohésion au sein de sa famille. Tous les ans, il organisait une grande réunion familiale à laquelle il invitait tous ses enfants, le but étant de faire en sorte que, malgré la pluralité des mamans et des enfants, nous nous sentions tous comme des fils et filles d’un même père et d’une même mère. Il tenait à ce que l’on ne distingue pas les enfants d’une maman ou d’une autre.

Vers l’accomplissement d’une vocation

Le temps de la régularisation de sa situation vis-à-vis de l’Église a marqué un grand tournant dans sa vie de foi et dans la mienne. C’est lors de la célébration de son mariage avec son épouse que j’ai reçu les premiers signes de ma vocation. J’y ai notamment rencontré un prêtre pour la première fois, sans toutefois être vraiment attiré. Peu après, j’entrai dans le groupe des servants d’autel, puis au catéchisme. J’avais le désir de devenir comme le curé du village rencontré dans la ferme de papa le jour de son mariage. C’était le seul prêtre de ce village, feu Père Bernard Dossou.

Cette vocation naissante, après les sacrements de l’initiation chrétienne, a été nourrie par un séjour dans le Nord du Bénin, à Natitingou, où j’ai fait partie du groupe des jeunes aspirants conduit par le Père André Bourdat. C’est ce prêtre grenoblois, à l’époque fidei donum dans cette ville, qui m’a fait découvrir la Société des Missions Africaines. Ainsi commença petitement mon aventure avec la SMA, en attendant la fin de mes études secondaires. J’intégrai le séminaire propédeutique de Missérété à Porto-Novo, puis le cycle de philosophie au grand séminaire Saint-Gall de Ouidah. Je fis mon année spirituelle internationale au noviciat du Centre Mgr Marion Brésillac de Calavi, avant de m’envoler pour le stage pastoral à Belemboke, dans le diocèse de Berberati, en Centrafrique, chez les Pygmées. Je passai mes années d’études théologiques au séminaire d’Anyama, sous la responsabilité du supérieur du foyer, le Père Jean-Pierre Frey sma, et à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO) en Côte d’Ivoire. Ordonné le 8 juillet 1999, les différentes missions et stages que la Société m’a confiés m’ont conduit au Libéria, aux USA, au Bénin, en Espagne, en Italie et en France.

Publié le 5 septembre 2016 par Augustin Placide Houessinon