Le pèlerinage de Notre-Dame de L’Epine

La légende veut qu’en 1400, dans la nuit de l’Annonciation, des bergers aient été attirés par une lumière éclatante au milieu d’un buisson d’épines. Ils y découvrirent une statue de la Vierge Marie portant l’Enfant Jésus dans les bras. On en voit une réplique dans la basilique, qui fut construite pour l’abriter. A la suite de cet événement miraculeux, le pèlerinage prit rapidement de l’ampleur.

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Notre Dame de l’Epine.
Photo Marc Heilig

Cela, c’est ce que dit la légende… En réalité, il existait un édifice à cet endroit dès le XIIIe s. et l’on sait qu’en 1405, le pèlerinage attirait déjà les dévots depuis longtemps. Ils vénéraient sans doute une autre statue de la Vierge. Quoi qu’il en soit, il a fallu un événement de grande importance pour qu’on entreprenne la construction d’une si grande et si belle église, alors que la France subissait les pires revers de la Guerre de Cent Ans.

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N.-D. de l’Epine. La façade.
Photo Marc Heilig

Cette église magnifique est l’édifice le plus remarquable construit dans la région aux XVe et XVIe s. Bien que ses architectes restent inconnus, ils se sont inspirés du prestigieux modèle de la cathédrale de Reims. Les similitudes entre les deux bâtiments apparaissent en effet clairement dans le plan comme dans l’élévation intérieure.

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N.-D. de l’Epine. La nef, le jubé et le choeur.
Photo Marc Heilig
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N.-D. de l’Epine. Les voûtes du choeur.
Photo Marc Heilig

L’église de N.-D. de L’Epine fut construite entre 1405 et 1527 et remplace un édifice antérieur. Elle suit un plan basilical dont la particularité tient au déambulatoire et à ses cinq chapelles rayonnantes. La façade, à rosace centrale, a trois portails qui correspondent à la nef et aux collatéraux, soit au massif central et aux deux tours. Les flèches ajourées qui surmontent celles-ci [1], ainsi que la profusion des statues, appartiennent bien au gothique flamboyant. Les flancs et le chevet sont plus sobres, mais surprennent par les sculptures truculentes des gargouilles et des pignons.

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N.-D. de l’Epine. Côté sud : les tours et le portail.
Photo Marc Heilig
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N.-D. de l’Epine. Côté sud : le chevet.
Photo Marc Heilig

Les pèlerins venaient prier Marie d’intercéder pour eux auprès de Dieu. Parmi les ex-votos qu’on voit dans le déambulatoire, les plus anciens remontent au XIXe s., en reconnaissance d’une guérison, de prières exaucées ou de grâces obtenues par son intercession.

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Ex-votos de remerciements à Notre Dame de l’Epine.
Photo Marc Heilig

Beaucoup aussi, témoignages émouvants des ravages de la guerre de 14-18, viennent de militaires qui remercient Marie de les avoir protégés pendant le conflit. Le pape Pie X avait d’ailleurs élevé l’église de l’Epine au rang de basilique mineure en 1914. De nos jours, l’hommage à Marie se fait tout au long de l’année, avec un moment fort le 8 mai et lors des fêtes de la Vierge. N.-D. de L’Epine est aussi sur un chemin qui mène à St Jacques de Compostelle et les pèlerins qui l’empruntent trouvent là l’occasion d’une vénération toute particulière.

[1] Si les deux tours sont identiques et de même hauteur, les flèches les distinguent fortement : elles sont conçues différemment et celle du sud est plus haute. En 1802, les frères Chappe rasèrent la flèche nord pour y installer leur télégraphe. Elle fut reconstruite à l’identique grâce à Prosper Mérimée, Inspecteur général des Monuments Historiques, et à Napoléon III qui octroya 50 000 francs en 1868.

Publié le 28 juin 2011 par Marc Heilig