Le prêtre selon Mgr de Brésillac

2e partie (suite du n° 1/2016 page 3 à 7)

Le prêtre est appelé et envoyé à la vigne du Seigneur.

Disciple du Christ, le prêtre est appelé et envoyé à la vigne du Seigneur (Marc 12, 1-12.), ou encore comme intendant de la maison et des biens du Seigneur (Luc 12, 42-43.). « Que nous dira le Maitre de la vigne s’il la trouve mal cultivée, sous prétexte que nous ne trouvions pas de temps pour cela, tandis que nous en avions pour d’autres choses inutiles [1]. »

Il n’est pas le seigneur de la vigne ni le maître de la maison. Son devoir est d’être à l’œuvre. « Il faut que nous les traitions comme Jésus-Christ nous a traités par le ministère de ceux qui furent nos guides et nos pasteurs. A notre tour, nous devons les nourrir de la pure doctrine de l’Évangile, les conduire avec prudence dans les voies du salut. Nous devons être pour elles des maîtres pleins de douceur, des médecins dans leurs maladies, des pères et des amis dans toutes les phases de leur vie [2]. »

Le prêtre est un serviteur fidèle qui ne fait qu’obéir au commandement du maître. « Quel immense trésor de mérites nous aurions acquis si toutes nos œuvres avaient été accomplies dans une parfaite fidélité à la grâce, par imitation de Jésus-Christ, par dépendance de Jésus-Christ, en union avec Jésus-Christ. Cum Christo, per Christum, in Christo [3]. » Il est attentif à tous les âges et à toutes les couches sociales sans discrimination. « Au milieu des petits enfants, nous agirons sur les cœurs, et nous préparerons une génération meilleure dans l’avenir en imbibant leur âme dans la sainte doctrine, et en guidant leur inexpérience à l’époque dangereuse de leur émancipation. Dans l’exercice des vertus journalières, nous serons le sel de la terre et la lumière du monde [4]. » Ce serviteur qu’est le prêtre est un serviteur fidèle qui est heureux d’être à sa place, où le Seigneur l’appelle et l’envoie. « Et si nous le servons de tout cœur, si nous le servons jusqu’à la fin, notre père qui est dans les Cieux, et qui est aussi son Père, nous glorifiera éternellement dans l’autre vie [5]. »

Le prêtre est un bon Pasteur.

En essayant d’être un autre Jésus Christ, le prêtre doit s’évertuer à être un bon pasteur comme Jésus Christ. Comme lui, il doit se donner et se sacrifier pour les chrétiens même s’ils lui sont hostiles et prendre soin d’eux. « Nos chrétiens, fussent-ils ingrats comme les habitants de Galilée, nous leur devons tous nos soins. Ils sont nos frères et Dieu nous demandera compte de leur âme. S’ils se perdaient par notre faute Dieu nous demanderait : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » [6] Le prêtre ne peut choisir d’être un bon pasteur mais il doit l’être. « Nous sommes donc pasteurs, et non seulement nous devons, autant qu’il est en nous, en remplir les fonctions, mais nous étudier aussi à en avoir le caractère. C’est surtout sur ce point, que j’appelle en ce moment notre attention. Sommes-nous revêtus des qualités du bon pasteur ? Pouvons-nous dire : Ego sum pastor bonus ? (Jean 10, 11.) Or, le caractère du bon pasteur consiste surtout dans la douceur, la patience, l’amitié, même pour ses brebis ingrates et rebelles : Caritatem, patientiam, mansuetudinem (1 Timothée 6, 11.) [7]. Ces trois qualités (douceur, patience et charité) doivent constituer le bagage missionnaire de tout prêtre [8].

[1] Mgr de Marion Brésillac, Retraite prêchée du 15 au 22 janvier 1849 en prélude au Synode de Pondichéry, 58.

[2] Ibid., 97.

[3] Ibid., 185.

[4] Ibid., 192.

[5] Ibid., 197.

[6] Ibid., 100.

[7] Ibid., 101.

[8] Ibid., 109.

[9] Ibid., 102.

[10] Ibid., 104.

[11] Ibid., 104-105.

[12] Ibid., 105

[13] Ibid., 106.

[14] Ibid., 108

[15] Ibid., 108-109.

[16] Ibid., 238.

[17] Ibid., 238-239.

[18] Ibid., 242.

[19] Ibid., 244.

Publié le 10 juin 2016 par Bernardin Kinnoume