Le Séminaire de Jeunes de Walbourg (suite)

Activités parascolaires

Nous recherchions aussi une pédagogie valorisante pour les élèves : ils ne faisaient pas de fautes, mais des erreurs. Pour permettre à chacun d’avoir des domaines de réussite, nous encouragions les activités parascolaires.

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Vue aérienne de Walbourg.
Photo Gérard Auer

Dans le domaine sportif, les entraînements au cross et à l’athlétisme étaient une nécessité pour qui ne voulait pas se ridiculiser au cross d’établissement ou aux Jeux Olympiques de Walbourg. Par ailleurs, les élèves avaient le choix entre le judo, le tennis ou encore le ping-pong, et nos équipes de foot et de basket étaient redoutées dans les compétitions scolaires. Les installations sportives de l’établissement sont remarquables et permettent d’organiser pendant les vacances les stages Specht pour footballeurs en herbe.

Une école de musique permettait d’apprendre beaucoup d’instruments, à cordes, à vent ou à clavier. Signalons qu’une vingtaine d’organistes actuellement en fonction dans les paroisses d’Alsace ont été formés à Walbourg. Le fleuron était sans aucun doute la Manécanterie du Séminaire, affiliée aux Pueri Cantores-Croix de Bois. Cet ensemble de 60 élèves animait les liturgies et les fêtes de la maison. Cette chorale s’est produite dans la plupart des paroisses alsaciennes, elle a donné des concerts dans 13 pays d’Europe, en Terre Sainte ainsi qu’en Côte-d’Ivoire.

Pour les jeunes collégiens, des ateliers multiples – menuiserie, pyrogravure, poterie, mosaïque, reliure, vannerie, philatélie, voire fer forgé et émaux – permettaient aux élèves de se faire valoir et de prendre ainsi confiance en eux-mêmes.

Education religieuse

En 1963, tous les professeurs étaient des prêtres, qui étaient en même temps chargés de l’animation spirituelle : catéchèse, célébrations, réunions d’approfondissement de la foi, MEJ, direction spirituelle… Mais peu à peu, les évêques ont retiré les prêtres de l’enseignement pour la pastorale paroissiale. Quand, en 1976, j’ai pris la direction de l’établissement, il m’a fallu des prodiges de persuasion pour qu’un aumônier soit nommé à la place du dernier prêtre enseignant, retiré lui aussi. J’ai connu deux excellents aumôniers : l’abbé Joseph Lutz, actuellement curé de Neuwiller-les-Saverne, et l’abbé Vincent Dollmann, le nouvel évêque auxiliaire. Mais nous avons pensé qu’il n’était pas normal que l’éducation spirituelle ne soit confiée qu’à des prêtres. L’équipe d’aumônerie réunissait des professeurs et préfets volontaires, et même certains parents et des élèves de Terminale, jeunes cadres du MEJ. Elle préparait les temps forts, comme le carême, les retraites de classes, les célébrations de fêtes. Elle se posait surtout la question de la crédibilité évangélique des relations entre élèves et professeurs. Je me répète : la catéchèse ne pouvait porter des fruits que si l’évangile était le barème de la marche de la maison.

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Classes de sport.
Photo Gérard Auer

C’est aussi cette équipe qui, depuis 20 ans, parraine l’action Ouverture à l’Universel. Chaque année, un professeur part au Burkina Faso pendant trois semaines de grandes vacances avec une vingtaine d’élèves de 1e ou de Terminale. Il y a quelques années, ils ont aidé à la construction d’une école et d’un collège ; à présent ils vont donner des cours de vacances aux élèves qui ont eu des difficultés pendant l’année scolaire. Ces lycéens travaillent toute l’année pour pouvoir emporter du matériel scolaire et le donner aux enfants qui, sans cette aide, ne pourraient pas aller à l’école car leurs parents ne peuvent acheter les cahiers et stylos obligatoires pour y être admis.

Les aumôniers ont aussi veillé à réunir dans des équipes ceux qui – assez rares – se posaient la question d’une vocation spécifique dans l’Eglise. Jusqu’en mai 68, la moitié des élèves de Terminale entraient au Grand Séminaire après le baccalauréat. Ils se firent beaucoup plus rares ensuite. Néanmoins, on peut dire que 60 prêtres actifs dans le diocèse ont fait leurs études secondaires à Walbourg. Il faut y ajouter deux entrées dans des ordres religieux, un spiritain et un frère de Jérusalem, et deux pasteurs de l’Eglise de la Confession d’Augsbourg. On m’a même signalé qu’un ancien élève venait d’entrer dans une école talmudique pour s’engager dans la voie rabbinique.

Publié le 4 avril 2013 par Gérard Auer