Le souffle de Dieu

Survol en raccourci de l’histoire du salut avec le Saint-Esprit selon l’Ecriture.

Au commencement l’Esprit est là – planant dans le vide initial [1].
Selon la Genèse, la création se fait en deux grandes étapes : la création du monde et celle de l’homme. Dieu est le concepteur de la création, dans son Verbe : il « dit »… Et l’Esprit, qui est le maître d’œuvre, « fait » : ainsi la lumière fut… Jusqu’à la conception de l’homme, comme image de Dieu, le 6e jour : Dieu envoie son souffle de vie pour sortir Adam de la glaise qui le paralyse et l’immobilise.
Homme et femme, il les créa…

Au lancement de la deuxième alliance [2], l’Esprit est là et toujours à l’œuvre.
Il descendra sur le précurseur dès sa conception [3] pour lui permettre d’ouvrir la route à travers le désert et d’annoncer le libérateur. Par lui, Marie, va être la mère du Sauveur, la mère de Dieu, comme l’Ange le dira à un Joseph fort consterné [4] : celui qui naîtra d’elle sera le Fils du Très Haut.

L’Esprit sera le guide, la force et la dynamique de ce Jésus de Nazareth sur qui il descendra comme il le fit au commencement sous la forme d’une anodine colombe, signe de sa présence. Jésus est à peine baptisé que l’Esprit le pousse au désert pour son premier affrontement avec son adversaire diabolique : le combat initiatique contre le Malin qui durera toute sa vie et se terminera sur la croix, avec l’apparente victoire du Diable… Mais trois jour après, l’Esprit fera éclater la pierre du tombeau, ou disons plutôt qu’il la roulera. Et Jésus ressuscitera.

Au matin de la Pentecôte, lors de la mise en œuvre (ou en route) de la mission apostolique, l’Esprit est toujours là. Son souffle puissant a transformé les disciples timorés, qui ont fui dans la nuit du Jeudi Saint et se sont terrés par peur des Juifs, en de solides gaillards groupés comme un seul homme autour de Pierre. Avec ses langues de feu – uniques dans l’histoire biblique - qui couronnent les têtes des onze apôtres, il les envoie vers toute culture et en toute langue, jusqu’aux extrémités du monde.

Dans nos vies de baptisés, il est là. De même que Jésus, lors de son départ vers le Père, a envoyé son souffle sur ses apôtres, l’Esprit est le souffle de nos baptêmes. Il nous propulse vers les béatitudes et vers nos responsabilités de baptisés, tout comme il a propulsé Jésus vers le désert.

Et dans nos communautés chrétiennes aussi, il « devrait » être là. Mais il semble qu’il y soit le grand inconnu, souvent ignoré du peuple qui « vit en Église ». Ils préfèrent les saints tout court au Saint-Esprit de leur baptême qui a ressuscité Jésus d’entre les morts et a jeté ses langues de la connaissance sur les disciples que nous sommes.
Dans le monde à bout de « souffle » d’aujourd’hui, il y a urgence. Et l’Esprit sera là pour peu que nous l’invitions, nous les apôtres envoyés à ce monde de notre quotidien.

L’Esprit ? … Il est urgent de le « personnaliser » et de le faire cheminer à nos côtés, dans nos peines et nos errements comme dans nos joies [5]. Une fois encore, il « descendra » si nous sommes près à l’accueillir…
Alors ne manquons pas de « souffle » dans nos engagements face aux problèmes souvent inextricables de ce monde et aux épreuves qui s’accumulent autour de nous. Ne soyons pas timorés, il en a secoué d’autres !

[1] Le verset 2 du ch. 1 du livre de la Genèse : « La terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de l’abîme ; le souffle de Dieu planait sur la surface des eaux… »

[2] Le Nouveau Testament.

[3] Luc 1:15 : « Il sera grand devant le Seigneur… il sera rempli d’Esprit Saint dès le sein de sa mère. »

[4] Matthieu 1:20 : « Alors qu’il avait formé ce dessein, voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint. »

[5] Vous avez remarqué que l’anagramme de peine est épine ?

Publié le 26 août 2014 par Jean-Pierre Frey