Le témoignage de Jean-Baptiste

3ème dimanche de l’avent

1 – Lectures [1]

Première lecture
Lecture du livre d’Isaïe (Is 61, 1-2a.10-11)
Le Sauveur apporte la joie

L’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et aux captifs la liberté, annoncer une année de bienfaits, accordée par le Seigneur.
Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a enveloppé du manteau de l’innocence, il m’a fait revêtir les vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux. De même que la terre fait éclore ses germes, et qu’un jardin fait germer ses semences, ainsi le Seigneur fera germer la justice et la louange devant toutes les nations.

Psaume : Lc 1, 46b-48, 49-50, 53-54

R/ J’exulte de joie en Dieu, mon Sauveur !

Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

Il comble de bien les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour.

Deuxième lecture
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (1Th 5, 16-24)
Comment préparer la venue du Seigneur

Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus. N’éteignez pas l’Esprit, ne repoussez pas les prophètes, mais discernez la valeur de toute chose. Ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de tout ce qui porte la trace du mal.
Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers, et qu’il garde parfaits et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps, pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. Il est fidèle, le Dieu qui vous appelle : tout cela, il l’accomplira.

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 1, 6-8.19-28)
« Il se tient au milieu de vous »

Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
Et voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je ne suis pas le Messie. » Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Non. — Alors es-tu le grand Prophète ? » Il répondit : « Ce n’est pas moi. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n’es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. »
Tout cela s’est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l’endroit où Jean baptisait.

2 – Homélie

« Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage [2]. »

L’ouverture de ce passage d’évangile constitue une belle présentation de la personne de Jean-Baptiste. Sa provenance est évoquée : il vient d’auprès de Dieu. Son identité est révélée : il s’appelle Jean, c’est-à-dire la miséricorde de Dieu. Grâce à son ministère, il est identifié à l’Envoyé de la fin des temps. Selon les vieilles traditions juives, le règne de Dieu serait préparé par trois grandes figures. Aussi les Juifs du premier siècle attendaient soit la venue du Messie, fils de David, soit celle d’Elie, ou encore celle de Moïse, le grand prophète. Dans cette perspective d’attente et de préparation, Jean est le précurseur de Jésus. Il annonce sa venue. Il est ainsi le témoin de la Lumière. Il atteste que Jésus est véritablement l’Envoyé de Dieu. Il se définit comme « la voix » qui, dans le désert d’un nouvel Exode spirituel, ouvre la route au Seigneur. Sa mission consiste à révéler le Messie aux hommes.

Les fidèles sont les témoins de la Bonne Nouvelle, qui consiste en l’annonce des faits du salut dans l’événement de la résurrection. Témoigner de la Vérité, telle est la vocation de tout baptisé. Témoigner est en effet un engagement par lequel les fidèles disent, font voir, font désirer la reconnaissance divine. Ils apprécient la présence de Dieu au milieu d’eux et font leur sa proposition de vie, d’amour, de liberté, de justice, de partage et de pardon. Cette reconnaissance les constitue signes de la présence et de l’amabilité de Dieu auprès de leurs frères. C’est la mission que s’est assigné le Messie de Dieu dans le livre du prophète Isaïe et que Jésus s’est appropriée au début de son ministère dans l’évangile selon saint Luc : « L’esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et aux captifs la liberté, annoncer une année de bienfaits, accordée par le Seigneur [3]. » La réalisation des promesses divines s’engage dès que Dieu se penche sur les besoins des hommes et vient sauver les pauvres.

Cette Bonne Nouvelle devient source de joie pour ceux qui l’accueillent et en font leur principe de vie. Aussi Paul exhorte-t-il les Thesssaloniciens à toujours être dans une attitude d’allégresse et d’action de grâces : « Soyez toujours dans la joie… rendez grâce en toute circonstance : c’est ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus [4]. » En effet, celui qui met sa confiance dans le Seigneur peut se réjouir : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu [5]. »

A l’instar de Jean-Baptiste, chacun est appelé à devenir témoin du Christ. Faisons rayonner l’amour par la bonté qui nous anime, et traçons la voie vers Dieu. Dans la vérité et l’humilité, nous sommes responsables du bonheur les uns des autres. Saurons-nous accorder à nos frères la dignité qui leur revient ? Devenons aujourd’hui les témoins authentiques du Christ, dans la reconnaissance et le respect que nous accordons aux autres, et contribuons ainsi à les faire grandir.

[1] (c) AELF 2011 www.aelf.org, le site officiel de la traduction française de la liturgie catholique.

[2] Jn 1, 6-8.

[3] Is 61, 1-2a.

[4] 1 Th 5, 16.18.

[5] Is 61, 10a.

Publié le 13 décembre 2011 par Nestor Nongo Aziagbia