Le vide

Le vide dont il est question est celui dont parle la Bible dès la première ligne quand elle dit qu’au commencement la terre était vague et vide (l’original dit « tohu bohu »).

Ce vide ne peut pas être rien. Rien, le non-être par définition, n’a pas de commencement. Pour commencer, il faut exister.

Le vide dont parle la Bible est un appel à ce qui sera à partir de ce qui était « tohu bohu ». Et de fait, « cela fut », continue la Bible : « Dieu dit et ce fut ». Tout le monde sait, à la suite des physiciens, que le vide appelle à être comblé. Ne parle-t-on pas d’appel d’air ? Pourquoi les défenseurs de la laïcité à la française l’ignorent-ils ?

Ce n’est pas d’aujourd’hui que des voix se sont élevées pour montrer le danger que représente le vide de certaines sociétés : une conception de vie dont a disparu toute signification, toute référence à un au-delà gommée, laïcité négative oblige.
En France particulièrement la réponse ne s’est pas fait attendre, comme l’ont fait remarquer des analystes perspicaces. Tous les terroristes ne sont pas des « desperados ». Ils réagissent inconsciemment de façon violente au désespoir, au manque d’espérance de nos sociétés « matérialistes ». C’est un peu comme se débat un animal qu’on va égorger.

Si le vide est insupportable à la nature, à plus forte raison à l’homme. Le vide appelle l’être. La Bible le dit, l’actualité le montre.

Pourquoi les partisans de la laïcité négative ne veulent-ils pas ouvrir les yeux sur ce qui se passe ? Pourquoi continuer à défendre un modèle suicidaire ? La réponse des terroristes n’est certes pas la bonne. Se révolter contre le vide d’une société en la détruisant, c’est ajouter le vide au vide. Comment fait-on pour additionner les zéros ? Retour au vide primitif pour une nouvelle création ?

Rien mieux que Pâques ne le dit. Celui qu’on a voulu nier en anéantissant son image en ce monde, le voilà vivant en celui qu’il a ressuscité. Cela ne s’est pas passé comme à la première création, elle, laborieuse. Cela s’est passé instantanément. « C’est une merveille à nos yeux », dit le psaume 117. Et là, étonnement ! Le vide de la tombe qui signifie le retour au néant, témoigne de la Présence du Vivant à jamais.

La tombe a disparu dans les vicissitudes de l’histoire. C’est ce qui lui était réservé. Ce qui est vide n’a plus de raison d’être. Les constructeurs de tombeaux vides, comme le sont certaines sociétés, devraient y penser. Bâtir un monde qui ait un sens vaut mieux. Il a plus de chance de tenir.

Publié le 5 février 2016 par A. K. sma