Les mémoires du Père Charles Roesch (22e partie)

Le Père Charles Roesch à Tomegbé  [1]

Les fêtes religieuses et civiles
Nos chrétiens aiment faire la fête. Les premières communions, les baptêmes d’adultes à Pâques étaient toujours l’occasion de réjouissances, de chants et de danses à travers le village la nuit durant. Les fêtes patronales de Notre Dame de Lourdes rassemblaient toujours au pied de la magnifique grotte, dans un pan de rocher, comme à Lourdes, une grande partie de nos chrétiens venus en pèlerinage des villages environnants pour participer à la grand’messe en plein air, à l’ombre des tecks.

Le célébrant principal était toujours un prêtre étranger. Ainsi, le 12 février 1984, c’était le Père Emile Amouzou qui présidait et faisait le sermon de circonstance. Concélébraient les Pères Gérard Brétillot et Georges Klein, qui participaient à toutes les fêtes paroissiales, le Provincial Lucien Derr, le Père André Bouhelier, Régional, le Père Charbonnier (Fidei Donum), le Père René Soussia et moi-même. Une autre fois, la messe fut présidée par le curé doyen de Herten, en Allemagne, Albin Blümmel, puis par le Père Otto Essessi, et encore le Père Bernard Bardouillet. L’après-midi nous organisions quelquefois un « rallye », un genre de concours des chorales.

Jubilés, ordinations, premières messes, vœux donnent l’occasion de faire la fête. Le 25 décembre 1983 nous célébrions le jubilé d’argent sacerdotal du premier prêtre de l’Akposso, le Père Bléwussi. A 8h, fanfare et chorale se sont rendus à la maison familiale et l’ont conduit jusqu’au presbytère. C’est là que l’attendait Mgr Kpodzro, avec le clergé : le Père Afan, vicaire général, le Père Bédiakou, ancien curé, les Pères Bretillot et Georges Klein de Badou, le Père Raphaël de Djon, le Père Joseph Bosanto d’Agadji, le Père Soussia et moi-même. Et en même temps un nombre important de religieuses : des sœurs N.D.E, des sœurs d’Ona, des sœurs de la Trinité d’Atakpamé et de la librairie St Augustin de Lomé. L’église était archicomble. Le sermon fut fait par Mgr Kpodzro. Le Père Blewussi s’est adressé aux fidèles après la communion. Son mot était « un appel à l’unité du presbyterium dont le chef dans le diocèse est Mgr l’évêque et nous les prêtres ses membres », un sérieux appel à la communion avec son évêque, camarade d’âge, d’origine, d’école et de séminaire.

Le 2 juillet 1984, nous honorons notre catéchiste principal Louis Akakpo. Il a été conduit en procession de sa maison à Akloa à l’église. Mgr Kpodzro est venu célébrer la messe pontificale et lui a remis la médaille « Bene Merenti » après l’homélie. Puis on s’est rendu en procession au Foyer « Tata Cottez », où le Comité paroissial a offert le repas de fête.

Le 27 décembre 1984, encore une grande fête, en l’honneur cette fois-ci des 25 ans de sacerdoce de Mgr Kpodzro. A 10h, la communauté paroissiale s’est rassemblée au domicile paternel de Monseigneur, à quelques pas du presbytère, et l’y a accueilli. On se rendit à l’église aux accents de la fanfare. Beaucoup de spontanéité de la part des femmes qui laissent éclater des clameurs d’enthousiasme. Présence de nombreux prêtres et religieuses. Homélie du Père Emile Amouzou. Participation des chorales Sainte Cécile de Tomegbe, Marie Immaculée d’Akloa, et de celles de Badou, de Kessibo, de Dzodzi, sans oublier la chorale évangélique de Tomegbe. Le repas a eu lieu au Foyer « Tata Cottez », où ont été aussi invités le chef chrétien et le catéchiste principal de chaque station.

Visite de Jean Paul II au Togo
Du 17 juin au 6 août 1985, ce fut une période pastorale extraordinaire. Le 17 juin, à Atakpame, Monseigneur demande à tous les prêtres d’appeler les chrétiens à la conversion pour la venue du Saint Père au Togo. Nos chrétiens ont réagi avec foi à cette invitation. Le signe le meilleur est la régularisation de 70 foyers dans notre district de Tomegbe. Ceci faisait en six semaines autant de célébrations de mariages religieux que durant les dix années précédentes. Les prières indiquées par l’évêque ont été suivies, surtout le chemin de croix et le chapelet.

Le 7 août, 30 adultes sont partis de Tomegbe, ont passé la nuit en prière à Atakpame, avant de prendre le train au matin pour accueillir le Saint Père et assister à la grand’messe célébrée par lui et concélébrée par tous les évêques et prêtres du Togo et même de certains pays voisins, Bénin et Ghana, sur l’esplanade de la Maison du RPT à 16 heures.

Après sa visite dans la Kozah et le pays kabiais, le pape s’est rendu l’après-midi au sanctuaire marial de Togoville, où il a reçu les salutations d’un grand prêtre de la Forêt sacrée. Une délégation de 30 jeunes de Tomegbe s’y était aussi rendue. La dernière activité fut la visite et la rencontre des fidèles à la cathédrale de Lomé, où le Pape a évoqué la mémoire de Mgr Jean-Marie Cessou, vicaire apostolique en1923, et de Mgr Joseph Strebler, premier archevêque de Lomé en 1955.

La visite du Pape au Togo, en 1985, fut l’occasion pour Mgr Kpodzro de créer les quatre premiers doyennés du diocèse : Atakpame, Notse, Tomegbe et Anié. C’est à ce moment que je fus nommé avec le Père Améganvi dans le conseil presbytéral, et en même temps doyen du nouveau doyenné de Tomegbe, (et ensuite dans le conseil épiscopal).

La profession religieuse de Sœur Odile-Marcel le 5 octobre 1985
Fête de la profession religieuse perpétuelle de Sœur Odile-Marcel Edzimi dans la congrégation de Peltre, fille de Tomegbe, d’une famille parente de l’évêque. A 8 h les fidèles se rassemblèrent près de la maison de ses parents à quelques pas du presbytère, où ils la conduisitrent. De là elle est conduite en procession à l’église avec Mgr Kpodzro, les prêtres et les religieuses venus très nombreux. Une place fut faite aux coutumes traditionnelles du mariage, avec les acclamations poussées par les mères chrétiennes. Les agapes fraternelles eurent lieu dans la cour du presbytère. Le comité avait invité, entre autres, les catéchistes et la Hamedada, la mère chrétienne de chaque station secondaire. Le préfet et le chef de canton avaient répondu à leur invitation. Sœur Odile, infirmière d’Etat, deviendra après quelques années la provinciale des sœurs de Saint André de Peltre au Togo.

A suivre

[1] Suite du n° 3/2013.

Publié le 9 octobre 2013 par Charles Roesch