Les rochers de Landstuhl

Le site
On y voit deux rochers de grès bigarré entre lesquels coule la source ; ils sont sculptés de bas-reliefs aujourd’hui très érodés. Mais on a aussi trouvé à cet endroit des représentations de Mercure, Rosmerta et Jupiter. En dessous du site, une officine de céramique produisait, au IIIe s. ap. J.-C., des cruches à anse et de petites bassines pour laver les yeux. Alentours, d’autres traces attestent l’occupation.

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Landstuhl. La source miraculeuse.
Photo Marc Heilig

La source, entre les deux rochers, coule aujourd’hui dans une canalisation de bois. L’eau se répand au pied des blocs sculptés. Elle devait remplir un bassin semi-circulaire dont on voit encore, sous les feuilles et l’humus, l’arc que forme le rebord à droite. On ne saurait dire de quelle époque date ce réservoir, ni quelle est sa profondeur. Des fouilles seraient nécessaires. Le sanctuaire antique devait toutefois être aménagé d’une façon semblable afin de recueillir l’eau bénéfique [1].

Les rochers
Sur le rocher de gauche est représentée une frise de personnages assis et debout. Au centre sont assises trois femmes. Ce sont les Matronae, qui symbolisent la fertilité et la bénédiction ; chacune porte une corbeille de fruits sur les genoux, comme d’ordinaire sur leurs représentations.

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Landstuhl. Le rocher de gauche.
Photo Marc Heilig
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Landstuhl. Le rocher de droite.
Photo Marc Heilig

Le second rocher comporte des figures plus complexes dans des niches. Dans l’une, une femme assise, peut-être Rosmerta, drapée dans sa robe, tenait quelque chose sur ses genoux. Dans une autre, Mars, debout et casqué, tient une lance et tend une patère vers un autel. En haut, un prêtre fait une offrande sur un autel entre deux hommes vêtus d’un manteau.

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Landstuhl. Un prêtre fait une offrande sur le rocher de droite.
Photo Marc Heilig
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Landstuhl. Mars sur le rocher de droite.
Photo Marc Heilig

Pourquoi ouvrir notre dossier sur les dévotions populaires par ce sanctuaire ? C’est que les sœurs catholiques de l’orphelinat de Landstuhl utilisaient encore ces eaux après la 2nde Guerre Mondiale : des analyses ont en effet montré qu’elles contiennent du bore, dont les vertus antiseptiques sont connues depuis longtemps. Cet exemple régional montre que certains lieux sacrés poursuivent leur activité par delà les civilisations et les religions. Après tout, puisque l’on était guéri, peu importait par qui… Les vicissitudes du temps pouvaient bien changer le nom des divinités qui dispensaient les forces guérisseuses, celles-ci n’en restaient pas moins fondamentalement immuables dans l’esprit des fidèles.

[1] Landstuhl est en Rhénanie-Palatinat, entre Sarrebruck et Kaiserslautern. Malgré le climat particulièrement pluvieux de la région, ce site archéologique peut être l’occasion d’une belle promenade en forêt. A Landstuhl, suivre la direction de Kindsbach : passer devant la gare et continuer tout droit. La route traverse alors une zone commerciale, fait un angle droit et aboutit à un rond point. Suivre toujours Kindsbach. A 200m environ du rond point, une petite place à droite permet de se garer. Prendre le chemin qui s’enfonce dans la forêt perpendiculairement à la route. Environ 500m plus loin, le chemin contourne un étang. Lorsqu’on en a presque fait le tour, un sentier, à droite, monte jusqu’au site.

Publié le 28 juin 2011 par Marc Heilig