Les titres de Jésus, le Juif, dans les évangiles et selon les traditions juives

Exergue

Tu brises notre foi, me dit-on sans cesse, mais je trouve qu’il faut sortir d’un certain confort fidéiste. Alors je cherche à comprendre. Fides quaerens intellectum, ma foi est donc à la recherche de la lumière [1]. D’où mes questionnements.

Introduction
les traditions en Israël

le terreau où a germé le christianisme

Contexte
La longue histoire des Juifs et les traditions qui en sont issues recèlent forcément plusieurs courants de pensée. Jésus, son groupe et les évangiles s’inscrivent parmi ces courants et entrent souvent en conflit avec certains d’entre eux [2], issus surtout du 2e Temple. Ces controverses, que nous connaissons, sont présentes dans les évangiles.

Il faut reconnaitre et admettre que Jésus est d’abord un Juif, qui vit comme un Juif [3], avec des nuances (!) dans ce que l’on appelle le « cacherot ». Les évangiles se présentent alors comme des témoins de la vie et de la parole de Jésus dans et pour un milieu juif d’abord, tout en indiquant une certaine rupture.

Un des objectifs premiers des évangiles est de montrer comment Jésus va accomplir ce que les Prophètes, les Psaumes et l’Écriture avaient « prédit », ou prévu ou annoncé. Ce qui montre que ce Jésus de Nazareth était profondément intégré dans les traditions du peuple juif et dans son histoire, tout en entrant dans une nouvelle perspective vers un accomplissement personnel de la tradition sans s’opposer à elle. Il ne fait qu’accomplir [4]. C’est cela qui est mal compris par les autorités du Temple, et même par les disciples.

Les titres
Les trois titres que l’évangile donne à Jésus, et que nous allons présenter, sont les fruits de ces traditions venues des Prophètes et des Psaumes, ainsi que d’autres livres de la Bible hébraïque. Marc [5], dans le début de son évangile, présente ainsi les trois titres fondamentaux de Jésus :
1. Il est Messie ou Christ [6] (Mc 1, 1)
2. Il est le Fils de Dieu (Mc 1, 1.)
3. Il est le Fils de l’homme (Mc 2, 5 et 14, 62).
Nous allons voir tour à tour ces trois titres, leur donner un sens et montrer leurs racines.

[1] Une traduction possible de cette phrase latine.

[2] Sacerdoce du Temple, sadducéens, pharisiens et, plus éloignés, esséniens, Qumran etc.

[3] Circoncision, casher… mais moins d’attrait pour les purifications rituelles.

[4] On appelle cela le « midrash ».

[5] On peut se poser la question : pourquoi Marc ? Tout simplement parce qu’il est le premier évangile que nous ayons.

[6] Qui dit Messie ou Christ parle d’un personne qui a reçu l’onction royale.

[7] 1S 10. 1.

[8] Ou « héritage ».

[9] Comme dans la vision de Daniel.

[10] On attendait cela de Jésus, un roi qui libèrerait des Romains.

[11] Dn 7, 9-14.

[12] Mc 2, 23-27.

[13] Jésus se nomme bien comme tel depuis le début en Marc : Le Fils de l’homme », et non le Fils de Dieu.

[14] Exactement comme dans la vision de Daniel.

[15] Comme on dit maintenant.

[16] Mc 2, 5 et 10 : les pouvoirs du Fils de l’homme.

[17] Pierre Lenhardt, L’unité de la Trinité à l’écoute de la tradition d’Israël, édité par le collège des Bernardins.

[18] Ceux des Actes.

[19] Cf. en Actes 15 les décisions de l’assemblée de Jérusalem. Citations d’Amos sur la royauté déchue : voir notes « n » et « o » de la TOB sur une universalité au-delà des rites.

[20] Qui fut mon guide pour cet article.

[21] Édition du Cerf.

[22] Andersglaübige, disent les Allemands.

Publié le 27 octobre 2016 par Jean-Pierre Frey