Lettre de Tanzanie. Mwanza

Une belle histoire des origines
Après avoir atterri la nuit à l’aéroport de Dar-es-Salaam, vers 22 ou 23 heures, je prends un taxi qui m’amène chez les Pères Blancs à Atiman House. Cette construction est une des six premières en dur, édifiée en 1899 sous la surveillance du Sultan Majid bin Seyya Saïd (Oman – Zanzibar). Il voulait que ce palace, ce fort, soit un « havre de paix », Dar es Salaam. Sa sœur Salme, très émancipée, après être tombée enceinte d’un marchand allemand, a dû s’enfuir. Devenue chrétienne, Emily Ruete mourut en Allemagne en 1924.

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Le Lac Victoria.
Photo Jean-Marie Guillaume

Les Pères Blancs s’établirent dans cette demeure en 1921. Atiman est le nom d’un enfant de dix ans racheté de l’esclavage au Mali par les Pères Blancs en 1876. Après des études primaires et secondaires à Alger, on l’envoie au Medical University de Malte pour être médecin-catéchiste. Atiman, avec d’autres missionnaires de la 7ième caravane, arrive au Tanganyika en 1889. C’est le premier docteur africain ayant étudié la médecine moderne à travailler dans ce pays. A son jubilé de présence en 1939, il soigne encore 4 000 patients par mois. Atiman décède en 1956 à l’âge de 90 ans.

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Le Lac Victoria.
Photo Jean-Marie Guillaume

La Maison Régionale de Mwanza
De la Maison Régionale de Mwanza, située à mi-chemin entre le centre ville et l’aéroport, on aperçoit le lac Victoria. C’est le deuxième lac du monde par sa superficie, environ 69 000 km², renommé entre autre pour ses perches du Nil. Quand vous prenez l’avion pour Mwanza, on vous dit avec envie : « Vous allez manger du poisson ! » Lorsque les habitants de Dar [1] viennent à Mwanza par avion, ils repartent avec des seaux remplis de poissons, moins chers qu’au bord de la mer.

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La maison régionale SMA de Mwanza.
Photo Jean-Marie Guillaume

Au début, la Région comptait une dizaine de membres. Au fil des ans, le nombre augmentant, il fallut ajouter des chambres. Maintenant sont disponibles, en plus de celle du supérieur et du Père hôtelier, 17 chambres et 21 lits. Quand nous avons nos rencontres générales, en décembre et en mars, nous accueillons une trentaine de membres, y compris les missionnaires laïques, au nombre de cinq.

Engagement des laïcs missionnaires
Sur Mwanza, Marga, des Pays Bas, est responsable de Upendo Daima, qui s’occupe de l’éducation d’une cinquantaine d’enfants de la rue, du primaire au secondaire.
Jean, des USA, enseigne à Shalom aux enfants dont les parents sont morts du sida, ou qui sont eux-mêmes sidéens.
Corinne, des Pays Bas, a initié The Lulu Project pour accompagner les filles n’ayant pas terminé l’école et en danger d’aller vivre dans les rues. Chaque jeune fille a un grand prix aux yeux de Dieu, comme la perle rare (lulu) pour ce marchand dans Mt 13, 46.
Plus loin, à Bugisi, Yola, de Pologne, est rofesseur au collège Don Bosco, et Béata, également de Pologne, sage-femme au dispensaire.

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Eglise de la paroisse de Mwanza dessevie par la SMA.
Photo Jean-Marie Guillaume

La paroisse de Pasiansi, où nous résidons, abrite déjà deux églises et envisage d’en ériger une troisième là où de nombreux fidèles s’agglutinent dans une salle du collège. Cette paroisse, desservie par des SMA pendant l’année scolaire, invite des prêtres étudiants de l’université catholique Saint Augustin pour les célébrations dominicales.
Les SMA travaillent dans 6 paroisses, deux dans chacun des diocèses de Mwanza, Shinyanga et Arusha. Les confrères viennent des quatre coins de l’horizon ! Philippines, Amériques, Afrique, Europe... Ils vivent en communautés internationales et essaient de pratiquer l’interculturalité.
La maison enregistre nombre de passages : confrères venant en ville pour différents achats, se soigner ou souffler un peu, responsables de différentes entités représentées dans la Région, et aussi des Pères non sma, des Sœurs devant prendre l’avion… Certains séminaristes sma de Naïrobi, l’année où ils ne vont pas en congés, viennent en Tanzanie pour les vacances de Noël, d’autres plus longuement en juin – juillet. Ils sont répartis dans les différentes missions. En tout cas, tous apprécient la cuisine de Mama Doli, surtout son poulet braisé tandoori-masala ! Karibuni Tanzania !
(décembre 2013)

[1] Dar-es-Sallam, la plus grande ville de Tanzanie, est le centre économique du pays. Elle en a été la capitale jusqu’en 1973.

Publié le 7 avril 2014 par Robert Wolff