Lettres de Côte d’Ivoire. Kombolokoura

Jubilés
L’année qui vient de s’écouler a été particulièrement remarquable puisque Dieu m’a accordé la grâce de célébrer mon Jubilé d’Or au milieu de ceux qui me tiennent à cœur. Je pense particulièrement à ma famille, ma paroisse d’origine, mes paroissiens, mes confrères de Côte d’Ivoire et de France et aussi les nombreux amis qui me soutiennent dans mon ministère et mes œuvres auprès des plus déshérités.

JPEG - 77 ko
La maison SMA d’Abidjan.
Photo Pierre Kunegel

Le 24 février, grand branle-bas à la Mission, C’est le jour anniversaire de mon ordination. Déjà la veille au soir, les gens des villages les plus éloignés se sont présentés et le tam-tam a résonné toute la nuit. Puis arrivent les invités de Korhogo et d’ailleurs, parmi eux 4 prêtres du diocèse de Katiola, le Vice-Régional d’Abidjan, les Pères de Korhogo, les chefs de village, les notables et bien d’autres invités. Tout l’espace de la mission était « envahi ».
Le mercredi après Pâques, le Père Dario Dozio, notre Supérieur Régional d’Abidjan a organisé la fête des Jubilaires. Le Père Rapetti, qui a quitté la Côte d’Ivoire pour un poste en Italie, est revenu célébrer avec moi au milieu d’une foule de chrétiens du quartier. Ce fut une célébration très animée et joyeuse.

La vie dans les villages
Pour les moments importants qui ont marqué la vie de la Mission, il y a eu tout d’abord le contact avec les Protestants que j’ai sollicités pour la distribution de vivres envoyés par le PAM [1] via la Caritas. J’ai demandé qu’ils fassent une liste des plus nécessiteux, incluant Protestants, Catholiques et Musulmans. Celui qui fait office de Pasteur a eu la charge d’organiser la distribution. Ce geste a été apprécié et a eu comme conséquence que j’ai pu aller au Temple m’adresser à eux. C’était pour moi l’occasion de faire un geste d’ouverture et de dissiper la méfiance entre les communautés.
En janvier, j’ai sollicité Laurent Gnou, séminariste « Missions Africaines », originaire du Togo et stagiaire chez le Père Ramon à Korhogo, pour qu’il vienne visiter un certain nombre de villages et parler du projet missionnaire de notre Société en Afrique. Son exposé était pertinent et les gens, qui ont apprécié ses explications, se sont montrés généreux.

JPEG - 47.3 ko
Les églises de la mission de Kombolokoura sont très fréquentées.
Photo Pierre Kunegel

A mon retour de France, le travail a recommencé dans ma mission, malgré la grosse chaleur. Il a plu jusqu’au 31 octobre au soir, avec quelques petits souffles d’harmattan vers midi. La saison des pluies a tellement duré que même les fraisiers, qui donnent d’habitude en avril, sont déboussolés et ont recommencé à fleurir avec le soleil qui apparaît enfin !
Le 3 novembre, messe à Kombolo avec une assistance convenable. Après la messe, je me rends à Dassoungboh pour une autre célébration. Quelle surprise devant la foule qui m’attendait ! La chapelle de 350 places était comble, des gens restaient dehors. Il y a eu 80 communions de distribuées. A la fin de la messe j’ai accueilli près de 60 nouveaux qui désirent faire partie de la communauté. On m’a présenté également une bonne vingtaine de bébés pour que je les bénisse.

La pastorale passe par les enfants
A la sortie de la messe, une autre surprise de taille. Le maître musulman de l’école de Nidyon, où j’ai construit une salle de classe, se présente à moi : « Mon Père, je suis venu ici pour la messe. Tous les dimanches je vais, avec les enfants, dans la chapelle de Nidyon. J’aimerais que vous me donniez des prières à faire apprendre aux élèves. » Je lui ai promis de lui en fournir rapidement.
Le lendemain, comme l’école a repris, je me rends à Nidyon pour aller porter des crayons, gommes, crayons de couleur, bics… pour les enfants, ainsi que les prières que le maître m’avait demandées. En arrivant, je les trouve sagement assis sur leurs bancs. Ils sont moins nombreux car certains parmi les plus petits ont redoublé et se retrouvent dans un entrepôt avec quelques nouveaux élèves. Le maître, qui fait maintenant office de Directeur, m’y conduit. Il y a là un jeune homme qui enseigne bénévolement ; le « Directeur » me signale qu’il vient de chez les protestants Baptistes, mais qu’il a, lui aussi, décidé de venir à l’église avec les enfants depuis la rentrée scolaire et qu’il désire leur enseigner les prières.

Voilà quelques unes des merveilles que le Seigneur accomplit au milieu de son peuple. Je le remercie chaque jour de m’avoir choisi comme témoin de son action dans le cœur des hommes.

[1] Programme Alimentaire Mondial.

Publié le 7 avril 2014 par Pierre Kunegel