Liberté. Egalité. Fraternité.

« Attendre d’en savoir assez pour agir en toute lumière, c’est se condamner à l’inaction. » Jean Rostand.

Il y a quelques années paraissait un petit article qui s’adressait « aux optimistes incorrigibles et aux croyants inoxydables ». Il présentait une assez énorme utopie, que d’aucuns trouvèrent simplement farfelue, d’autres irréaliste ou encore trop chiche pour la place de la culture. En fait, il invitait les gens fortunés, et d’abord les hauts responsables politiques, économiques, religieux... à partager leurs biens par la moitié pour en faire bénéficier les nécessiteux. Il se terminait par les mots : Utopie certes, mais sans utopie, pas d’avenir !

Choquant !
Une telle idée, plutôt neuve et introuvable dans les « grands » médias, choquait bien des gens. Seulement, depuis lors, au grand étonnement des sceptiques et des ricaneurs, on apprenait que tel ou tel Bill Gates faisait don de quelques milliards de dollars à des fins dites humanitaires. La logique du profit pour lui-même, loi implacable jusqu’alors, allait-elle enfin s’effriter ?

Un revenu de base inconditionnel.
Pendant ce temps, des colloques internationaux s’organisaient dans des pays voisins pour définir et mettre en place, à terme, un revenu de base inconditionnel, c’est-à-dire destiné à tout humain dès sa naissance. Les participants à ces travaux, ni altermondialistes vaporeux ni théoriciens rêveurs, se trouvent être des chefs de grandes entreprises ou de chaînes de magasins, ou encore des gérants de banques alternatives. La première impulsion avait d’ailleurs été donnée par Götz Werner, un gérant de l’importante société allemande DM-Drogeriemarkt. Banque alternative en France, la NEF s’intéresse à ces travaux ; de même Banca Etica (Italie), FIARE (Espagne), TRIODOS (Pays-Bas), ainsi que l’importante Gemeinschaftsbank (Allemagne), entre autres.

Crise oblige.
Très rares sont les publications à ce sujet en France, où il importe d’autant plus de signaler un article dans la revue Biodynamis [1]. Il souligne les avantages insoupçonnés générés par une telle initiative, le principal étant certainement de procurer à tout citoyen une marge de liberté à peine imaginable aujourd’hui. Toutes ces considérations pourraient nous paraître extravagantes et lointaines si « la crise » ne nous obligeait à réfléchir sans idées préconçues, à repenser de fond en comble les données actuelles de la conjoncture mondiale, en laissant au placard aussi bien le mythe de la croissance que le souci, illusoire, de rassurer les marchés financiers.

Un salaire de vie.
C’est Pierre Andrillon, le rédacteur en chef du mensuel Votre santé, qui ose ouvrir les perspectives d’un changement radical, un véritable changement de cap, pour la gestion des affaires humaines dans le vaste monde. Il montre en effet un chemin, dur mais efficace, pour maîtriser cette crise, et indique comment et dans quel contexte un salaire de vie serait envisageable et possible [2].

Mais commençons par y croire.
Debout les inoxydables !

[1] Hors-série n°9, mars 2007, Biodynamis, 5 place de la Gare 68000 Colmar. www.bio-dynamie.org

[2] Ci-après, vous lirez son texte in extenso.

Publié le 22 mars 2012 par Fernand Kochert