Marie, femme et mère

C’est le temps des C. V. et des parcours…

Marie, elle n’est pas tout à fait comme nous, puisqu’elle est sans péché. Elle est pourtant si proche de nous dans son quotidien, exposée à toutes les épreuves de la vie, et elle est bien plus disponible que nous. En effet…

Quelle femme portant le fils venu d’en haut se laisserait mener comme une étrangère dans la nuit de Bethléem aux portes closes pour accoucher dans une grotte du Fils de Dieu le Très Haut, comme on dit en Israël ?

Elle est et elle restera l’humble et simple femme de Nazareth, l’épouse de Joseph le charpentier, parce que Dieu, en personne dans son Esprit, s’est penché sur la petitesse de sa servante. Car elle fait partie de ceux que Jésus, son Fils, appelle dans l’évangile « ces petits qui croient en moi » et qui, par leur petitesse même, sont au service du Royaume.

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Batik représentant Marie avec l’enfant sur son sein et jouant de la cithare.
« Mon âme exalte le Seigneur. »
Photo Marc Heilig

A Cana, elle est la mère qui révèle son cœur de miséricorde et voit la détresse de leur hôte. Au Golgotha, c’est la mater dolorosa, la mère saisie et transpercée par toutes les douleurs de ce monde, comme l’a dit Syméon, le vieillard du Temple [1]. Après l’Ascension, au milieu du cénacle, elle devient la discrète mère de la consolation pour ces disciples en désarroi, fatigués et vidés par la peur. Elle les prépare et déjà les enflamme dans l’attente du Consolateur. Et la voici, à la Pentecôte, mère de la communauté qui accueille, comme elle l’a fait jadis à Nazareth, le souffle de l’Esprit de feu qui descend et illumine enfin les disciples.

Et puis on n’en parle plus dans les écrits de la révélation. Sa mission est terminée : elle est la mère de Dieu qui a accompli sa vocation de Femme, de Mère et de Servante ! Mais comme elle fut présente dans les premières communautés apostoliques ! A Ephèse, dit-on, où se trouve encore sa maison aujourd’hui… Et toujours elle continue à cheminer parmi nous comme la plus « fidèle » des mères, anonyme et discrète bien que parfois un peu tonitruante par ses apparitions.

Marie, la mère de gloire… Jésus a été glorifié sur la croix, dit Jean, l’apôtre bien-aimé, et Marie sa Mère l’a été avec son fils et en lui, dans une humilité et une discrétion absolues. Toujours en Jean l’Évangéliste, Jésus monte vers la gloire du Père, avec Marie sa Mère. Le temps importe peu, ni le lieu, avant, après, ou à la fin. C’est l’état qui compte. Marie, la Mère de Dieu, a été glorifiée dans la même glorification que son fils en ce vendredi du salut. Elle s’est endormie, longtemps après, dans le sommeil de la mort, comme bercée par des anges au milieu des fils et filles des communautés qui, comme nous, « font mémoire », toujours encore, de Marie la Mère de Dieu et la servante des hommes.

Oui ! Selon une vénérable tradition, elle s’est « endormie » dans la mort. Marie, la mère vénérée du Sauveur, présente sous la croix, est ainsi devenue Marie notre mère glorieuse, assise à la droite de son Fils.

Le « comment », c’est l’affaire de Dieu et c’est un appel à notre foi.

[1] Luc 2. 35.

Publié le 5 septembre 2016 par Jean-Pierre Frey