Mon expérience de la formation

Se former à la Mission

En jetant un regard en arrière, en tant que séminariste et aussi formateur, je me rends compte qu’au plan structurel, tout ou presque est mis en place dans la SMA pour une formation humaine, affective, intellectuelle, spirituelle, communautaire et pastorale réussie.

Les valeurs à construire au cours de la formation sont clairement élaborées et définies. Une culture de la recherche est mise en place au plan académique. La difficulté se trouve au niveau de l’appropriation personnelle des valeurs et de la réconciliation des théories avec la réalité.

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Albert Kouamé et des paroissiens.
Photo Y. Hidech

Ce niveau fondamental du travail de formation est souvent considéré comme allant de soi, ou sacrifié sur l’autel des priorités et de la pression académiques. Parfois, en tant qu’étudiant, on rechigne à faire ce travail exigeant, difficile, qui expose notre fragilité, notre vulnérabilité et notre insécurité chronique. On préfère l’éviter soigneusement. Parfois c’est le formateur qui n’est pas suffisamment sensibilisé à cette problématique ou équipé pour motiver et aider les étudiants à y travailler. On ne travaille donc pas les naïvetés, les fuites en avant, les résistances devant les conflits de valeurs individuelles, spirituelles, ecclésiastiques, SMA etc. On ne travaille pas assez les aspects psycho-affectifs, surtout devant les échecs, les hostilités et les rejets.

Du coup, sur le terrain de la vie quotidienne, on n’est pas toujours bien préparé à affronter le décalage entre les théories apprises et la réalité. On est difficilement capable de produire dans les situations délicates les réponses sages, créatives et judicieuses qu’on n’a pas apprises. En clair, les structures sont en place, mais leur utilisation dynamique reste à améliorer.

Publié le 26 août 2013 par Albert Kouamé