Noël dans les familles et la communauté tamoules du diocèse de Strasbourg

En Inde, Noël est célébré avec faste bien que les Chrétiens soient minoritaires. La présence de différentes religions et de leurs fêtes particulières unit les gens partout dans le pays. Les Tamouls représentent l’un des plus grands groupes ethniques dans le monde.

Le Noël des Tamouls

Les Tamouls ont diverses fêtes, mais Noël invite à la pureté extérieure aussi bien qu’intérieure. Nettoyer et blanchir les maisons, acheter de nouveaux habits pour tous les membres de la famille et surtout pour les enfants... ce sont les occupations habituelles en cette période. Les femmes se lèvent très tôt le matin, elles font un grand ménage dans toute la maison et dessinent avec des poudres colorées des kolam devant leur porte. On prépare les plats que l’on partagera avec des amis, qu’ils soient chrétiens, hindous ou musulmans, mais aussi avec les ouvriers. Le bonus que chacun reçoit de son employeur pour Noël aide à faire de cette fête une grande célébration.

Cette propreté de la maison n’aurait qu’une portée ordinaire si la recherche d’une certaine pureté intérieure ne venait lui donner tous son sens. Les fidèles assistent à la messe de minuit ou à celle du lendemain. Cet aspect sacré de la fête a été préparé par des confessions et des prières. Il trouve son point d’orgue dans le dîner de Noël, qui est un grand moment de partage et de paix avec la famille et les amis.

Dans ma région Thalavady, à la frontière du Tamil Nadu et du Karnataka, la messe de la veille de Noël commence vers 19h et se termine à 20h 30 parce que des éléphants sortent des forêts vers 21h 30. Ils détruisent les récoltes, ils entrent même dans des villages. Chaque année des gens perdent la vie à cause de leurs déprédations.

Dans toutes les églises on arrange la crèche avec le plus grand soin et beaucoup de goût. Certains hindous se rendent à la messe pour obtenir la bénédiction de Noël et voir les crèches. D’autres viennent après la messe du jour de Noël pour la bénédiction de l’Enfant Jésus et de la Vierge Marie. Prêtres et diacres sont fort occupés à bénir les gens. Les chants de Noël se font entendre un peu partout. Les chorales vont de maison en maison et prient avec les membres des familles, même celles qui ne sont pas chrétiennes. Les gens font une petite offrande en l’honneur de l’Enfant Jésus.

Le Docteur Samy célèbre le Noël d’une façon spectaculaire. M. Arokia Samy est un dentiste qui habite Poonamallee, à Chennai, entouré de musulmans et d’hindous. Sa clinique est ouverte à tous, sans distinction de religion. Chaque année, il réalise devant son cabinet une crèche, toujours nouvelle, qui lui coûte environ 400 euros. Son but de montrer que Dieu prend forme humaine pour nous représenter que la vie est quelque chose de merveilleux et que nous sommes tous les enfants d’un même Dieu.

Célébrations dans l’Archidiocèse de Strasbourg

Notre messe de Noël en tamoul est suivie d’Oli Vizha, la Fête des Lumières. A cette occasion, chaque famille chrétienne apporte quelque plat qu’elle a préparé pour partager avec les autres. Tout le monde est invité à notre Fête des Lumières : hindous, bouddhistes, Tamouls de diverses origines ainsi que nos amis français. Des programmes culturels sont présentés. Préparés par les enfants, les jeunes et les adultes, ils montrent qu’en partageant nos talents nous pouvons ensemble recréer un monde meilleur. Ceux qui participent aux activités reçoivent des prix et les enfants des chocolats.

Nous nous souvenons toujours de ceux qui sont moins privilégiés que nous et qui n’ont pas les moyens d’un bon repas, même pour une fête comme Noël. Les communautés de Strasbourg, Colmar et Mulhouse ont reçu des prêtres qui travaillent en Afrique et en Inde, et qu’elles ont soutenus de toute sorte de façon. En 2013, pendant les célébrations de Noël, nos communautés tamoules ont pensé aux enfants que la guerre civile au Sri Lanka a rendus orphelins. La communauté catholique de Mulhouse a pris les devants en recueillant des fonds qui ont été remis sur place à ces enfants par les prêtres OMI. Les communautés catholiques de Strasbourg et Colmar aident aussi les enfants pauvres pour leurs études, l’obtention du permis de conduire ou pour améliorer leur vie difficile.

Publié le 17 décembre 2015 par Francis Kalan Madhan