Noël ou l’Emmanuel à portée de main

Dieu enfin est descendu de son ciel
Mais il s’est d’abord arrêté au Sinaï
Il y a un certain temps déjà
Il y jouait avec le tonnerre et les éclairs
Comme un moderne rocker
Avec sa bande et sa batterie
Il a joué…
A faire peur aux pauvres juifs
égarés dans le désert.

De nuit ils avaient échappé
A la férule pharaonique
Et les voilà face à Yahvé tonitruant
Sur le chemin de l’exode
Vers une terre promise
Sans lendemain apparent.

Et bien plus tard
Dieu, lui-même
est descendu tout bas
Il est devenu l’un de nous
Un homme-Dieu
Cela est tellement rare
Dans les religions du monde.

Et cela s’est passé
à Bethléem la cité de David
Où il n’y a guère de palais
Et plus de place à la maison communale
Alors il est né au milieu des moutons,
Lui, le berger du monde
C’est normal.

Mais voilà que nous l’avons sur les bras
Ce Dieu descendu plus bas
Ce Verbe fait chair de notre chair
En cette étrange nuit
Dans cette étrange grotte
Au milieu de ces visages hirsutes
Il aurait pu naître comme tout le monde
Et il aurait pu naître ailleurs.

Oui
Il aurait pu naître ailleurs
Mais où… puisque les portes étaient verrouillées
Et les fenêtres fermées
Et la salle commune trop pleine pour un accouchement ?

Alors cet ailleurs il est là
Dans cet abri à bêtes
En cette nuit
Au milieu de ces pauvres gens
Sans prétention.

Il paraît que c’est là le plan de Dieu
Pour qu’on ne puisse pas dire un jour
Que ce Jésus Fils royal de David
Est le Dieu des riches et des nantis
Si loin des pauvres gens que nous sommes.

Et pour bien montrer que cet ailleurs est là,
Dieu a fait donner l’orchestre
Oui, en pleine nuit
Et ce sont les anges qui ont dansé
Devant les bergers ébahis
Dans un Hollywood céleste
Au ciel illuminé
Bien mieux que sur le Sinaï.

C’était le plan de Dieu et c’était bien joué
Mais quand même
Voici qu’à présent ce petit est à nous
Et il faudrait l’élever, ce petit de Dieu
Mais Joseph va s’en charger
Et Il faudrait l’éduquer, ce petit d’Israël
Mais la vie va s’en charger.

Et cela commence déjà
Quelques jours après
Les mages venaient
De partir tous azimuts
En laissant leurs étranges cadeaux
La myrrhe, l’or et l’encens
Mais ce ne sont pas des jouets pour enfants
Il y a quelques jours
Lorsque l’ange du Père secoue Joseph en pleine nuit
Et lui dit : « Vas-t-en avec l’enfant et sa mère
Et fuis vers l’Égypte lointaine. »

C’est toujours la nuit que ces choses-là se passent
Pour les juifs et leurs camarades recherchés
Sous toutes les tyrannies du monde
C’est dans la nuit que des forces du mal
Sont à l’affût
Nuit noire et nuit des cœurs.

Oui, son éducation a commencé
A quelques jours de sa naissance
Par cette nuit de la fuite vers l’Égypte
Et cela va durer encore et encore
Toute sa vie
Pour se terminer sur une croix.

Pour le Verbe qui s’est fait chair
C’est un peut fort
Car c’est lui qui a créé le monde avec son Père
Et la femme et l’homme à l’image de ce Dieu
Mais ceci est une autre histoire.

Et la réponse viendra au matin de Pâques
A la sortie d’une longue nuit
Où les forces du mal semblaient triompher
Et qui a commencé le jeudi
Dans La nuit de Gethsémani.

Il ne faut jamais désespérer
Même si les forces du mal sont à l’affût
Dans la nuit du monde
Encore aujourd’hui.

Dieu reste à notre portée
Emmanuel – Dieu avec nous
Car il est né l’un de nous
dans une nuit
Éclairée.

Publié le 29 avril 2015 par Jean-Pierre Frey