Nous avons enfin un Président parfait

Christ Roi

Première lecture
Lecture du livre d’Ezékiel
Dieu, roi et berger d’Israël, jugera son peuple. (Ez 34, 11-12. 15-17)

Parole du Seigneur Dieu : Maintenant, j’irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d’obscurité. C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, déclare le Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice. Et toi, mon troupeau, déclare le Seigneur Dieu, apprends que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs.

Psaume
(Ps 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Deuxième lecture
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
La royauté universelle du Fils. (1Co 15, 20-26. 28)

Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection. En effet, c’est en Adam que meurent tous les hommes ; c’est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang : en premier, le Christ ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu’il reviendra. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. C’est lui en effet qui doit régner jusqu’au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort. Alors, quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous.

Évangile
La venue du Fils de l’homme, pasteur, roi et juge de l’univers. (Mt 25, 31-46)

Acclamation :
Alléluia. Alléluia. Béni soit le règne de David notre Père, le Royaume des temps nouveaux ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! Alléluia [1].

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !
Alors les justes lui répondront : Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu... ? Tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? Tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? Tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? Tu étais nu, et nous t’avons habillé ? Tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?
Et le Roi leur répondra : ’Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.
Alors ils répondront, eux aussi : ’Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?
Il leur répondra : Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Textes liturgiques © AELF
AELF

Homélie
Nous avons enfin un Président parfait.

La fête du Christ-Roi nous fait penser aux rois et aux plus grands dirigeants de notre monde. L’Organisation des Nations Unies n’est représentée que par le Secrétaire Général, qui a peu de pouvoirs. On peut regretter l’absence d’un président de l’O.N.U. qui représenterait tous les états du monde. Encore faudrait-il qu’il aie la confiance de la majorité des nations et que cette confiance ne soit pas décue, comme c’est souvent le cas, pour beaucoup de présidents nationaux. Mais la bonne nouvelle de la fête d’aujourd’hui, c’est que, dans le Monde à venir, celui de la vraie vie, celui de la Résurrection, nous aurons un Chef suprême qui établira un règne de justice, d’amour et de paix, et ceci pour une durée éternelle.

Les trois lectures nous annoncent cette bonne nouvelle. La première le fait avec l’image d’un berger plein d’attention pour les faibles et les petits. La seconde nous a montré comment la royauté universelle revient au Christ Jésus (à notre époque de diffusion de la démocratie, on parlera plutôt de Président de l’Univers). Ce titre revient au Christ Jésus, d’abord par sa nomination faite par Dieu le Père. Puis par son succès total aux élections mondiales, après le don qu’Il a fait de Son Corps et de Son Sang sur la croix. Il l’a dit : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi ». Oui, Son règne de justice, d’amour et de paix est déjà établi solidement et pour toujours, mais dans le monde de la Résurrection.

Or, dès maintenant, nous pouvons et devons nous préparer à entrer dans ce monde de la Résurrection, de la vraie vie. Autrement dit, à nous préparer au Grand Examen dont nous a parlé l’Évangile. C’est le Jugement Dernier, qui se situera à la fin de notre vie terrestre. Cet examen ne portera pas sur le nombre de sacrements que nous aurons reçus ou négligé de recevoir. Il portera uniquement sur les attitudes que nous aurons montrées vis-à-vis des petits et des pauvres. Je vais vous donner trois exemples de ces attitudes sur lesquelles nous, Européens vivant au XXIe siècle, serons jugés.
Premier exemple : notre attitude vis-à-vis des générations futures, celles de nos petits-enfants et arrières-petits enfants. Ils sont très faibles pour le moment, puisqu’ils n’ont rien à dire. Mais ils sont menacés par le réchauffement climatique. Menacés par la montée de l’eau des océans et d’autres catastrophes météorologiques. Pour combattre ce dangereux réchauffement climatique, oserions-nous choisir la décroissance, c’est-à-dire un style de vie plus sobre, économisant les ressources naturelles ?
Deuxième exemple : notre attitude vis-à-vis des handicapés physiques et mentaux. Leur donnerons-nous une plus grande place dans notre société de soi-disant « normaux » ?
Troisième exemple : notre attitude vis-à-vis des étrangers. Voterons-nous pour leur intégration dans notre pays, même s’ils sont musulmans ? Car il ne faut pas mettre les musulmans avec les djihaadistes de Daech, qui ne sont pas des musulmans.

Sur ces attitudes, principalement, nous serons jugés par le Roi de l’Univers. Alors glorifions Dieu de nous donner, pour toujours, un Roi d’amour, de justice et de paix ! Amen.

[1] Cf. Mc 11, 9-10.

Publié le 17 novembre 2014 par René Soussia