Nous réinventer aujourd’hui

Une intervention « clé » lors du Conseil Plénier 2015. Le premier plan d’action dans le document sur la mission de l’Assemblée Générale 2013 vise à promouvoir un consensus sur la mission. Ce que nous cherchons, dans la présentation qui suit, c’est à articuler la réflexion permanente dans la Société sur certains besoins urgents et à voir quels pas concrets nous pouvons faire ensemble.

Besoins
Il y a trente ans, la SMA réfléchissait à son avenir. Il fallait choisir entre terminer son existence graduellement ou s’étendre. La SMA a décidé d’étendre ses ailes et de survivre. Nous avons établi de nouvelles entités. Avec des centaines de jeunes membres et d’étudiants prometteurs, notre décision de continuer à survivre en tant que société missionnaire reste claire.
Ce que nous cherchons à clarifier, c’est la pertinence précise de notre charisme aujourd’hui. Si nous comprenons notre mission comme celle d’établir l’Église en Afrique, nous pouvons dire confortablement, en regardant les évêques africains présents dans presque tous les diocèses où nous travaillons et le bon nombre des prêtres diocésains, que notre mission est terminée.
Si notre mission continue, comment comprenons-nous notre charisme missionnaire ? Quelles sont nos stratégies de mission aujourd’hui ? Ce sont les questions fondamentales qui nous conduisent à nous réinventer, à nous recréer nous-mêmes et à répondre aux défis du monde d’aujourd’hui.
Le récent bulletin [1] publie un article qui traite de notre pertinence missionnaire. Nous allons voir ci-dessous trois besoins concrets. Le premier présente les stratégies de la mission en général, le second est sur la place de l’Afrique dans notre charisme, et le troisième sur le rôle des laïcs dans la SMA.

I. Avance en eau profonde

Quand les buts fondamentaux ne sont pas clairs, les gens ont tendance à trop jouir du voyage. D’une certaine manière, le voyage et ce qui se passe pendant qu’il se déroule donnent l’impression que quelque chose est en train d’arriver. Cela nous garde occupés. Certains continuent d’acheter des livres, et ils pensent qu’ils lisent. D’autres, au lieu d’écrire, occupent tout leur temps à rassembler du matériel. Il est important de dire clairement que, quoique la marche vers le but et le but lui-même soient intimement liés, il est toujours possible d’« être en chemin et de ne jamais arriver ». Dans certains cas, faire du lèche-vitrines remplace l’achat ; l’achat de livres remplace la lecture ; les études remplacent la productivité, et la liste est longue des nombreuses manières de ne pas arriver ou de repousser le moment d’attaquer les choses essentielles ou fondamentales.

Dans notre contexte, cela peut prendre la forme d’être continuellement occupés à rassembler des fonds, à faire des constructions sans fin ou des discussions sur les structures. Tout cela est bon et important. Ces activités ne peuvent pas être des fins en soi. Elles ne peuvent pas se donner un sens à elles-mêmes, pas plus qu’elles ne peuvent donner un sens à notre vocation. Elles reçoivent un sens de ce qui les suit. La rencontre des délégués des Provinces et Districts, l’an dernier à Chaponost, a abordé ce point et a souligné qu’il y avait une sorte de gêne à consacrer trop de temps et d’énergie à cela. Nous avons besoin de davantage de réflexion et de planification pour nos stratégies concrètes de mission aujourd’hui. Nous avons aussi besoin de procédés clairs pour évaluer les progrès de notre mission. Nos collectes de fonds, constructions et structures vont recevoir leur sens de nos stratégies et de leur exécution.

Nous sommes invités à méditer sur deux passages de la Sainte Écriture. Le premier est celui où Jésus invite à avancer en eau profonde [2]. Le second est celui où Jésus dit à Pierre qu’il va devenir un pêcheur d’hommes [3]. Nous nous demandons pourquoi la mission est comparée à la pêche, puisque la pêche n’est jamais bonne pour le poisson. Nous pouvons mieux comprendre les images de la pêche en pensant aux maux que la mer représente.
Pierre recherchait du poisson dans l’eau afin de gagner de l’argent, et son appel à l’apostolat l’aide à voir des gens qui se noient. Après la mort de Jésus, Pierre retourne à la pêche, jusqu’à ce que Jésus l’aide à faire sa triple confession d’amour pour lui [4]. Les yeux de l’apôtre s’ouvrent à nouveau pour chercher des hommes, et il accepte le rôle de pêcheur d’hommes, de berger. Nous sommes invités à avancer en eaux profondes et à ouvrir nos yeux aux besoins des gens pour lesquels Dieu nous a appelés.

[1] N°143, p. 55.

[2] Lc 5, 4.

[3] Mt 4, 19.

[4] Jn 21.

[5] « L’Afrique, où la lumière de la foi n’a pas encore pénétré, ou qui sont les plus privés de secours spirituels », Melchior de MARION BRESILLAC, Document 8, Rome le 26 Février 1856 (1), Au Cardinal Fransoni, Préfet de la S C. de la Propagande, dans Documents de Mission et de Fondation, Mediaspaul, 1985, 155.

[6] La Sacrée Congrégation de la Propagande.

[7] Melchior de MARION BRESILLAC, Document 13, (1856) Articles fondamentaux qui, s’ils obtiennent l’approbation de la S. C. de la Propagande, nous paraissent pouvoir servir de base à la Société des Missions Africaines, dans Documents de Mission et de Fondation, Mediaspaul 1985, 170.

[8] Melchior de MARION BRESILLAC, Document 6, Rome le 15 Janvier 1856 (1) A M.l’abbé Vian, dans Documents de Mission et de Fondation, Mediaspaul 1985, 149.

[9] Melchior de MARION BRESILLAC, Document 13 (1856) Articles fondamentaux qui, s’ils obtiennent l’approbation de la S. C. de la Propagande, nous paraissent pouvoir servir de base à la Société des Missions Africaines, dans Documents de Mission et de Fondation, Mediaspaul, 1985, 169.

[10] S. A. S. – Squadra Anti sette.

Publié le 5 février 2016 par Francis Rozario