Nouvelles…

… du Togo
A Lomé, le paysage a changé. Les jardins et les manguiers ont été remplacés par des bâtiments imposants qui abriteront le philosophât SMA pour le District du Golfe de Guinée.

JPEG - 148.2 ko
Le philosophat en construction.
Photo Patrice Apedo

Ce dernier comprend le Liberia, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Burkina Faso et le Togo. Ils sont actuellement 25, avec 2 prêtres accompagnateurs.
Vu que la paroisse Ste Thérèse est en pleine expansion, nous sommes actuellement 4 prêtres permanents, et 4 viennent donner un coup de main le dimanche. L’équipe est très variée. Il y a un prêtre kenyan, 2 congolais, 1 togolais, 1 ghanéen et 1 burkinabè, sans compter le P. Georges Klein et moi-même. Ce qui est important, c’est le vivre-ensemble, et jusqu’à présent tout se passe bien. Comme nous n’avons pas encore de presbytère, chaque communauté a décidé de préparer à tour de rôle le repas du dimanche et les responsables viennent le partager avec nous. C’est un temps d’échange très enrichissant, qui nous aide à mieux connaître les vrais besoins pastoraux de la paroisse.

Gérard BRETILLOT

Ma grande joie a été le séjour en famille lors du congé. Nous nous sommes retrouvés les neuf frères et sœurs ainsi que la grande famille à plusieurs reprises avec grande cordialité. C’est pendant ce congé que, avec les conseils de mes supérieurs et de ma famille, il a été décidé que, pour moi aussi, arrivait le temps de quitter ce pays de mission, le Togo.
C’est toujours une joie de retrouver nos six communautés chrétiennes en pleine expansion. En effet, surtout dans notre secteur est de la banlieue de Lomé, se trouvent encore des terrains à bâtir. Alors les jeunes couples avec enfants forment la grande partie des paroissiens, et ils sont dynamiques. Nous avons eu aussi la joie, peur-être la fierté, d’avancer dans la construction des églises. Celle de Agodeke est en finition de couverture ; Adamavo possède son tabernacle ; Afanoukope voit s’élever ses piliers.

Georges KLEIN

… de Côte d’Ivoire
Voici un nouveau visage de notre vie à Tiémé. Avec l’option de notre nouvel Evêque Mgr Koné Antoine - devenir autosuffisant financièrement - et ce mot d’ordre « Tous au travail », nous avons poursuivi notre effort d’agrandissement de nos superficies agricoles au-delà de l’hectare de terre qui a été attribué à la Mission. Un grand champ de manioc, une centaine de buttes d’ignames, du gombo et des pistaches. Dans ce qui restait de terrain nous avons semé du maïs, qui est la nourriture principale des habitants et sert aussi à nourrir nos volailles. Afin de stocker ces denrées, nous avons construit un petit magasin. Outre ces cultures, nous avons fait deux hectares et demi de riz pluvial et un hectare d’arachides.
Nous sommes en pleine récolte et nous ne cessons de remercier le Seigneur, d’autant plus que nous n’avions guère d’expérience dans ces domaines. Nos voisins agriculteurs de naissance, le peuple Senoufo, nous ont prodigué bien des conseils. Nous aurions pu être plus performants si nous avions une paire de bœuf pour la culture attelée ou un autre moyen de traction. Car tout se fait à la main ! Les locations d’attelage ne sont disponibles que lorsque les villageois ont achevé leurs travaux, ce qui nous met en retard au moment de la saison des pluies. Mais c’est à travers cette collaboration et ces relations d’entraide et de service fraternels que nous nous efforçons de dire et révéler le Dieu d’amour.

Ernest KLUR

… et du Pérou
Et notre cher Pérou ? Que devient-il ? Comme un malade chronique il a du mal à se libérer de ses maux séculaires de la pauvreté, de la corruption, de l’exclusion des peuples andins et amazoniens… Notre nouveau président, Ollanta Humala, prône le « développement avec inclusion sociale ». De fait il a pris quelques mesures de caractère assistancialiste en faveur des plus pauvres.

JPEG - 63 ko
A Tiémé.
Photo Ernest Klur

Mais nous continuons à vivre dans un climat de perpétuelle violence. Un organisme gouvernemental, qui porte le beau nom de « Défense du peuple », signale qu’il y a plus de 200 conflits sociaux dans le pays, qui opposent pour la plupart les entreprises minières et les paysans qui défendent leurs terres, leurs ressources et leurs rivières contaminées par l’extraction et le lavage du minerai. Ces affrontements sont souvent très violents et font même des victimes. Il faudra bien qu’un jour les minorités de puissants en ce monde comprennent qu’ils doivent renoncer à surexploiter les pauvres et la planète, et ainsi renoncer à leur « bonne vie » pour permettre à la majorité des hommes de simplement vivre. « Car s’il n’y a pas d’avenir pour les pauvres, il n’y a pas non plus d’avenir pour les riches », ont écrit les évêques latino-américains à Aparecida, au Brésil. Un autre monde est possible, et non seulement possible, mais nécessaire et urgent. Un monde où « la justice et la paix s’embrassent », comme dit Isaïe, le prophète.

Francisco FRITSCH]

Publié le 6 juillet 2012