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Que se passe-t-il aujourd’hui au Pérou ?
Je vois que le pays progresse, surtout quand nous comparons la situation actuelle avec celle des années 1980-2000, où nous vivions en pleine guerre civile avec le terrorisme de Sentier Lumineux et la répression brutale du président Fujimori, qui nous a coûté 70 000 morts. Depuis ce temps-là, nous connaissons une certaine stabilité économique et politique. Les indices sont au beau fixe : inflation proche de 0%, réserves monétaires importantes, politiques d’inclusion sociale, même si elles sont souvent assistancialistes. La pauvreté recule surtout sur la côte et dans les grandes villes. Mais la brèche entre riches et pauvres est toujours énorme et, pire encore, ne cesse de se creuser, surtout dans les Andes et la forêt amazonienne. Le système néolibéral, s’il sait produire, ne veut pas répartir le bénéfice de la prospérité. Si vous êtes blanc, jeune et habitant la côte, vous avez trois fois plus de possibilités de trouver du travail et d’augmenter votre niveau de vie que si vous êtes andin ou amazonien.

La démocratie continue de s’affirmer dans le pays. Il n’y a pas de menace de dictature civile ou militaire. Les terroristes de Sentier Lumineux, alliés aux trafiquants de drogues et cantonnés sur un territoire limité des Andes centrales, sont peu nombreux. Certains d’entre eux veulent s’organiser en parti politique, lequel n’est reconnu ni par l’Etat ni par la majorité de la population.

Pourtant les problèmes et les injustices ne manquent guère. Le Pérou est loin d’être un El Dorado. Le racisme, l’inégalité sociale, l’exclusion des peuples originaires, l’évasion fiscale de plus de 50% des recettes, la corruption, la drogue, sont des plaies profondes de la société péruvienne. Heureusement, les communautés andines et amazoniennes continuent courageusement de résister aux grandes entreprises minières qui veulent s’étendre sans prendre en compte la qualité de l’eau, de la terre et de l’air nécessaires aux paysans. En ce moment, ces communautés utilisent des moyens de résistance et de lutte non violents, comme des marches de protestation et l’occupation des terres convoitées. Mais la pression des entreprises est très forte sur le gouvernement, qui est tenté d’utiliser la répression. Nous croyons qu’aucune vie humaine ne mérite d’être sacrifiée pour tout l’or du monde.

Il nous faudra bien un jour trouver un autre modèle de développement qui ne soit pas basé sur la surexploitation de la planète. Sinon, la parole prophétique d’un chef indien deviendra réalité : Quand l’homme aura abattu le dernier arbre, pêché le dernier poisson, chassé le dernier gibier, pollué la terre, l’eau et l’air de la planète, il se rendra compte qu’avec des pièces d’or et des billets de banque il ne pourra pas survivre.

François FRITSCH

De Yao Kopé (Togo)
Depuis octobre j’ai rejoint le Village Renaissance, après un congé plein de rencontres et d’amitié partagée. Et la joie de retrouver ici tant d’amis, tous nos animateurs qui ont tenu bon dans leur service d’accueil auprès de nos frères Renaissants. Accueillir des ex-détenus pour en faire des hommes nouveaux ? Du temps perdu, un rêve irréalisable, diront certains. Et pourtant ! Regardez : quand un garçon retrouve le sourire et la joie de vivre, se remet au travail avec ardeur, retrouve la confiance en soi et dans les autres… est-ce du temps perdu ? Avouons-le : que de préjugés circulent, et tous ces regards sans pardon ! Me revient en tête le mot de Paul Baudiquey : « Bénis soient les regards assez tendres, assez fous, assez vrais pour me donner le cœur de m’espérer encore… »

Plantation au Village Renaissance (Togo).

Les activités du Village continuent dans différents domaines, toujours dans le but d’arriver à se prendre en charge au maximum : lapins, porcs, 2000 pondeuses, pintades, agoutis, jardins et cultures de maïs et de mil… Chacun s’initiant ainsi, avant de repartir avec une connaissance pratique. Les visites à la prison, y compris le service religieux, sont aussi des temps forts de rencontres et d’échanges, surtout quand il s’agit de renouer les liens avec la famille. Mais rien n’est petit quand il y a de l’Amour…

Bernard BARDOUILLET

De Sotouboua (Togo)
L’école primaire est achevée et a débuté par le CP. Mais ce que je regrette, c’est que la Direction a supprimé le clos d’enfants. J’espère que l’année prochaine on pourra reprendre. Le sanctuaire de ND de Merci a été plus fréquenté que prévu. Dommage que nous n’ayons pas encore de structures d’accueil.

L'École primaire de Sotouboua (Togo).

Et voilà qu’un grand chantier se prépare : une « université catholique ». L’évêque a donné son accord. Nous envisageons trois facultés pour l’instant : Lettres, Anglais et Economie. Il faudrait que nous puissions réaliser cette année le bloc pédagogique de 12 classes, la maison des Pères et l’acheminement du courant. Devront suivre un forage, la clôture et un internat, sans compter le matériel. J’y tiens beaucoup. Ce sera sans doute ma dernière réalisation.

Jean PERRIN

Publié le 4 avril 2013