Nouvelles de famille

Pierre Kunegel, Mission Catholique de Kombolokoura (Côte d’Ivoire)

Je suis bien arrivé, hier, samedi, dans la soirée, à Korhogo. Fatigué par une longue route, pleine d’embûches depuis Yamoussoukro : routes défoncées, certains endroits encombrés par des travaux, énormément de camions surchargés, montant vers le Burkina, le Mali (et descendant aussi)... Le chauffeur de la maison Régionale d’Abidjan a eu plein de mérite pour me conduire jusqu’à Korhogo.

En cours de route, nous nous étions arrêtés chez l’abbé Germain Kalari qui nous avait invités pour le repas de midi dans son orphelinat, à Katiola. Ensuite, de passage à Fronan, je suis allé dire bonjour à mon ami, l’abbé Prosper Kouadio, bien malade. Nous avions vécu six années ensemble, à Katiola et à Niakara, et il m’avait initié à la langue tagbana et aux coutumes locales. Nous sommes restés très proches, malgré les distances.

Arrivés à Korhogo vers 17h30, bien fatigués, je pensais en avoir fini avec la galère. Mais je venais d’apprendre par mon cuisinier, venu en moto à ma rencontre, que la piste de Kombolokoura est coupée à un marigot depuis la nuit dernière : un pont détruit et en reconstruction, emporté par le courant ! Comme ils y travaillent, il reviendra me voir demain pour me dire si le passage par la déviation est à nouveau possible. Il pleut encore beaucoup pour la saison. La pluie était venue très en retard, et les précipitations se sont ensuite succédées trop rapidement, causant pas mal de dégâts. (dimanche le 11 octobre)

Ce matin, lundi le 12 octobre, mon cuisinier Georges est revenu à ma rencontre. Il a fait les courses au marché et nous nous sommes mis d’accord pour que je rentre à la Mission cet après midi. Il est reparti en moto vers 13h30. Mais, alors que j’étais en train de charger la voiture, il m’appelle pour me dire qu’il n’est qu’à une quinzaine de km, à l’abri dans un village. Des trombes d’eau sont tombées et il m’a dissuadé de prendre la piste qui est en très mauvaise état. Il me demande de l’attendre le lendemain matin. Il viendra pour me suivre au cas où il y aurait un problème sur la piste.

Mardi le 13 octobre, avec Georges, nous avons chargé les bagages et le ravitaillement dans la fourgonnette. Il me précède en moto pour me signaler les passages difficiles. Il nous faut plus d’une heure pour le trajet de 34 km ! Arrivé à la Mission, les enfants de Georges et les employés de la Mission sont là pour m’accueillir.

Depuis quelques semaines, l’éclairage public, installé il y a un an, fonctionne. A quand l’installation chez les particuliers ? Deux gendarmes, en faction sur la piste, dorment toutes les nuits dans deux chambres de passage de la Mission depuis l’année dernière. Ils contrôlent la circulation à cause des pirates de la route et aussi des étrangers qui évitent les grands axes. La Frontière du Mali n’est pas loin ! Maintenant que j’ai rejoint la Mission, je me trouve à nouveau dans mon milieu. Merci Seigneur !

Publié le 26 février 2016 par Pierre Kunegel