Nouvelles de famille

Père Jean PERRIN à Sotouboua (Togo)

L’année 2015 a été assez bonne, puisque j’ai pu célébrer mon 90e anniversaire en toute beauté. J’ai aussi pu implanter ce qui deviendra un amphi, construire une grotte de Lourdes au sanctuaire et finalement élever une statue de Saint Joseph en bronze à l’université. Je vous invite à le prier avec moi, il faut se rendre le ciel propice ! Cela fait 70 ans que je sortais de la captivité russe pour rejoindre la famille. L’armistice avait eu lieu en mai : juin, juillet, août septembre, viendra, viendra pas...

Il faudrait que l’université ouvre ses portes cette année mais, en plus de l’amphi à finir, il faudrait au moins ajouter la maison des Pères et trois nouvelles classes. Notre Supérieur Général était en visite, il a tout vu, mais...

J’ai fait une chute il y a trois semaines, me laissant sur les carreaux à la sortie de la douche pendant huit heures… Le docteur avait perçu quelque chose de grave, c’est pourquoi il avait averti les machinistes de la radio de se tenir prêt pour le lendemain dimanche et me faire une radio. Résultat : une pneumonie pleurésie ! J’en ai été pour des piqures I.V. antibiotiques que le docteur est venu me faire lui-même. Ce n’est plus qu’un mauvais souvenir, grâce à Dieu ! Que Dieu nous donne la force de la mission qu’il nous confie !

(9 décembre 2016)

Père Ernest KLUR, Paroisse Ste Rita à Daloa (Côte d’Ivoire)

Une communauté, une Eglise en marche : bilan de l’année 2015.

Une année, ça passe vite, mais elle est parsemée d’évènements qui progressivement nécessitent des mises au point pour avancer à la lumière de la Parole de Dieu. Seul l’Esprit Saint, que nous invoquons à chaque Eucharistie, nous trace la route à suivre, lentement mais sûrement pour atteindre le but : fonder sur de bonnes bases la paroisse de Ste Rita.

Un accouchement difficile ! Régler la propriété et l’acquisition des terrains… Vingt fois et plus, contacter les géomètres, le ministère de la construction pour avoir les documents… Remise en place des bornages arrachés malgré les lettres d’attributions et de construction. Subir les menaces de destruction des soi-disant propriétaires terriens et les convocations. Paiement des taxes et frais divers pour obtenir les titres fonciers. Je tais les sommes versées !… C’est dans la foi mise à l’épreuve que nous trouvons la joie de poursuivre la route en vrais fils de Mgr Marion de Brésillac.

Avec le thème de l’Année 2015, « Tous unis en Jésus Christ pour annoncer la Bonne Nouvelle dans le diocèse de Daloa », surtout ne rien faire seul… Nous avons ajouté « vivre ensemble en communion, enraciné dans l’Eucharistie ». La collaboration entre les membres était notre effort permanent : réaliser l’unité en accueillant les différences, sans quoi nous risquerions de construire sur du sable.

D’une communauté de 35 personnes au départ, nous en atteignons 200 certains dimanches. La répartition des tâches et des responsabilités des différents rôles à jouer dans le conseil paroissial a été renouvelée, avec une équipe plus dynamique et de nouveaux membres expérimentés rejoignant leur nouvelle habitation. Elle vient des autres paroisses dans notre secteur paroissial et nous donne une nouvelle espérance dans notre marche en avant. Le Thème de 2016 nous invite à répandre la Bonne Nouvelle, à devenir les messagers de la miséricorde et de la tolérance pour l’autre et, autour de nous, comme le dit le pape François, « signe efficace de l’agir du Père ».

Pour vivre et découvrir l’importance de l’Eucharistie, nous avons instauré deux messes du soir par semaine : une le lundi qui peut être célébrer dans un quartier, dans une famille à la demande de celle-ci et ainsi regrouper plus de fidèles, avec offrande à l’appui, car la paroisse est très étendue ; une autre le vendredi soir en paroisse.

La prière de Padre Pio dite à la fin de la messe nous a aidés à entrer dans les profondeurs du sens de l’Eucharistie. Nos trois CEB, dans leurs nouvelles répartitions, suscitent et réalisent une meilleure connaissance des chrétiens et du suivi des catéchumènes. Pour nous rappeler l’année Jubilaire nous chantons « Jésus miséricordieux, j’ai confiance en toi » avant la prière du « Je confesse à Dieu » pour accueillir la joie du pardon et susciter une réelle conversion du cœur.

Cette année ce fût, après avoir reçu le titre de création (200.000 francs pour avoir les signatures de la DREN et de la direction de l’éducation nationale), la mise en route de l’école maternelle « Les Hirondelles », avec du personnel bénévole de la paroisse. Deux salles, un bureau et des sanitaires. La troisième salle pour le cycle des grands sera à construire au cours de l’année pour la rentrée prochaine. Un puits, attenant à l’école et au service de la paroisse, nous alimente en eau avec une pompe performante chinoise (250 litres/minutes) pour une citerne de 500 litres qui assure les sanitaires, l’arrosage et les deux WC bio extérieurs (nouveau système, peu couteux et déjà expérimenté au presbytère).

Une demande pour la construction d’une école primaire par la fondation Orange Côte d’Ivoire « Projet village » dont la fiche de collecte d’informations nous est parvenue, est en cours et va pouvoir assurer à la fois le problème d’eau et un centre de santé pour le village dans ses projets villages.

Depuis le 1er dimanche de l’Avent, un journal, « Écho de Ste Rita », est édité par le comité de presse : éditorial, mot du curé, oraison du jour, textes liturgiques, épisode de la vie de Ste Rita, détente, nouvelles…

Notre grande préoccupation est de mettre en route la construction d’un bureau pour le secrétariat de la paroisse et de trouver les fonds pour la construction de notre future église. Les cotisations mensuelles ont commencé, ainsi que le lancement des demandes en Côte d’Ivoire et ailleurs.

Une grande neuvaine de supplication à Ste Rita, sainte du pardon, de la réconciliation et avocate des causes désespérées, du 21 au 29 décembre, avec eucharistie quotidienne, a eu une réponse au-delà de nos espérances puisque le gouvernement a annoncé la libération de nombreux prisonniers.

Une fois que le bureau du secrétariat paroissial sera construit, la place sera disponible pour accueillir le nouveau curé sma africain, pour devenir réellement et plus appelante à la vocation missionnaire dans le diocèse, et Ste Rita va pouvoir retrouver sa vraie place au sein des paroisses. Le dimanche 23 Août 2015 a eu lieu la bénédiction solennelle de la grotte « Notre Dame de la vie », restaurée après avoir été saccagée il y a quelques mois. Depuis, les journées de prières et de récollection et visiteurs se poursuivent.

Les travaux de plantations de palmiers poursuivent leur cours, avec la proposition d’ajouter deux ou trois hectares en 2016 dans le bas-fond du terrain. La construction d’une petite maison, où résidera le gardien pour assurer l’entretien du terrain et la sécurité de la plantation, est commencée ; elle devrait être habitable d’ici le mois de juillet (eau à proximité et électricité avec panneau solaire). Pas plus tard que le 4 janvier 2016, j’ai contacté la société qui a cessé ses pépinières mais vend les graines sélectionnées germées 65.000 frs cfa l’hectare, soit 140 pieds - sachets fournis - et chaque planteur s’occupe de la suite de la croissance (mise en sachets, arrosage, et engrais si nécessaire).

Mais le plus important pour notre communauté et moi-même, c’est de vivre l‘unité dans la diversité, alimenté par la prière permanente, car « prier est le plus important, le plus impérieux des devoirs ! La prière est une puissance d’apostolat mise à notre disposition. Puisque nous devons prier, puisqu’il faut prier : prions !... La prière est d’une conséquence infinie ! Prions, prière du cœur constamment, prière des lèvres de temps à autre. Jésus a enseigné la formule : le Notre Père, si court, si complet. Ne récitons pas notre prière, prions-la [1]. ».

Dans un campement où je viens de passer 48h, seule la prière confiante, persévérante, du Chapelet avec Marie guérit les maladies corporelles et libère ceux qui sont liés par les malédictions, les mauvais sorts. La prière… et aussi la célébration de l’Eucharistie avec les compagnons de St Paul, intercesseurs avec le catéchiste. Déjà, les multiples cellules de prière du rosaire, dans de nombreuses paroisses en Côte d’Ivoire, sont la semence de la nouvelle évangélisation. Ce sera la nouvelle génération de catéchistes.

Écrit ce jour de l’Épiphanie, le 3 janvier 2016.

Père Pierre KUNEGEL à Kombolokoura (Côte d’Ivoire)

Ayant eu des problèmes intestinaux depuis la période de Noël, après des soins à Korhogo je suis allé à Abidjan, début février, pour de vraies analyses. Mais comme cela risquait de durer, étant donné que l’on me programmait des échographies espacées sur plusieurs semaines, le Père Dario m’a proposé de faire les contrôles en France. Accueilli par le Père Jean-Marie Guillaume à l’aéroport de Strasbourg le mercredi 24 février, je suis arrivé à la rue Le Nôtre où le Père Jacques Noirot m’annonce le décès d’Eric Brichler, un de nos plus fervents animateurs du Service Missionnaire des Jeunes et co-fondateur de l’Association « une Goutte d’Eau » . Le Père Jacques me proposa de venir me chercher le vendredi 26 février pour me permettre de participer à la messe d’enterrement. J’ai été très peiné de voir partir un ami de 47 ans, père de 3 filles, dont la plus jeune n’a que 7 ans !

Lorsque j’ai ouvert mon portable de France, j’y ai encore trouvé un message qu’il m’avait envoyé avant mon dernier départ pour la Côte d’Ivoire : « Un extrait de lecture que je partage avec toi : Tout ce que vous avez à faire c’est aimer, accepter, pardonner et choisir d’être heureux. Bon dimanche ! » Eric Brichler, le 6 septembre 2015.

L’Association « Une Goutte d’Eau » , fondée par les anciens du Service Missionnaire des Jeunes, a soutenu plusieurs projets en Afrique, dans le diocèse de Korhogo : un puits et un rucher pour le Centre St-Camille (malades mentaux), un bureau pour accueillir des malentendants et du matériel pour réparer les prothèses orthopédiques du Centre Don Orione des Filles de La Croix de Korhogo. Et aussi, des tables, bancs et armoires pour l’alphabétisation des adultes à Kombolokoura. Ils ont également participé à la construction d’une salle de classe à Nidyon.

Me voici au Zinswald depuis 29 février. J’ai consulté mon médecin qui a programmé un contrôle complet. J’espère que tout se passera bien et que je pourrai repartir assez rapidement à Kombolokoura.

Père Bernard RAUCH à Sarhala, diocèse de Korhogo (Côte d’Ivoire)

Ici, ça va : chaque jour, je fais une sortie dans un village. Ce n’est plus le rythme que je tenais dans les autres paroisses. Les villages sénoufos se trouvent entre cinq et dix km de Sarhala. La moitié est accessible en voiture, les autres à mobylette. (…) En juin, je reviens pour la retraite sma à Limonest (le 19 juin). Je resterai deux mois et fin août je reviens en Côte d’Ivoire car la carte de séjour expire début septembre.

(16.02.2016)

[1] Paroles de Marthe Robin dans « Au fil des jours ».

Publié le 10 juin 2016