Nouvelles de famille

Bernard Bardouillet
« Village Renaissance », Yao-Kopé (Togo)

Une des dernières interventions du Pape François, en cette fin d’année de la miséricorde, a été le « Jubilé des détenus ». Comme ses prédécesseurs, il est allé lui aussi mettre un peu de lumière à la prison de Rome. Ses paroles nous réconfortent et nous stimulent, ici au village « Renaissance ». Elles sont un réel encouragement, lorsqu’on visite les prisons où l’on rencontre ces jeunes qui vivent la solitude et sont rejetés par la société.

« Jésus, nous dit le Pape François, n’a pas oublié ceux qui sont enfermés en prison ». En mettant « la visite aux prisonniers » parmi les œuvres de miséricorde, le Pape a voulu nous inviter, avant tout, à ne juger personne. « Quoi qu’ait pu faire un prisonnier, il reste cependant toujours aimé de Dieu. C’est trop facile de se laver les mains en affirmant qu’il s’est trompé. Un chrétien est plutôt appelé à le prendre en charge… Que personne ne pointe le doigt contre quelqu’un ! Au contraire, devenons tous des instruments de la miséricorde, par des attitudes de partage et de respect. Je pense souvent aux prisonniers… Je pense souvent à eux, je les porte dans mon cœur… »

C’est ce même amour des « blessés de la vie » qui a poussé le Père Charles Cuenin, il y a 25 ans, à ouvrir ce centre d’accueil avec, au cœur, cette conviction forte : « Il y a une vie après la prison ». Serrer une main, offrir un sourire ou une écoute fraternelle, sont des simples qui les aident à se remettre « debout ».

Ici, au village « Renaissance », quelques adaptations ont été nécessaires. En effet, ceux qui nous arrivent sont « mineurs », des garçons d’âge scolaire. C’est pourquoi deux nouveaux animateurs ont été nécessaires pour les encadrer avec efficacité. Si ces jeunes nous sont envoyés, c’est qu’ils sont en conflit avec la loi, et surtout pour leur éviter la prison. Une tâche rude qui demande patience, et mise en confiance. Ainsi, plusieurs de ces jeunes peuvent continuer leurs études sur place, dans un collège voisin.

(5 Décembre 2016)

Alphonse Kuntz
Mission catholique de Saoudé (Togo)

Alphonse est en congé dans sa famille depuis le 10 janvier 2017.

Si vraiment, comme l’écrit Saint Luc, Jésus est né à l’écart, caché aux regards, serait-il juste de se plaindre de se sentir quelquefois oublié ou laissé pour compte ? N’est-ce pas une chance de pouvoir se sentir proche de celui qui est né (et mort aussi, d’ailleurs) comme un marginal, un exclu ? On suppose que les bergers, eux aussi des marginaux de l’époque, ne sont pas venus à la crèche les mains vides.

Merci de ce que vous déposez tout au long de l’année devant la crèche pour les nécessiteux qui ne manquent pas ici. Nécessiteux, je le suis de plus en plus, manquant de tout et ayant toujours ce qu’il faut au bon moment, comme le dit Saint Paul. Tout cela, le Seigneur le fait par vos mains, Lui-même sera votre récompense.

(13 décembre 2016)

Robert Wolff
Mwanza, Tanzanie

Trump a beau dire que le dérèglement climatique est une invention, ce n’est pas ce que l’on observe en réalité ! Lorsque je suis arrivé la 1ère fois en Tanzanie, à Gula, nous sommes allés le lendemain célébrer la messe dans un village. Les prés étaient verdoyants et il y avait des fleurs dans les champs ; nous avons traversé une rivière à gué, de l’eau jusqu’au genoux. C’était en septembre, il y a 25 ans. Depuis…

Quelques rares pluies en novembre, mais pas suffisantes pour cultiver. Manquant d’herbage, les bœufs n’ont pas assez de force pour tirer la charrue. Il y a même des paysans qui vendent leur maïs en réserve pour pouvoir payer un tracteur qui va labourer leurs champs en espérant qu’il pleuvra ! En quelques endroits éclate une pluie d’orage, souvent avec tempête et grêle, qui balaie le peu qui a poussé et fait s’effondrer les maisons. Nous avons aussi ressenti le grondement d’un tremblement de terre de puissance 5,5, produisant des dégâts importants beaucoup plus loin.

Comme par endroit c’est très sec, la faim fait sortir les éléphants des parcs, en dévalisant les champs ou en décoiffant les petits greniers. Mmême les hippopotames se mettent de la partie. Pour y remédier, on essaye ceci : des ruches sont installés tous les dix mètres environ, reliées entre elles par un fil. Si un éléphant touche un fil, il secoue les ruches et énerve les abeilles. Lorsqu’il entend l’abeille, il avertit ses compagnons avant de fuir, de peur d’être piqué autour des yeux, au niveau de la trompe ou derrière la peau des oreilles. Comme ils ont une mémoire… d’éléphant, ils ne vont plus s’approcher des ruches !

André Fuchs
Maison de retraite St-Charles à Schiltigheim

Ma vie a été changée ! Cela fait une année, j’ai fait une chute terrible dans mes toilettes sur le dos, les épaules et évidemment la tête ; tous les organes ont été affectés. Les premiers mois, il m’était impossible d’écrire. Au cours de cette année 2016, j’ai été « transballé » d’un appareil à un autre. De Hautepierre, on m’a renvoyé à Saint-Charles, et là je n’ai plus qu’à attendre… J’essayerai de faire ce que je peux faire encore ! Que la volonté du Seigneur soit faite !
(6 décembre 2016)

Le Jubilé d’Or de Silvano Galli
Koloware (diocèse. de Sokodé, Togo)

L’évêque de Sokodé m’avait demandé si je voulais célébrer mon 50e anniversaire de sacerdoce à la cathédrale, j’ai préféré l’église de Kolowaré. Depuis un mois, le conseil paroissial s’affairait pour préparer l’événement, en distribuant les tâches à travers les cinq communautés de base. Il fallait bien recevoir tous les participants, Pères, Sœurs, invités, avec un bon repas pour tous. Et tous ont participé, en commençant par le chef du village. Le 29 novembre une délégation arrive à la mission avec trois cuvettes d’ignames, deux poulets et un plateau d’œufs. Puis ce fut le tour des femmes de Tchalo, avec deux dindons et deux plateaux d’œufs. Ensuite les catéchistes de Welou et Atchibodow, avec ignames et pintades. Ange, le catéchiste d’Atchibodow, était accompagné par le directeur musulman de l’école publique. Lui aussi a voulu se joindre à la fête avec vingt tubercules d’igname. Puis arrivèrent Iroko et Gaule, l’équipe des puits et forages, avec un chevreau. Vendredi 30, à 7h, arrive à la mission le chef de village avec une douzaine de notables. Ils viennent m’offrir un habit traditionnel.

Samedi 1er Octobre, célébration à l’église. Il y avait avec nous le Père Severin, notre Régional, le Père Samuel, Supérieur du Philosophat sma de Lomé, et le Vicaire Général Michel Mama. Etait aussi présent l’évêque émérite Mgr Djoliba, avec une trentaine de prêtres du presbyterium de Sokodé et une vingtaine de religieuses. Les villages voisins avaient envoyé des délégations. La messe était animée par la chorale des jeunes. A l’offertoire, présentation des dons : une statuette de la colombe de la Paix.

Il y eut ensuite quelques discours : la communauté chrétienne, le chef du village, le Vicaire général, le curé Jonas. A la fin, j’ai dit un mot pour remercier tous ceux qui m’ont accueilli ici, à Kolowaré, depuis 2004, et qui ont partagé avec moi leur vie, leur savoir, leur culture. C’est cela qui a permis mon changement de statut et de nom, en passant de Anasara yovo yovo, à Anasara moola, c’est-à-dire de blanc blanc à blanc moola, le clan royal des Kotokoli.

J’ai rappelé alors que nous aimons tous être connectés avec le monde grâce à nos portables et les divers Facebook, Twitter, WhatsApp, mais que nous ne devons pas perdre les connexions avec nos racines : si un arbre ne tire pas sa sève, sa force et sa vie de ses racines, il ne peut porter de fruits et risque de mourir. Pour nous chrétiens, nos racines sont par-dessus tout la Parole de Dieu.

Après, déjeuner pour tous les invités, dans le salon des Sœurs, avec un gâteau spécial pour les cinquante ans préparé par Sœur Rita Avesani. Aux présents, j’ai offert un paquet d’amandes de cajou avec ces mots : « sous l’apparence, rugueuse de la coque se trouve la précieuse amande ».

Les délégations des villages ont été accueillies dans le Centre Paroissial, et tous les autres sous les arbres en face de l’église où les festivités ont continué. A la fin des danses, on me dit : « Merci d’avoir fêté avec nous et non pas dans ton village natal, Anasara Moola ».

Après le Jubilé, la naissance de la nouvelle paroisse de Kolowaré
En son temps, le Père Henri Bannwarth avait laissé la paroisse de Tchamba, qu’il avait fondée, pour se retirer activement à la station secondaire de Kolowaré, où il venait de construire une grande église, dédiée à Saint Léon IX, pape originaire d’Éguisheim, son village natal. Après une gestation de nombreuses années, finalement l’enfant est né. Samedi dernier, à la fin de la cérémonie des ordinations, l’évêque a annoncé la naissance de la nouvelle paroisse de Kolowaré.
(19.12.2016)

Oui, enfin l’enfant est là. L’évêque est venu à Noël et il a installé officiellement le nouveau curé. Le lendemain, fête des « Cœurs Vaillants et Âmes Vaillantes » de tout le Togo, nous avions environ 200 enfants à Kolowaré, les nôtres et ceux des villages voisins. Nous avons commencé avec une rencontre à l’église, devant la grotte. Ensuite, je leur ai projeté un conte des Grimm, La fille aux écus d’or, pour leur montrer ce que peut faire une petite fille de 10 ans. Après un petit déjeuner pour tous avec de la bouillie, messe à 11h pour les enfants et la communauté, animée par la chorale des enfants, comme la Nuit de Noël. Une explosion de vie et de danses ! Deux amis nous ont offert un sac de riz, une chèvre et un gros paquet de biscuits. Un moment très fort, de la nourriture solide, pour faire grandir le « nouveau-né » !
(28.12.2016)

Séverin Kinga
nouveau Supérieur sma au Congo-Kinshasa

Séverin Kinga était supérieur régional sma du Togo. Il a quitté le Togo en octobre 2016 et, depuis ce temps-là, il est supérieur de la communauté sma du Congo-Kinshasa.

Salutations depuis Kinshasa, où je suis arrivé le 15 novembre. Je m’organise petit à petit. Les défis sont énormes, mais je crois qu’avec le temps ça ira. La situation politique est aussi inquiétante. La Conférence Épiscopale du Congo a convoqué tous les partis politiques pour des négociations afin de trouver de solutions de paix pour le pays. On vit dans la peur. Les prix ont énormément augmenté. L’eau et l’électricité sont devenues difficiles. Nous attendons les résolutions du dialogue initié par la Conférence Épiscopale. La seule voie pour nous sortir de cette crise pour le moment : priez pour nous !

J’ai commencé ma nouvelle mission avec ses difficultés. La communauté SMA du Congo compte 9 membres en cette année pastorale. Nous avons 2 paroisses et une maison de formation, plus la maison régionale encore inachevée. Le souhait des membres est d’ouvrir une autre paroisse à Mampu, à la ferme. On verra cela avec le temps. Mon souci actuel est de restructurer la communauté et de trouver les revenus pour l’autosuffisance.
(16.12.2016)

Pierre Roustan
Saint Mathieu de Tréviers

Cela fait déjà deux ans que je réside avec deux confrères des Missions Africaines plus jeunes que moi dans ce monastère des Sœurs Dominicaines de St Matthieu de Tréviers, au flanc d’une colline que la pollution n’atteint pas ! Je continue à rendre quelques services aux paroisses du secteur Pic St Loup-Porte des Cévennes. « L’Église est un hôpital de campagne », nous dit notre pape François ; et un commentateur ajoute : « un hôpital de campagne est très mobile ». Je fais partie de cette Église mobile et je commence à connaître les routes autour du Pic St Loup et de certains lieux : à Montpellier, messe dans une maison de retraite toutes les trois semaines et dans une communauté ; à St Martin de Londres, rencontre avec une équipe MCR et un groupe de partage de la Parole de Dieu tous les mois, lointaine ébauche d’une communauté de base ! ; Paroisse de Ganges (plus régulièrement) et notre maison de retraite de Montferrier, à 14 km de St Mathieu, où nous (les trois pères de St Mathieu) assurons à tour de rôle une présence le matin, du lundi au vendredi. C’est une occasion de retrouver bien des confrères et des sœurs avec qui nous avons œuvré en mission pendant de longues années.
J’ai de quoi occuper ma quasi-retraite !

Abbé Germain Coulibaly
Kalari, Timbe (diocèse de Katiola, Côte d’Ivoire)

J’ai la joie de vous annoncer que la Paroisse de Timbé aura 50 ans en 2017. En effet, en consultant les registres de baptêmes de la paroisse, j’ai découvert que le premier baptême a été administré le 8 octobre 1967. Mgr Ignace Bessi, notre évêque, ouvre officiellement le cinquantenaire le 8 janvier 2017 et la clôture se fera le 8 octobre 2017. Merci de prier pour que cette célébration donne beaucoup de vocations.
Au niveau de l’orphelinat, depuis deux ans déjà, nous avons décidé de conduire les enfants que nous accueillons jusqu’à leur majorité, si les parents ne viennent pas les reprendre. Ainsi, le nombre des enfants pensionnaires n’a pas fondamentalement changé : nous en avons 15, régulièrement inscrits et que nous accompagnons déjà, pour certains, depuis 2011, date de l’ouverture officielle de l’orphelinat. Nous continuons de soutenir certains anciens pensionnaires dont la situation est carrément difficile.

Nous avons reçu la visite d’un couple de Français venus du nord de la France... Ils sont chez nous pour un séjour de 3 mois dans le cadre d’une assistance technique. Leur séjour prend fin le 18 janvier 2017. Ils nous donnent, pour le moment, un coup de main dans l’organisation de notre structure ; en plus, ils forment le répétiteur des enfants et donnent des cours de renforcement aux pensionnaires scolarisés tous les soirs. Ils nous ont également aidés à mettre de l’ordre dans la bibliothèque des enfants. Je suis en effet rentré d’Alsace à la fin de mes études en 2011 avec plus de 1500 manuels scolaires du programme français. Nous avons donc fait un tri et nous n’avons conservé que quelques exemplaires de chaque série. Cela nous a permis d’en donner à d’autres bibliothèques de la ville.
Depuis l’an dernier, mon évêque m’a affecté à Timbé, qui ne se situe qu’à une quinzaine de minutes de l’orphelinat. Cela est, évidemment, plus supportable que les 400 km que je devais parcourir pour aller soit à Kong (2011-2013), soit à Ferké Douane (2013-2015).

Voilà, brièvement données, quelques nouvelles de chez nous. Que cette nouvelle année soit pleine de bonnes choses et de bonnes surprises pour vous.
(5 décembre 2016)

Publié le 21 mars 2017