Nouvelles de famille

Père Jean Perrin à Sotouboua (Togo)
Sanctuaire Notre-Dame de la Merci

Un jardin d’enfants a ouvert ses portes sur le site dans un local provisoire ; il fonctionne normalement, c’est pourquoi il me faut glaner à gauche et à droite pour construire trois classes pour la rentrée prochaine.

Les pèlerinages ont commencé par les enfants. C’était un plaisir de les voir à midi assis par groupes à même le sol à se partager le repas. Il m’a fallu construire un apatam qui est déjà couvert de tôles. Le 4 février, ce seront les jeunes des deux paroisses, dommage que quelques-uns ont cours. Je leur ai dit d’être là au moins pour la messe de onze heures. Après, ce seront les adultes. Les femmes légionnaires du village d’Adyengré au nombre de 20 étaient là aussi. Cela va prendre de l’ampleur. Ce sont les infrastructures d’accueil qui manquent.

J’ai aussi créé un « club » de culture religieuse pour adultes niveau terminal à partir de la revue « Panorama ». Dans un premier contact ils étaient douze, principalement des professeurs. Ils ont dénommé le club : « club Panorama ».

Réunion tous les premiers dimanches du mois sur le site du sanctuaire après la messe. La revue passera de l’un à l’autre. Je m’étais occupé autrefois des « équipes enseignantes » qui n’existent plus....

J’ai fêté mon 87e anniversaire avec la fanfare des majorettes qui ont joué Bon anniversaire à la trompette et avec la chorale des jeunes à 20h. C’était le 18 janvier. On ne rajeunit pas !
(21.01.2012)

Pierre Kunegel à Kombolokoura (Côte d’Ivoire)

Après un voyage fastidieux, suite aux grèves des contrôleurs aériens de Paris, j’ai dû attendre deux jours avant de récupérer ma valise. Arrivé la veille de Noël, j’ai pu célébrer la messe de la nuit de la Nativité dans un village. Il y avait beaucoup de monde. J’étais heureux de les retrouver.

A la Mission j’ai eu beaucoup à faire pour remettre les choses matérielles en route : conduites d’eau sous-terraines bouchées, fuites dans les différentes toilettes, électricité en panne suite au squat de termites dans les boîtes de dérivation et à la gourmandise d’un écureuil qui s’est fait griller dans le plafond pour avoir grignoté le câble électrique pendant que le groupe électrogène fonctionnait... le système solaire doit aussi être revu ... Après un an d’absence et de manque d’entretien, c’est un peu normal.

Le pays a l’air de se calmer. La convivialité reprend le dessus. Il y a bien moins de tensions. Bien sûr, il faut du temps pour panser les plaies et les cicatrices et pour tout remettre en place après dix ans de désordre et d’inaction. Mais les gens se sont mis au travail. Beaucoup de chantiers sont ouverts sur les routes dont le bitume est défoncé. Il y a du travail à faire car la circulation des gros camions est de plus en plus importante. Il n’est pas rare de croiser des colonnes d’une quinzaine de camions allant vers les pays voisins. Lorsqu’il faut les doubler, c’est tout un problème car ils zigzaguent pour éviter les trous !

Les grandes écoles, qui avaient été fermées, sont aussi en train d’être réhabilitées ainsi que les universités d’Abidjan, de Bouaké, et de Korhogo... Dispensaires et hôpitaux sont remis en état au fur et à mesure... A Korhogo, par exemple, différents chantiers sont déjà ouverts. Plusieurs rues importantes vont être goudronnées et ils en profitent pour poser les câbles de fibres optiques.

En ce qui concerne la population, les paysans sont bien mieux rémunérés pour le coton, les anacardes, le café et le cacao... Les fonctionnaires sont au travail, à l’heure, à commencer par les ministres ! Le président est susceptible de les appeler tôt le matin et il leur demande d’avoir la même exigence envers leurs subordonnés. Abidjan est devenu une ville bien plus propre, les ordures sont ramassées, les grandes poubelles ne débordent plus, les rues sont refaites et les caniveaux nettoyés. Les petits tabliers-vendeurs installés sur les trottoirs ont « été déguerpis » ! Le 8 janvier, je suis allé dire une messe dans la nouvelle église de Nidyon. La chapelle était pleine. Je leur ai expliqué le sens des statues qui représentent la Vierge présentant l’enfant Jésus aux Rois Mages.
Et je leur ai dit que nous dédions cette chapelle à Notre Dame de l’Epiphanie pour faire mémoire du premier prêtre qui est venu dans leur village, en 1973, à l’appel du chef, et qui a terminé sa vie terrestre dans un lieu de pèlerinage dédié aux Rois Mages, à Gildwiller. Lorsque je leur ai posé la question s’ils se rappelaient ce Père, un homme a dit qu’il se souvient de son prénom : « Pierre », et une femme âgée lui a répliqué : « Lévêque » ! J’étais étonné qu’ils se rappellent encore son nom après tant d’années ! Monseigneur l’Archevêque de Korhogo a promis qu’il viendrait bénir cette chapelle qui rappelle le début de la Mission dans cette région et qui est à l’origine de la création de la Mission de Kombolokoura.

J’ai fait le tour de tous les centres qui ont une chapelle et à chaque fois je suis surpris par la vitalité des différentes communautés. Le 29 janvier, je me suis rendu à Pygnon où m’attendait un groupe de chrétiens. Avec le catéchiste, je suis allé, saluer le nouveau chef du village, musulman lui aussi, comme son prédécesseur. Il m’a dit qu’il était très heureux de me revoir et m’a réitéré sa demande pour que je l’aide à faire progresser son village. Il attend que je lui prodigue des conseils, car « avec le nouveau pouvoir, bien des choses vont se mettre en route et changer la vie du village ». Puis il me dit sa satisfaction de voir que la communauté chrétienne marche bien et me précise que c’est le seul groupe organisé du village, et qu’il est satisfait de ses activités. Le catéchiste lui avait régulièrement transmis de mes nouvelles et vient lui rendre compte de ce qu’ils entreprennent. En effet, Joseph, le catéchiste, me précise qu’ils vont organiser une grande rencontre entre un groupe de jeunes chrétiens de Korhogo et les jeunes chrétiens de Pygnon. Pour cela ils prévoient un uniforme et des cotisations. La rencontre aura lieu le 10 mars avec veillée, chants de chorales et danses... et le lendemain ils demandent une messe avant de continuer la fête.
Les travaux pour la septième chapelle dans le secteur ont commencé. Ainsi la Mission sera bien quadrillée. Pour les villages plus petits on verra plus tard.

Je vous remercie pour toute la sollicitude que vous avez manifestée lors de ma maladie et de ma convalescence, pour vos prières et vos dons pour la Mission… et l’accueil chaleureux que vous me réservez à chacun de mes passages. Avec l’assurance de mes prières recevez mes plus amicales salutations.
(Février 2012)

Publié le 25 juin 2012