Père Hubert Grieneisen

Voici le 4e volet de la biographie du P. Hubert rédigée par le Père Jérôme Fleck.

Evénements marquants 1949 – 1959

L’année 1949 verra la confirmation de 72 jeunes chrétiens par Mgr Durrheimer. En mai, le Père Kern, provincial, est accueilli par la fanfare et tous les notables. Il passe trois jours et au départ, il exprime sa satisfaction pour ce qu’il a vu et entendu. A la Saint Hubert, Mgr Diss bénit la nouvelle cloche pesant 50 Kg. Avec danse, musique et chants, la fête fut totale. « Encore jamais, Tankessé ne vécut une fête pareille ». La nouvelle école a ouvert ses portes en octobre 1950 avec 52 élèves. Les notables du village, sous l’impulsion du chef de village, Koffi Yéboi, ont généreusement contribué aux frais de construction. L’année suivante, le 15.10.51, le père bénit la chapelle de Koun.

En 1952, un projet envisagé depuis longtemps va se réaliser : la construction de la maison d’habitation des Pères. Après l’achat du matériel et une collecte auprès des notables et chrétiens de Tankessé (235.000 frs), on commence début juillet à la confection des parpaings en ciment (3.800). En septembre, les fondations étaient achevées et deux maçons élèvent les murs en novembre. Cette année aussi, la préfecture apostolique de Korhogo, est devenue le Vicariat Apostolique de Katiola.
La maison sera rapidement habitable et dès le 10 avril, les Pères déménagent. Arrivé le 12, Mgr Durrheimer va bénir la maison le lendemain, 13 avril 1953. Selon le Père Hubert, de nombreuses personnes ont droit à leur reconnaissance pour avoir aidé pour cette construction. A la fin du mois, le Père part en congé et pour la rentrée, l’abbé Eugène Kouakou va à Rome pour continuer ses études de théologie. L’année mariale est ouverte solennellement le 8 décembre par un prêtre d’Agnibilékrou. Grâce aux cotisations des chrétiens, la mission peut s’acheter une camionnette en juillet 1955. Elle rendra de grands services pour la construction de salles de classes, car de plus en plus d’élèves s’inscrivent dans les écoles. Cette année 1955, le Pape Pie XII érige le vicariat de Katiola en Diocèse.

Avant de poursuivre, il faut souligner l’importance du service rendu à la région par l’école de la mission. Certes Yaokro était doté d’une école publique. Mais c’est l’école catéchistique de Tankessé, fondée et animée à ses débuts par le Père Hubert en personne et par des enseignants qu’il avait formés sur le tas [1], qui produisit le plus gros lot des membres de l’élite régionale : évêques, prêtres, cadres supérieurs, médecins, officiers de l’armée, enseignants, etc. Il serait trop long et fastidieux d’en citer les noms.

L’année 1956 est marquée par l’ordination sacerdotale de l’abbé Eugène Kouakou Abissa, en décembre, dans la chapelle du collège St Arbogast de Haguenau, mais ce n’est que le 26 octobre 1957 qu’il rejoint Tankessé. Le 11 juillet 58, le ministre de l’intérieur, J. B. Mokey est accueilli officiellement par le village à la mission, qui offre le vin d’honneur. Le Ministre parle élogieusement des Pères et de la mission.

Les Sœurs de la Divine Providence de Portieux

Le 5 mai 1959, Monseigneur vient en visite avec les révérendes Mères des Sœurs de la Divine Providence de Portieux en vue de l’installation d’une communauté à Tankessé. Accueil chaleureux de toute la population de Tankessé et des environs. Monseigneur et les sœurs passent la nuit au village et la paroisse aura des sœurs prochainement. Le 1er août 1960, toute la paroisse de Tankéssé fête le jubilé d’argent sacerdotal de son vénéré curé, le Père Hubert. La fête fut grandiose. Cette année aussi on commence et on termine la maison pour les religieuses, mais, quelle déception au mois d’octobre ! Une lettre de la Supérieure générale annonce à Monseigneur que les sœurs ne pourront arriver que dans un ou deux ans, par manque de personnel. L’année de l’Indépendance restera cependant une année féconde pour Tankessé : treize écoles fonctionnent ; la légion de Marie est créée et un groupe de J.A.C. voit le jour.

Après un début calamiteux de l’année 1961, quand une épidémie de variole fait de nombreux morts, la paroisse vit un grand et joyeux événement : l’ordination sacerdotale de l’abbé Alexandre Kouassi. Cette année, le Père Romaniak s’installe à Koun-Abronso et le Père Hiller fonde le poste de Kouassi-Datékro. Le jeune abbé Alexandre commence son ministère à Tanda.

Courant octobre, l’arrivée prochaine d’une communauté de Sœurs se précise. C’est le I5 décembre que Monseigneur accompagne les trois religieuses : Sœur Marie Thiriat, supérieure, et les sœurs Donatienne Gaspard et Odile Welfele. Monseigneur préside la messe d’installation puis bénit la nouvelle résidence. La supérieure se charge du dispensaire et sœur Odile de l’école de filles. Sans tarder, avec le soutien de l’abbé Eugène, directeur des œuvres, les sœurs vont lancer le mouvement des CV-AV. Le groupe JAC de la paroisse fournira la secrétaire nationale du mouvement. En juin de l’année suivante, cette dernière a l’honneur de représenter la Côte d’Ivoire au congrès MIJARC à Rome et de bénéficier d’un stage en France.

La nouvelle église de Tankessé

En février 1963, les travaux de la nouvelle église commencent. Ils avancent rapidement, mais une tornade exceptionnelle renverse le pignon arrière en octobre. En novembre, le pignon avant atteint 11m70 de hauteur. Le 27 octobre 1963, l’abbé Eugène Abissa Kouakou est nommé évêque d’Abengourou. La paroisse de Tankessé est donc rattachée au nouveau diocèse. Le nouvel évêque reçoit l’ordination épiscopale en janvier 1964. Vers Pâques de la même année, Koun-Abronso est détaché de Tankessé. La séparation touche 20 villages avec 2098 chrétiens et 1763 catéchumènes. La nouvelle église sera achevée en 1966. A partir du 24 Mai, les offices y sont célébrés. L’ancienne chapelle est démolie. Pour l’électrification de la concession, en juin 1967, la paroisse achète un groupe électrogène Deutz de 20 KW. De mars à juillet 1968, le Père Jean-Paul Schur va confectionner le magnifique vitrail de la façade avant, œuvre d’un vrai artiste. L’éclairage au néon sera installé en septembre. Au cours d’une grande fête, l’église sera bénite la 4 janvier 70 par Mgr Durrheimer. Mgr Kouakou, les Pères des environs et les chefs d’église étaient présents.

Le 23 février 1973, tous les Pères SMA se réunissent à Tankessé autour des Pères Kuenemann et Frey, délégués aux assemblées. Durant ces années 70, les réunions se multiplient au centre et dans les villages, avec les confrères, les religieuses, les catéchistes… pour étudier la langue, les coutumes, et préparer aux sacrements.

« Un missionnaire alsacien à l’honneur en Côte d’Ivoire » titre Fraternité-Matin le 9 février 1975. Ce jour le P. Hubert est fait officier dans l’Ordre National de C.I. Le Ministre d’Etat, Mathieu Ekra, visite le village de Tankessé le 15 janvier 76 ; dans son allocution, il semble favorable à ériger Tankessé en sous-préfecture.

Mr Pinson, Directeur du Centre Culturel Français à Abidjan, décore le Père Hubert de la Médaille du Mérite National Français (chevalier) et des Palmes Académiques (chevalier), le 6 février 1976. Après l’installation de Mgr Kélétigui à Katiola, Mgr Durrheimer va faire ses adieux aux paroisses de son ancienne juridiction. Tankessé fête le départ de son premier évêque le 1er décembre I977, en présence de Mgr Kouakou, de Mgr Kélétigui et de 18 pères et 10 sœurs. En guise de cadeaux, on lui remet des pagnes, une chaise et une couronne de chef.

Le 1er janvier 1978 : mariage à Tankessé. Le P. Jean Paul Eschlimann bénit le mariage de son frère Joseph avec Danièle Moog, ce qui occasionne une sympathique fête de village. Durant ces années, les visites des parents et amis des missionnaires furent nombreuses.

Le 10 août 1978, Mgr Eugène Kouakou meurt à Abidjan et le 12 septembre, le P. Hubert est choisi par le conseil épiscopal comme vicaire capitulaire du diocèse. Mgr Laurent Yapi, évêque auxiliaire d’Abidjan, est nommé Evêque d’Abengourou le 23.1.79. Le premier février, il fait sa première visite à Tankessé, et le 13 mai sa première visite pastorale.

[1] Le plus illustre en fut Jean-Baptiste Koffi Fiéni, futur chef d’Eglise de Tankessé.

Publié le 9 juin 2011 par Jérôme Fleck