Pharmacopée traditionnelle

Pharmacopée : le dictionnaire Larousse définit ce mot ainsi : « Recueil des recettes ou formules pour préparer les médicaments ». En d’autres termes, la pharmacopée contient le nom des médicaments que vous prescrit votre médecin et que vous allez chercher chez le pharmacien.

La pharmacopée traditionnelle a été très pratiquée autrefois, et se pratique encore à la campagne, surtout dans le Haut-Rhin et en Moselle. Dans ce genre de médication, vous êtes à la fois votre propre médecin et votre propre pharmacien. Je m’explique : si vous ressentez quelque part un mal, disons un mal à la poitrine, un refroidissement ou autre, vous prenez un grand gant de toilette, vous l’imbibez de schnaps et vous vous frottez jusqu’à ce que le mal disparaisse peu à peu. Au cours de l’hiver dernier, j’ai moi-même essayé ce procédé. Et, croyez-moi, ça a marché.

Quand j’étais gosse, la diphtérie était un véritable fléau, la première cause de mortalité chez les enfants. C’est une infection des voies respiratoires supérieures qui provoque la paralysie du système nerveux et entraîne la mort par asphyxie. Je me souviens encore d’un petit garçon de 6 ou 7 ans atteint de cette maladie. Sa maman lui a fait des lingettes remplies de plantes médicinales qu’elle lui a appliquées sur la gorge et le nez. Hélas ! Sans résultat. Depuis, grâce notamment à des chercheurs français, la diphtérie est vaincue, en tout cas rarissime. Sommes-nous conscients que nous avons en France l’un des systèmes de sécurité sociale les plus performants et les plus modernes au monde [1] ?

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Le cabinet de pharmacie de St-Germain-en-Laye

Pour en revenir à la pharmacopée traditionnelle, j’ai interrogé une vieille femme, Catherine de son prénom, âgée de près de 96 ans.
- Quand vous étiez jeune, lui ai-je dit, il n’y avait pas de médecin au village, et pas non plus de pharmacien. Alors, qu’avez-vous fait quand vous étiez malade ?
- Eh bien, m’a-t-elle répondu, on se soignait soi-même. Par exemple, lorsqu’on avait un problème de digestion, on prenait de la gentiane ou une infusion de camomille romaine. Lorsqu’on était fatigué – on travaillait beaucoup autrefois – on buvait du jus de céleri, un demi verre par jour pendant 15 jours. Et lorsqu’on avait mal à la tête, on prenait une infusion de mélisse, c’est une plante calmante très efficace, ou on prenait des bains de pied froids.
- Catherine, une dernière question. Attribuez-vous votre longévité à votre pharmacopée personnelle ?
- Non, non… Vous savez, mon mari et moi, nous avions une petite agriculture. Nous avions un poulailler et deux vaches. Chaque jour, je buvais au moins un litre de lait frais, je mangeais deux œufs frais, et du fromage blanc ou d’autres produits lactés. Presque jamais de viande, ou rarement. Voilà le régime de ma vie.

Fascinant, ce que nous dit cette dame presque centenaire. On a presque envie de l’imiter.

[1] Il fut introduit par le Général de Gaulle en 19475.

Publié le 5 septembre 2012 par Félix Lutz