Que les cloches sonnent désormais à Sô-Tchanhoué et à Sô-Zounko

Les cloches, faisant partie du mobilier des églises, « rythment la vie paroissiale, annoncent l’Angélus, les messes, les baptêmes, les mariages, les morts et les enterrements (le glas) [1] ». Leur utilisation est très ancienne. Généralement, on en attribue l’intuition à Saint Paulin de Nole (+ 420), un proconsul romain, né à Bordeaux. Mais ce n’est qu’à partir du VIIIe siècle qu’elles sont baptisées (avec de l’eau et du saint chrême) et qu’on leur donne un nom, en raison du service qu’elles assurent en appelant à la prière de l’Eglise, ou en l’accompagnant de leurs sonneries joyeuses ou tristes. Les cloches ne sonnent pas seulement dans nos églises, mais aussi dans certaines de nos mairies, attirant l’attention des habitants sur l’heure qui passe ou sur un événement présent ou à venir.

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Photo Jean Schurrer

En France, je tombe en admiration devant les belles églises et leurs clochers, qui sont les œuvres d’un passé très chrétien et toujours bien entretenus. Je me dis, parfois naïvement, que si elles étaient délocalisables (rire), certaines églises d’ici pourraient être transplantées dans les villages de l’Archidiocèse de Cotonou (Bénin) où j’ai exercé mon ministère sacerdotal entre 1990 et 2003. Cela ferait la joie de communautés chrétiennes qui n’ont pas encore les moyens de construire leur lieu de rassemblement, mais qui se réunissent sous des apatams (hangars) ou dans des chapelles en matériaux précaires. L’Eglise du Bénin est jeune et dynamique. Elle a fêté en 2011 les 150 ans de son évangélisation par les Pères des Missions Africaines. C’était d’ailleurs l’une des raisons qui a motivé la visite pastorale du Pape Benoît XVI au Bénin, du 18 au 20 novembre 2011.

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Photo Jean Schurrer

La plupart des belles églises béninoises, construites grâce à l’apport local et étranger, ne disposent pas d’un clocher. Une parole que j’ai fortuitement prononcée est à l’origine de ce projet de cloches : « Ah ! Quelle serait la joie des chrétiens de mon village natal de Sô-Tchanhoué d’avoir aussi une cloche ! », me suis-je exclamé lorsque j’entendis sonner l’Angélus à l’église Saint Martin de Bartenheim-La-Chaussée. Cette simple parole est devenue réalité grâce à l’action conjuguée de Gaby et Jeannot Schurrer, de Paulette et René Hanser, des amis, des familles, des privés, des artisans, des fidèles de notre future communauté des Huit Paroisses et des Pères Damien Fédor et François Grienenberger, ainsi que des Missions Africaines de Strasbourg.

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La fonte.
Photo Jean Schurrer

Le 14 mai 2011, le directeur de l’Entreprise André Voegele venait chez Gaby et Jeannot pour l’étude des devis estimatifs. Et le 26 septembre, Jeannot Schurrer, René Hanser et moi-même étions à la fonderie Voegele de Strasbourg pour finaliser le projet de trois cloches pour Sô-Zounko et Sô-Tchanhoué. Elles ont été fondues le 3 février dernier. A cette occasion, une importante délégation de ceux qui soutiennent ce projet exceptionnel s’est rendue à Strasbourg, grâce à la générosité du directeur de l’Etablissement Marquès de Bartenheim qui a mis un bus et un chauffeur à notre disposition. Cette cérémonie de fonte, en lien avec la mort du Christ, reste gravée en nos mémoires.

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Photo Jean Schurrer

Ces cloches, prêtes à partir bientôt au Bénin, ont été présentées aux amis, aux bienfaiteurs et aux fidèles de notre future Communauté des Huit Paroisses en l’église Saint Martin de Bartenheim-La-Chaussée le dimanche 11 mars 2012 à la messe de 10h.

Il reste encore à financer les structures du clocher. Au nom des communautés chrétiennes de Sô-Zounko et de Sô-Tchanhoué, j’exprime ma cordiale et profonde gratitude à tous et à chacun pour l’intérêt porté à ce moyen d’évangélisation.

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Photo Jean Schurrer

[1] Cf. art. Cloches, in dictionnaire Théo.

Publié le 6 juillet 2012 par Félix Zannou Houessou