Réflexion pour l’AG 2013 : (2e version) le Souffle et le discernement pour la mission

Le document SMA n° 139 intitulé « rapport sur l’état de la Société... » est certes très administratif mais peu charismatique. On ne pouvait guère faire autrement, j’en conviens.

Alors j’ai glané ailleurs dans le n° 209 de Spiritus de décembre 2012, pour trouver un peu de dynamite et faire éclater la Pentecôte de notre mission aujourd’hui.

Il y avait deux comptes rendus de Chapitres Généraux [1]. J’en ai fait un amalgame pour trouver mon souffle. J’ai essayé de rester près des textes tout en les « relisant » à ma manière ! Cela s’appelle « communiquer », je crois.

1. Le moteur
Manifester « le passage du Verbe vivant à travers nous vers les pauvres et tous ceux qui sont en attente ». Le Verbe de vie est venu parmi nous avec son Esprit – nous l’avons vu et nous l’avons touché. Engagés plus profondément dans l’évangélisation des pauvres, nous proclamons ce que nous avons vu et entendu.

2. Le constat
a. La mondialisation est en train d’accélérer le processus de la multi-culturalité. Cette situation nous interpelle et demande un changement dans notre façon de vivre et d’être en mission.
b. Cela suppose que l’on forme des communautés plus internationales et plus unies, même si elles sont apostoliques, par un vrai dialogue interculturel. Car aujourd’hui il faut passer du multiculturel à l’interculturel.
c. Il faut voir notre Assemblée comme un passage de l’Esprit dans l’aujourd’hui de la vie de nos communautés apostoliques et de nos missions. Afin que chaque communauté devienne « lieu » de rencontre avec le Seigneur, ce qui est le fondement même de la mission.
d. Cela peut nous amener à redéfinir notre identité missionnaire SMA par une évaluation objective de notre statut actuel pour en définir les limites et les blocages, afin de nous tourner résolument vers le futur par une nouvelle dynamique engendrée par les projets et les options que nous allons élaborer.
e. Si l’on veut passer du multiculturel qui cloisonne à l’interculturel qui ouvre, il faut reconnaitre les différences, en les respectant, en les valorisant et, enfin, en les rendant « fécondes » dans une relation communautaire concertée et ouverte au dialogue et à des projets de mission précis.
f. Il faut de plus en plus apprendre à devenir « autre » et à vivre les valeurs du Royaume dans la diversité et l’universalité par une cohésion dans la diversité ou une diversité dans la cohésion.
g. Que faire alors de notre « modèle occidental » à culture unique, encore omniprésent et qui prône l’assimilation de tous dans l’uniformité traditionnelle ? Il faut admettre que nous vivons une tension que nous ne pouvons pas éviter entre le désir de sauvegarder ce que nous avons toujours connu et celui de le transformer en ouvrant un exode vers des lieux nouveaux et un style nouveau, novateur et créatif. En un mot, il faut choisir entre le repli sur soi et une ouverture sans frontières dans la diversité des personnes et des objectifs.
h. Le dialogue interculturel et l’acceptation des différences ouvrent ainsi le nouveau chemin vers une sorte de prophétisme vécu au milieu de la mondialisation par la voie d’un sage discernement des priorités à prendre, même si cela fait mal.

3. Notre mission ?
a. Ce sera de vivre dans la globalité de la société mondialisée, mais d’agir localement et ponctuellement selon les principes de la radicalité de l’évangile pour « rendre neuve l’humanité elle-même [2] » dans l’obéissance aux signes des temps, déterminé à traverser et transformer les frontières ethniques et géographiques, culturelles et religieuses. Ainsi, tout missionnaire sera un faiseur de ponts, spécialement ceux dont l’existence dépend d’un autre, qui « mendient leur pain », littéralement, figurativement ou spirituellement.
b. L’évangélisation sera toujours liée au Royaume selon Matthieu [3] : j’avais faim et froid, et tu as fait quelque chose pour moi. Tout est dans le comment et dans l’esprit ! Beaucoup ne voient même pas le « pauvre » autour d’eux et n’entendent pas son appel. Or la mission commence là !

La conclusion
Le missionnaire vit, dans la totalité de l’Esprit, l’entièreté de sa vie, et cette totalité est toujours dédiée à la mission. C’est ce que nous dit Paul dans sa lettre aux Romains [4] ; il peut ainsi éclairer le choix de nos engagements :
v.1 « Je vous exhorte donc, frères, au nom de la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu : ce sera là votre culte spirituel.
v.2 Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait. (…) Donnons notre vie entière comme une offrande
v.11 avec zèle sans nonchalance, un esprit fervent, servons le Seigneur.
v.12 Soyons joyeux dans l’espérance, patients dans la détresse, persévérants dans la prière.

En faisant ce qui plaît à Dieu dans un esprit de foi et d’amour, le missionnaire vit dans l’Esprit de Dieu ses joies et ses difficultés, ses souffrances et ses échecs. Intégrer prière et travail dans notre évangélisation des pauvres dans une intériorité toujours plus grande, restera toujours l’objectif de toute mission.

Reste une dernière question : Comment humaniser la mondialisation par la mission ? Réponse : en formant les consciences, à commencer par la nôtre, au discernement à la lumière de l’Evangile.

[1] Les SVD, présentés par Carlos del Valle, et les Spiritains, par James Chukwuma Okoye.

[2] Paul VI dans Evangélii nuntiandi.

[3] Mt 25, 35 s.

[4] Rm. 12, 1-2,11.

Publié le 6 mars 2013 par Jean-Pierre Frey