Rencontre sma pour faire mémoire…

Dimanche le 4 novembre, nombreux étaient les confrères sma et les familles amis réunis pour la traditionnelle rencontre à Saint-Pierre : il s’agissait de faire mémoire de nos confrères missionnaires défunts. Jean-Pierre Frey, Supérieur du District, assura l’homélie de cette eucharistie bien priante. Vous étiez nombreux à vouloir la relire ou à en prendre connaissance. La voilà.

La Toussaint… Mais qui est saint ?

C’est la fête de tous les hommes, sans titres ni mérites ni diplômes en sainteté… Oui ! C’est le jubilé de tous les anonymes qui ont essayé d’être humains comme le Christ avec leur frères et sœurs. Car le Père du ciel leur permettra à eux aussi de s’infiltrer dans son Royaume sans identification spéciale ni titre officiel [1].
Pourquoi ces anonymes sans mérite spécial ? Parce que l’agneau se porte garant, ou s’est porté garant, pour eux aussi. Jésus dit à Pierre : je sais que tu vas me renier trois fois avant que le coq ne chante, c’est-à-dire avant la fin de la nuit.

Et nous qui l’avons suivi – ni élus, ni choisis, ni consacrés, ni modèles de vie - qu’obtiendrons-nous ? Le royaume comme eux parce que le royaume est gratuit. La géhenne va continuer à brûler, mais il n’y aura personne dedans.
L’Apocalypse… Dans sa vision finale, au son des trompettes, chacun se levait et poussait la brouette de ses mérites et de ses indulgences devant lui, en faisant bien attention de n’en laisser choir aucune sur la longue route vers le haut.

Parce qu’il est un Dieu de bonté et de miséricorde qui a donné son fils, il donne en surcroît son Royaume. La Toussaint est la fête du don gratuit du Royaume des cieux que le Seigneur fait à tous et à chacun. C’est la fête de l’humble serviteur dans toute sa modestie. On ne te demande pas de trimer dans l’ascèse, ni de pinailler dans les rites et les devoirs religieux, mais d’aimer. Et ici, pour une fois, Augustin a raison : si tu aimes, tu peux faire ce que tu veux ! Splendide, comme horizon ! Non ? Mais tu ne le feras pas parce que tu aimes ! Il n’y a qu’une limite, c’est l’amour sans frontières… Méditez, frères et sœurs. La charte du Royaume des cieux, Jésus l’a donnée dès la première heure sur la montagne : si tu vis en pauvre, si tu pardonnes, si tu fais la paix, si tu partages, si tu restes patient sans attaquer ni opprimer l’autre.

Deux paramètres : les béatitudes et le verre d’eau donné avec joie à celui qui a soif, selon Matthieu. Cela peut également être la parcelle de ton champ cédée pour l’été à une caravane de Roms de passage vers nulle part… Bien sûr, il faudrait enlever les « détritus » plus tard…
Il y a mille façons d’avoir soif ! Jésus a parlé pour la Palestine, et sous le brouillard hivernal il est difficile d’avoir soif, mais non pas d’avoir faim ni d’avoir froid.

Le programme de la sainteté s’inscrit au quotidien de notre vie et de nos rencontres. Les Saints, ce sont ceux qui n’ont jamais fermé les yeux sur la misère du monde. C’est Jésus qui nous le dit : donnez-leur vous-mêmes à manger et vous serez crédibles. Car il ne suffit pas d’être visible, il faut encore être crédible. Et être crédible, c’est suivre l’évangile dans toute sa radicalité. C’est tout.

Ainsi, le Père est amour depuis toute éternité parce qu’il se donne à son Fils qui l’accueille dans l’Esprit. Ainsi tout don est accueil, et tout accueil est Don à l’autre. C’est le centre et le fruit de toute mission.

[1] Voir l’Apocalypse.

Publié le 6 mars 2013 par Jean-Pierre Frey