Retour au pays

En septembre 2012, le Père Georges a été nommé Supérieur de la communauté sma de Saint-Pierre. Au même moment, le diocèse lui a confié la responsabilité de deux communautés de paroisses : celle du Haut Koenigsbourg (Chatenois) et celle de I’Ill à l’Ortembourg (Scherwiller). En outre, l’Assemblée du District de Strasbourg a élu Georges Vice-Supérieur du District. Il nous confie ses premières impressions.

Depuis juin 2012, je suis revenu définitivement du Togo en Alsace. A cette époque, on me demandait souvent le pourquoi de mon retour... Cela fait presque deux ans à présent. Il me semble bon de me souvenir et de repenser cette démarche. Cela s’est fait progressivement ; une décision prise au niveau individuel, familial et dans la suite, en quelque sorte, « naturelle », des choses.

Mon grand frère, Jean, lui aussi missionnaire au Togo, m’avait précédé. La famille souhaitait ma présence au pays. Je ressentais une certaine lassitude par rapport à mon travail en mission après plus de quarante années de présence ; je ne me voyais plus que comme un portefeuille.

Les jeunes sma des nouvelles entités étaient heureusement présents avec leur dynamisme ; je me ressentais plutôt âgé et pas trop utile. Nous étions quelques cinq prêtres pour la paroisse. Le moment me semblait propice pour mon départ et un nouveau travail au pays, grâce à une santé encore passable. Je ne me voyais pas rester jusqu’à ce que la maladie ou les soins me chassent pour un retour définitif. Et il n’était pas question de mourir de vieillesse en Afrique. Ce sont autant de choix personnels que j’avais pris en connaissance de cause... à mon avis.

Lors de mon retour au pays, j’ai redécouvert l’Alsace et enregistré quelques surprises. Le monde avait changé et, en certains points, je me sentais quelque peu étranger. Je veux parler en premier lieu de ce qu’on nomme les nouvelles technologies. Je me brouille encore maintenant avec mon téléphone portable. Il me demande des précisions que je ne sais où trouver. Quant à Internet, il me repousse et, bizarrement, ne veut pas ce que je lui demande. Il va falloir me recycler sérieusement.

Bien sûr, il m’a fallu prendre de nouvelles habitudes : contrairement à la coutume au Togo, mettre la ceinture en voiture ; admettre, dans le concret de la conduite automobile, que celui qui roule dans le rond-point a priorité contrairement à la pratique au Togo où celui qui entre a la priorité ; être attentif aux différentes limitations de vitesses...

J’ai revu les personnes de la grande famille. Mais cette fois, ce n’était plus un passage vite fait, bien fait. J’ai essayé de les rencontrer... J’ai dû me faire expliquer certaines expressions et habitudes. Et cela m’amusait presque de lire dans les yeux de certains de mes interlocuteurs des questions muettes : « il vient d’où ? » Mais si ! Il m’arrivait de comprendre et leur étonnement et les expressions, et enfin les nouvelles habitudes.

Après un temps de congé raisonnable, j’ai été nommé prêtre coopérateur dans une communauté de paroisses. J’ai redécouvert une certaine Église d’Alsace, dans les villages de la région de par ici. Peut-on parler d’Église du troisième âge ? Car vraiment les jeunes chrétiens ne sont plus présents en force. Les A.D.A.P. [1] n’existaient plus. Pourquoi ? Je n’ai pas réussi à le savoir... J’ai entendu parler maintenant des A.D.A.L. [2]... J’ai découvert aussi la très grande diversité des « manières de célébrer » des prêtres diocésains. Pas facile de s’adapter au nouveau contexte.

J’admire la disponibilité des laïcs pour préparer les célébrations : sacristains et sacristaines, chorale ou chantres, maîtres de chorales et organistes, sans oublier les servants ou servantes de messes. Cela fait chaud au cœur de toujours voir tout en place. Enfin, il faut le souligner : j’ai vraiment été bien accueilli par mes confrères sma. Et je les en remercie de tout cœur.

Une page est tournée. Une autre s’ouvre face à « l’ Avenir » [3].

[1] Assemblées Dominicales en l’Absence du Prêtre ou en Attente du Prêtre.

[2] Assemblées Dominicales Animées par les Laïcs

[3] Une petite note d’humour : L’Avenir est une société de monuments funéraires située en face de la maison sma de Saint-Pierre, où réside à présent le Père Georges Klein (Ndr).

Publié le 13 juin 2014 par Georges Klein