Réunion des membres laïcs sma à Haguenau : le casse-tête financier du District

Une quinzaine de membres laïques sur les 28 que compte actuellement le District sma de Strasbourg avaient répondu à l’invitation du Père supérieur Nestor Nongo Aziagbia à une rencontre plénière le 23 février 2012 à la communauté des Pères de Haguenau. Le but de cette rencontre était non seulement l’affirmation des liens de fraternité et d’engagement au service des Missions Africaines, mais encore et surtout l’identification des moyens matériels et humains indispensables au bon fonctionnement et à la sauvegarde de la grande famille des Missions.

Après une célébration eucharistique en la chapelle des Missions, la journée de rencontre s’est poursuivie dans la maison des Pères par un déjeuner en toute convivialité et dans la bonne humeur, afin de mettre les participants dans les meilleures dispositions psychologiques pour intervenir dans les débats de l’après-midi autour des membres de la direction canonique du district, à savoir les Pères supérieur Nestor Nongo, vice-supérieur Jean-Pierre Frey et conseiller Jean-Paul Eschlimann.

Double défi financier et humain
Le mot d’accueil du Supérieur du District a été suivi de l’intervention du représentant et porte-parole des membres laïques, Manfred Reppert, qui à partir du constat – une évidence – que les effectifs tant religieux que laïques de la Société des Missions Africaines vieillissent et que la relève se fait rare, a martelé à l’adresse des amis laïcs qu’il est plus que jamais très important de se rendre disponible pour ne jamais subir ce que l’attente sublime.
Pour le Père Nestor Nongo, la Société des Missions Africaines doit aujourd’hui relever un grand double défi : subvenir aux besoins de ses structures et de ses entités missionnaires à la fois en ressources financières et en ressources humaines. Cette question essentielle a déjà été discutée par le conseil plénier au mois de février à Cadier en Keer, aux Pays-Bas. Elle doit trouver une réponse rapide et satisfaisante, car nos ressources diminuent régulièrement et suffisent de moins en moins pour faire face aux besoins croissants de nos missions, s’est inquiété le Supérieur du District.

Contribuer à un « pot commun »
Comment concevoir l’engagement missionnaire et raviver l’esprit sma aujourd’hui ?, a-t-il interrogé en rappelant qu’autrefois, que naguère même, la mission était définie dans sa dimension territoriale, géographique. Chaque missionnaire – qu’il fût alsacien ou lorrain ou encore franc-comtois pour ne parler que des membres de l’ancienne Province sma de l’Est – frappait régulièrement à la porte de ses parents, proches, amis et connaissances pour récolter les fonds nécessaires à sa mission.
Il bénéficiait en quelque sorte d’une aide « personnalisée », et le grand cercle familial et amical se montrait en général (très) généreux. Aujourd’hui il est, au contraire, indispensable de privilégier la participation à un pot commun dont le montant sera réparti entre les différentes missions selon leurs besoins.
Encore faut-il réussir à persuader les amis des Missions Africaines, dont la générosité reste intacte dans leur grande majorité, à soutenir cette « cagnotte » sans favoriser tel ou tel missionnaire. Et ils restent nombreux, même si leurs effectifs diminuent logiquement au fur et à mesure que se raréfient les vocations missionnaires en Alsace et dans les régions limitrophes, car ils continuent d’aimer à s’identifier à un proche religieux.

La formation missionnaire prioritaire
Nos jeunes candidats au sacerdoce de la sma doivent constituer la priorité des priorités, a insisté le vice-supérieur Jean-Pierre Frey. Et ils ne manquent pas, essentiellement en Afrique et en Inde bien évidemment, contrairement à l’argent pour les former. Le fonds spécifique mis en place ne suffit pas pour financer les efforts de formation, a reconnu le Père Nongo. D’où la question du Père Frey : Pouvons-nous donner davantage, ou bien l’Eglise d’Afrique doit-elle financer elle-même la formation missionnaire ?
Certains membres laïques présents ont bien résumé à ce sujet l’opinion de l’ensemble de leurs collègues, qui estiment avoir déjà bien donné… de leur temps, de leur disponibilité, de leurs talents, de leur argent, et ce depuis des années. Ils sont cependant prêts à poursuivre leurs efforts, leur investissement matériel et humain au service de la Société des Missions Africaines.

Le Père conseiller Jean-Paul Eschlimann a fait, pour sa part, trois propositions et remarques sur les possibilités et conditions de financement de la formation et des activités missionnaires :
il est possible de convaincre les donateurs en leur expliquant clairement que leur argent sert à financer la formation de tant et tant de futurs missionnaires dans tel et tel endroit en Afrique ;
d’importantes sommes d’argent sont levées pour nos missions, mais la façon « individualiste » dont cet argent est géré pose problème ;
l’action humanitaire a de nos jours, dans l’esprit des gens, une bien meilleure cote que l’activité missionnaire.

Et le Père Eschlimann d’exhorter et d’encourager les participants à s’investir dans la création d’une nouvelle ouverture missionnaire en Alsace.

Publié le 18 septembre 2012 par Etienne Weibel